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23/06/2014

L’Eglise catholique et l’Etat : le dégel

L’Eglise catholique et l’Etat : le dégel

Publié le 23 juin 2014

Écrit par Le Potentiel

Pour passer en revue le social des Congolais, une ambiance bon enfant a régné lors de l’échange entre le Premier ministre et les évêques membres du Comité permanent de la Cenco. Très proches de la population, les évêques ont posé des questions précises sur des situations de terrain. Chiffres à l’appui, Augustin Matata Ponyo a rencontré les préoccupations des princes de l’Eglise catholique qui ont promis de mieux aborder des questions liées au social avec un autre regard. Entre l’Eglise catholique et l’Etat, les convergences apparaissent désormais. Les rapports sont marqués du sceau du dégel.

Un visiteur de marque auprès des évêques, membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) au siège de Caritas RDC : Augustin Matata Ponyo, Premier ministre. Au centre des échanges entre le chef de l’Exécutif national et les princes de l’Eglise catholique : les questions socioéconomiques ! A l’occasion, le Premier ministre a fait une démonstration chiffrée. Il a mis en exergue à l’attention de ses interlocuteurs, le cap fixé par le gouvernement sur la requalification du social de la population. Matata Ponyo Mapon a insisté sur l’urgence nationale de consolider les acquis actuels qui participent à l’amélioration du vécu quotidien du peuple congolais.

Pour rassurer leur invité, le président de la Cenco, Mgr Nicolas Djomo, a déclaré : « Nous vous avons invité pour d’abord vous féliciter des efforts que votre gouvernement est en train de fournir pour la maîtrise du cadre macroéconomique, avec un haut niveau de taux de croissance ; pour la maîtrise de l’inflation; l’assainissement du climat des affaires; l’amélioration des infrastructures, notamment la réhabilitation des routes et des écoles ainsi que l’équipement des hôpitaux ». L’évêque de Tshumbe et président de la Cenco a abordé aussitôt les questions de fond, notamment la bancarisation de la paie des enseignants, agents et fonctionnaires de l’Etat, encourageant le gouvernement à orienter davantage ses énergies vers la création des emplois, afin d’obtenir une meilleure diffusion de la croissance parmi les populations.

Les évêques n’ont pas seulement posé des questions et entendu des réponses, ils ont également fait des propositions des pistes de sortie. « Nous sommes convaincus qu’une bonne politique agricole, avec la lutte contre la corruption et la promotion du civisme fiscal pourront conduire à l’amélioration des conditions de vie de tous les Congolais. Investir dans les services sociaux de base, comme vous le faites, est un des défis majeurs pour le développement harmonieux de la RD Congo », a martelé Mgr Nicolas Djomo au nom de ses pairs évêques, promettant d’accompagner les efforts ainsi consentis.

Partenariat global

Rassuré par les propos du président de la Cenco, Augustin Matata Ponyo a plaidé en faveur de l’élargissement du partenariat avec l’Eglise catholique dans différents domaines. « Le partenariat que nous voulons avec l’Eglise catholique, nous ne le considérons pas de manière isolée, mais globale », a-t-il souligné. Aussi a-t-il présenté à ses hôtes la situation de la paie des enseignants, la matérialisation du projet de construction des écoles, des routes, des hôpitaux…

Optant pour un partenariat global, le Premier ministre a émis le vœu de voir «cette collaboration s’élargir dans les domaines de la communication, de la conscientisation et du partage de la philosophie du développement ». Il a exhorté les prélats à opérer des évaluations régulières sur la vie nationale, en tenant compte de la situation globale « qu’elles soient équilibrées et fondées sur les faits ».

C’est donc à la source que les évêques se sont abreuvés sur des questions liées au social. Matata Ponyo a attiré leur attention particulière sur la portée hautement sociale de la stabilité du cadre macroéconomique, des taux de change et d’inflation.

A l’aide des statistiques comparatives avec la réalité du passé, il a indiqué : « Passer d’un taux d’inflation de 10 000% en 12 mois vers les années 1994 à 1% en douze mois ; ou avoir une monnaie qui, pendant quatre ans, ne se déprécie pas, c’est quand même une prouesse », s’est réjoui Matata Ponyo. Et de conclure : « Stabiliser le cadre macroéconomique, c’est apporter la paix sociale ».

Les acquis

La régularité des salaires, la mutuelle de santé, la construction des écoles, l’équipement des structures de santé, la relance de l’agriculture (à l’exemple de la réhabilitation de DAIPN à Kinshasa et bientôt au Kasaï et au Katanga ainsi que du 1er parc agro-industriel de 80 000 ha pour une agriculture de précision, mécanisée et irriguée, avec pistes d'atterrissage, situé dans le village Bukanga-Lonzo au Bandundu, à inaugurer le mois prochain), la réunification routière, le transport public (avec 750 nouveaux bus et bientôt 20 nouvelles locomotives, la réhabilitation de grands bateaux Kokolo et Gungu), la lutte contre la corruption et la fraude, sont autant de sujets abordés par le Premier ministre, note une dépêche de Caritas-RDC .

Des questions et préoccupations des évêques

Le blocage des travaux de réhabilitation du tronçon routier Lomela-Ikela-Opala; l’accélération et la facilitation de l’installation des institutions bancaires là où elles n’existent pas ainsi que le choix des partenaires crédibles pour assurer entre-temps la paie des fonctionnaires de l’Etat ; la philosophie de développement qui anime le Premier ministre sont autant de préoccupations soulevées par les quatre évêques qui ont pu prendre la parole lors du débat.

A cela s’ajoute la question de la voie ferrée et celle du plan de redressement du Nord-Kivu, après toutes les années de guerre.

En réaction, Matata Ponyo a promis de vérifier le dossier de la réhabilitation du tronçon routier Lomela-Ikela-Opala, dont les travaux sont, à ce jour, suspendus suite à l’arrêt du financement du gouvernement. « L’argent est disponible », a-t-il indiqué. Quant à la bancarisation, de même que la relance du transport en commun (bus, train, bateau, avion), il a fait savoir qu’il s’agit d’un processus que le gouvernement s’engage à mener à bon port. Matata Ponyo a reconnu la nécessité de faire entretenir la voie ferrée pour tirer profit de nouvelles locomotives. « Il ne sert à rien d’acquérir de nouvelles locomotives qui ne rouleront qu’à 10 à 20 km par heure », a regretté le Premier ministre. 

Le calendrier électoral réservé à la plénière de la CENCO

Joint au téléphone par notre Rédaction, le secrétaire général de la Cenco, M. l’abbé Santedi a indiqué que toutes les questions non liées au social seront abordées par la plénière de la CENCO. Il a précisé : « Cette rencontre avec les membres du Comité permanent s’inscrit dans le cadre normal des activités des évêques : rapporter les joies et difficultés des populations ».

Invité à livrer son point de vue sur cet échange entre le Premier ministre et les prélats, un analyste kinois a estimé qu’il serait « souhaitable que cette ambiance de convivialité prévale également sur les questions du processus électoral.

 

Les travaux de la plénière s’ouvrent ce lundi 23 juin 2014. Peut-être que la CENI sera également invitée pour des explications en vue d’un éventuel recadrage !

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