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12/02/2014

USA : Obama parvient à faire capituler les républicains sur la dette

USA : Obama parvient à faire capituler les républicains sur la dette

AFP Publié le mardi 11 février 2014 à 22h56 - Mis à jour le mercredi 12 février 2014 à 00h37

INTERNATIONAL La limite légale de la dette, suspendue en octobre après une rude bataille parlementaire, a été réactivée vendredi à hauteur de 17.211 milliards de dollars.

Soulagement général à Washington: les républicains qui dominent la Chambre des représentants, dans une annonce surprise, ont renoncé à exiger des contreparties au relèvement du plafond de la dette, écartant le risque d'un défaut de paiement aux conséquences mondiales.

La Chambre des représentants américaine a approuvé mardi le relèvement du plafond de la dette des Etats-Unis jusqu'au 15 mars 2015, une mesure qui doit encore être entérinée par le Sénat pour écarter définitivement tout risque de défaut de paiement.

 

La mesure a été adoptée par 221 voix contre 201, grâce à l'appui de la quasi-totalité des démocrates et de seulement 28 républicains. Le Congrès doit adopter définitivement le texte d'ici le 27 février.

Le texte devra ensuite être adopté par le Sénat. Les démocrates, qui y sont majoritaires, sont pressés de voter "oui".

La limite légale de la dette, suspendue en octobre après une rude bataille parlementaire, a été réactivée vendredi à hauteur de 17.211 milliards de dollars. Le Trésor a prévenu qu'il ne pourrait tenir que jusqu'au 27 février sans une nouvelle autorisation d'emprunter de la part du Congrès: au-delà, le défaut de paiement menacerait.

Fin d'un chapitre douloureux

En renonçant à la confrontation, les républicains ferment le chapitre douloureux des trois dernières années. A chaque échéance sur la dette, ils avaient insisté pour obtenir des concessions sur la réduction des dépenses ou contre la réforme du système de santé de Barack Obama.

Leur stratégie de la corde raide, alimentée par la turbulente faction des affiliés au Tea Party, avait conduit les Etats-Unis au bord du défaut de paiement à l'été 2011 et en octobre dernier. Après cet humiliant dernier épisode, duquel ils étaient sortis perdants, les chefs de file ont juré: plus jamais ça.

Fruits de ce nouvel esprit de coopération, les budgets 2014 et 2015 ont été adoptés en décembre dans un large consensus.

"Nos élus ne sont pas très enthousiastes à l'idée de relever le plafond de la dette", a déclaré John Boehner, président républicain de la Chambre, mardi après avoir réuni ses troupes. "Et donc nous laisserons les démocrates apporter les voix nécessaires. Nous apporterons le minimum de voix requises pour que la loi soit adoptée".

Ses propos soulignent les divisions internes au camp républicain, entre les modérés et les plus conservateurs, qui refusent tout relèvement de la limite de la dette. M. Boehner envisageait encore lundi de poser comme condition l'annulation d'une mesure sur les retraites des militaires, mais il a rapidement abandonné.

Victoire pour les démocrates

Les démocrates ont crié victoire: depuis des mois, ils exigeaient un relèvement "propre" de la limite de la dette.

"La Chambre a compris que suivre la droite dure sur le plafond de la dette n'avait aucun sens, ce qui est bien pour la Chambre, bien pour le parti républicain et bien pour l'Amérique", a déclaré le sénateur démocrate Charles Schumer.

"Quand cette mesure sera adoptée, le Congrès dira sans équivoque que la bonne foi et le crédit des Etats-Unis ne sont pas en doute", a déclaré la chef de la minorité démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi. "Je remercie mes collègues démocrates de n'avoir jamais vacillé et d'être restés fermes au nom de tous les Américains".

"J'espère que la tactique consistant à menacer d'un défaut pour des questions budgétaires est terminée, ne sera pas plus envisagée et ne sera jamais plus employée", a affirmé Gene Sperling, le principal conseiller économique de Barack Obama.

Si la Chambre adoptait la proposition de loi mardi soir, le Sénat aurait amplement le temps de voter sur la mesure d'ici le 27 février, même si certains sénateurs républicains pourraient tenter d'en retarder l'examen.

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