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11/06/2014

«Joseph Kabila» veut instaurer une "Présidence à vie"

«Joseph Kabila» veut instaurer une "Présidence à vie"

En «affaires courantes» depuis fin octobre 2013, le gouvernement du Premier ministre Augustin Matata Ponyo commet un véritable «coup de force» en prenant l’initiative de réviser la Constitution. Une décision réservée au gouvernement de plein exercice. Décidé à instaurer une sorte de «Présidence à vie» pour continuer à jouir des avantages et privilèges attachés à l’impérium et à garantir la sécurité nationale de l’Ouganda et du Rwanda, «Joseph Kabila» est prêt à tout. Il est prêt à engager le pari aux conséquences imprévisibles de modifier l’article 70 qui limite la durée du mandat présidentiel à cinq ans et le nombre de celui-ci à deux. Il rêve de faire sauter le verrou de l’article 220 en instaurant l’élection présidentielle au suffrage universel indirect. Le président de la République pourrait ainsi être désigné par les députés nationaux. Il est plus aisé de corrompre 500 députés que l’ensemble du corps électoral. On ne le dira jamais assez que la "communauté internationale" n’enverra jamais des troupes à Kinshasa pour défénestrer le dictateur. Ce rôle incombe aux citoyens Congolais. Ceux-ci ont le choix : agir ou subir. 
Incorrigibles. C’est le moins qu’on puisse dire des gouvernants congolais actuels. Des pseudo-démocrates qui sont en réalité des hommes sans foi ni loi.

Lundi 9 juin dans la soirée, par la bouche de l’inévitable ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, le gouvernement du Premier ministre Augustin Matata Ponyo a fait savoir l’adoption, à l’issue d’une réunion du Conseil des ministres, d’un projet de révision constitutionnelle « destiné à permettre l’organisation des élections à venir comme il l’entend ». Trois autres projets de loi ont été adoptés. Ils portent organisation des élections au niveau local jusqu’à la présidentielle.

Les observateurs ont été surpris de noter que le communiqué gouvernemental ne mentionne guère les articles à amender. Pourquoi un tel mystère? Il ne fait l’ombre d’un doute que les articles 70, 197 et 220 seraient dans le «viseur» du clan kabiliste. Le premier article limite à cinq ans la durée du mandat présidentiel et le nombre à deux. Le second est relatif à l’élection des députés provinciaux au « suffrage universel direct ». Sous le fallacieux prétexte de « moyens disponibles », « Joseph Kabila » est décidé à instaurer l’élection au second degré tant pour les députés provinciaux que pour la présidentielle. Le dernier texte sert de « verrou » dans la mesure où il prohibe toute révision portant sur la durée et le nombre de mandat présidentiel.

Contre toute attente, plusieurs membres de la majorité présidentielle (MP) joints au téléphone, mardi soir, à Kinshasa, par la rédaction de Congo Indépendant, n’ont pas caché une vive indignation. Certains se sont dits "prêts à claquer la porte" dès que cette révision sera mise en œuvre. "Dans cette hypothèse, le président Kabila se trouvera dans la logique de l’article 64 qui autorise une résistance citoyenne pour faire échec à tout individu qui viole la Constitution ou qui prend le pouvoir par la force", commente un cadre de la MP. "Le président Joseph Kabila sait qu’il est impopulaire, enchaîne un autre cadre. Pour lui, il est plus facile de soudoyer 500 députés nationaux que de charmer par des réalisations 35 millions d’électeurs qui demandent l’avènement de l’alternance en 2016".

Selon certaines sources, "Joseph Kabila" aurait prévu deux "plans" : "A" et "B". Dans le premier cas de figure, il s’agit de briguer un troisième mandat. Dans le second, il pourrait - en cas d’une forte opposition de la "communauté internationale" - recourir au scenario dit "Poutine/Medvedev" en faisant "passer" un de ses proches. "Les noms les plus cités sont : Olive Lembe di Sita, Aubin Minaku, Evariste Boshab et... Zoé "Kabila", croit savoir une source. "Les Congolais doivent se soulever contre cette présidence à vie qui ne dit pas son nom", s’enrage un membre de l’opposition. Pour lui, il faut barrer la route "aux apprenti-sorciers qui nous gouvernent". 

A Kinshasa, plus personne ne croit sérieusement à la mise en place en ce mois de juin du fameux "gouvernement de cohésion nationale" annoncé pour "bientôt" par "Joseph Kabila" dans son allocution du 23 octobre 2013 devant les deux chambres du Parlement. "Il est désormais clair que Joseph Kabila entend monnayer les portefeuilles ministériels de la future équipe gouvernementale contre la révision constitutionnelle qui lui permet de briguer un troisième mandat présidentiel", estime, pour sa part, un juriste de l’Université de Kinshasa. Et d’ajouter: "Tous les kinois ont not noté la monté en première ligne par le ministre Mende Omalanga qui est devenu plus kabiliste que Kabila lui-même". 

De leur côté, les représentants des forces politiques et sociales de l’opposition ont dit et redit tout le mal qu’ils pensent de toute modification de la Constitution dont le but serait de permettre à "Kabila" de se maintenir au pouvoir au-delà de 2016. "Joseph Kabila a échoué, il doit dégager avant qu’il ne soit trop tard", commentait un "combattant" de la diaspora congolaise de Belgique. Et de conclure :"L’heure n’est plus à la résignation!" 

Baudouin Amba Wetshi 

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