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30/06/2014

La MP en difficulté de défendre la révision constitutionnelle

La MP en difficulté de défendre la révision constitutionnelle

La Tempête des Tropiques

27/06/2014

 

Avec un argument peu convaincant

Les politiciens corrompus et les intellectuels foncièrement malhonnêtes qui gravitent autour de la plateforme au pouvoir, sont acculés, coincés, désarçonnés et tétanisés par la démolition systématique des stratagèmes boiteux qu’ils échafaudent, développent et propagent pour s’assurer du maintien de Joseph Kabila au sommet de l’Etat au-delà de 2016 où expire son second et dernier mandat en cours. Ils se vautrent dans le mensonge éhonté et la mystification de l’opinion qui n’est d’ailleurs pas dupe ni aveugle. Mensonge et mystification révélateurs de l’ignorance pour les uns, de malhonnêteté intellectuelle pour les autres.

C’est le cas d’un argument incohérent et absurde qu’ils avancent parmi d’autres tout aussi superficiels et comiques. Selon eux, la Constitution de la République en vigueur mérite absolument d’être modifiée parce qu’elle s’avère dépassée, inadéquate, le contexte et le paysage politique d’aujourd’hui n’étant pas ceux de l’époque des belligérants qui voulaient partager le pouvoir entre eux. Il s’ensuit donc, toujours selon eux, de comprendre que cette Constitution n’a pas cours dans certaines de ses dispositions qui doivent être révisées et réadaptées à la donne actuelle. Quelles supercherie et mauvaise foi manifestes !

Comment peuvent-ils, sans pudeur, se montrer si immoraux, si véreux et obscurantistes pour confondre la Constitution actuelle de la République de février 2006 avec la Constitution de la transition d’avril 2003 ? La Constitution de la transition reposant sur l’Accord global et inclusif du dialogue intercongolais de Sun City en Afrique du Sud, signée le 04 avril par Joseph Kabila, comprenant au total 205 articles, est celle qui avait régi le pays du temps des belligérants regroupés à Kinshasa, dans un gouvernement de formule 1+4 (un plus quatre) au sommet de l’Etat.

L’article 205 stipule clairement que » La Constitution de la transition cesse de produire ses effets à l’entrée en vigueur de la Constitution adoptée à l’issue de la transition. Or, la Constitution actuelle que l’establishment manœuvre pour sa révision, régit le pays après la transition, adoptée par référendum, signée par Joseph Kabila le 18 février 2006, contenant 229 articles au total. La Constitution que les conservateurs de la plateforme au pouvoir voudraient réviser est celle de 2006 qui limite le mandat de Président de la République à 5 ans renouvelable une seule fois, partant de 2006 à 2011, et le deuxième mandat de 2011 à 2016.
Fossoyeurs de la démocratie

La Constitution de la transition limitait la durée de cette période du pouvoir des belligérants à 24 mois, susceptible d’être prolongée pour une durée de six mois, renouvelable une seule fois.

Cette Constitution de la transition était adoptée par la Plénière du Dialogue intercongolais. Les belligérants qui partageaient le pouvoir sous la formule 1+4, l’exerçaient tous en commun pour une durée déterminée égale à la période de transition, soit au maximum 3 ans. Il s’agit du Président, de 4 vice-présidents, des ministres du gouvernement transitoire.

Il est très clair que la Constitution actuelle de février 2006 n’a absolument rien de commun avec celle de la transition d’avril 2003 pour prétendre qu’elle est l’émanation des belligérants qui tenaient à se partager le pouvoir.

Les réactionnaires de la plateforme au pouvoir qui soutiennent le contraire rien que pour préserver leur bifteck en gravitant dans l’orbite de Joseph Kabila, sont foncièrement de mauvaise foi, malhonnêtes, obscurantistes, fossoyeurs de la démocratie, extrêmement dangereux pour la patrie.

Quelle similitude d’inadaptation pouvant justifier la révision de la Constitution entre la période de belligérance et la réduction de l’âge de candidat président de 40 à 30 ans en 2006, le changement de scrutin présidentiel de deux tours à un seul tour, en 2011, la modification du mode d’élection des députés provinciaux du suffrage universel direct au suffrage indirect en 2016 ? Aux joséphistes et néomobutistes de répondre.

Mais les conservations de la plateforme rétrograde au pouvoir n’ont jamais montré même en filigrane les vestiges de l’époque de belligérance repris dans la Constitution de 2006 qui régit le pays, et qui sous-tendent nécessairement la révision de certaines dispositions constitutionnelles.

L’âge de candidat président de la République, les tours du scrutin présidentiel, le mode d’élection des députés provinciaux, toutes ces dispositions déterminées dans la Constitution actuelle, ne figuraient nulle part dans la Constitution de la transition reposant sur l’Accord global et inclusif du Dialogue intercongolais tenu à Sun City en Afrique du Sud, dont l’aboutissement fut le regroupement des belligérants au sommet du pouvoir à Kinshasa, sous la formule 1+4 (un plus quatre).

Ce sont ces dispositions-là ignorées de la Constitution de la transition des belligérants, dont on a commencé la révision en 2006 (âge de candidat président), en 2011 (tour du scrutin présidentiel) et cette fois-ci (mode d’élection des députés provinciaux et du Président de la République) au suffrage indirect, respectivement par les locaux et par les députés nationaux réunis en congrès.
Gratifier JK d’une présidence à vie

On ne démontre pas de quelle manière ces dispositions constitutionnelles présentées comme obstacles par les révisionnistes d’opérette, empêchent-elles le sommet de l’Etat de gouverner à l’aise, d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, de protéger l’intégrité territoriale du pays, d’instaurer l’autorité de l’Etat partout, de garantir la paix dans l’ensemble du pays, de développer le pays, de promouvoir le bien-être du plus grand nombre des citoyens, de stopper la corruption et l’impunité, de préserver les droits humains, de balayer la médiocratie au profit de la méritocratie, de revaloriser la justice, d’améliorer les conditions de vie et de travail des fonctionnaires, des militaires, des policiers, des enseignants, des médecins, des magistrats etc… ? La préoccupation des révisionnistes douteux n’est pas l’adaptation de la Constitution à un contexte quelconque, mais plutôt de faire flèche de tout bois pour gratifier Joseph Kabila d’une présidence à vie au sommet de l’Etat.

C’est l’autocratisation du pouvoir qui les obsède, afin de pouvoir continuer à gagner leur bifteck tranquillement. Jouir des privilèges indus et de passe-droits excessifs au détriment de la majorité de la population condamnée à croupir dans la misère et les souffrances perpétuelles.
Détermination des forces vives

Mais d’ores et déjà ils trouvent sur leur chemin les forces politiques et sociales patriotes résolues à leur en faire voir des vertes et des pas mûres jusqu’à les tenir en échec. La bouderie des puissances occidentales de connivences avec l’ONU, ajoute à la détermination de ces forces vives nationales pour en finir avec le règne de l’arbitraire, aux mains d’une coterie d’oligarques jouisseurs sans foi ni loi. L’exercice du pouvoir est détourné de son objectif d’agir dans l’intérêt et pour le bien de tous, pour n’être plus qu’un tremplin dont se servent un quarteron d’inconscients et de flatteurs pour se remplir toujours les poches à leur guise au détriment du plus grand nombre des citoyens.

Le pourrissement du climat général a atteint la côte d’alerte. Le débordement de vase sans crier gare risque de s’accompagner d’un séisme dévastateur pour ceux qui s’obstinent à foncer dans le brouillard, lents à scruter l’horizon et incapables de déchiffrer les signes des temps. La Consternation sera alors à la mesure de l’entêtement et du durcissement des cœurs. Ce n’est pas du tout prétendre jouer les » Cassandre « .

 

Par Jean N’Saka wa N’Saka/ Journaliste indépendant

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