Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

30/06/2014

Kinshasa : «Joseph Kabila» fait la démonstration de «sa» force

Kinshasa : «Joseph Kabila» fait la démonstration de «sa» force

La commémoration du 54ème anniversaire de la proclamation de l’indépendance est une aubaine pour «Joseph Kabila». Attaqué par ses opposants radicaux et la «communauté internationale», l’homme semble avoir trouvé l’occasion d’exhiber ses biceps. Pour certains analystes, c’est un «message fort» du genre « j’y suis, j’y reste! » que le locataire du Palais de la nation destine à ses critiques. Secrétaire national chargé des relations extérieures de l’UDPS, Félix Tshisekedi Tshilombo relative la portée de l’événement. 
Le Congo démocratique commémore, ce lundi 30 juin, le 54ème anniversaire de la proclamation de son indépendance. Des défilés militaires sont prévus dans les provinces «en vue de fêter ce grand événement», indique une dépêche de l’Agence congolaise de presse.

A Kinshasa, une parade militaire aura lieu à la «Place du Cinquantenaire», situé sur le boulevard Triomphal. Samedi 28 juin, des informations difficiles à vérifier en provenance de la capitale congolaise faisaient état d’une «présence anormale» des militaires à des endroits névralgiques de cette ville. 

Rumeurs ou pas, on apprenait également que des «soldats rwandais» auraient été aperçus dans plusieurs hôtels. « C’est le cas notamment de l’hôtel Venus », précisait un voyageur en provenance de Kin. « Des soldats et policiers multiplient les derniers entrainements en prévision du défilé qui se déroulera sur ce boulevard », précise, pour sa part, la dépêche de l’ACP. Ajoutant : «La tribune de la Place du Cinquantenaire est peinte en couleurs nationales : bleue, rouge et jaune et un tapis rouge est déjà déroulé devant l’endroit où le chef de l’Etat se mettra avec ses hôtes de marque ». De même, la Place du Cinquantenaire est quadrillée par des éléments de la garde prétorienne de 
«Joseph Kabila» dite «Garde républicaine».

L’ACP indique par ailleurs que le portrait de «Joseph Kabila» et ceux de ses trois prédécesseurs en l’occurrence Joseph Kasa Vubu, Mobutu Sese Seko et Laurent-Désiré Kabila sont déployés « en face de la tribune, du haut du Palais du peuple ». Sans oublier l’effigie du tout premier chef du gouvernement congolais Patrice-Emery Lumumba. "Joseph" se découvre ainsi une vocation tardive de "réconciliateur" alors qu’il n’a cessé de "gouverner" ce pays en s’appuyant sur un groupe des Congolais contre d’autres.

Réactions

Depuis la grande parade militaire dite du «Cinquantenaire» organisée le 30 juin 2010 à l’occasion du 50ème anniversaire de la naissance du Congo indépendant, aucune manifestation du genre n’a plus été organisée. Pourquoi une telle exhibition au moment où «Joseph Kabila» voit son fauteuil tanguer de manière sans précédent ? «C’est une démonstration de force pour intimider la population et les opposants», commente un analyste jointe au téléphone à Kinshasa. «Joseph Kabila entend envoyer un message clair tant à ses opposants radicaux qu’à la communauté internationale : j’y suis, j’y reste !».

Des sources bien informées indiquent que le «raïs» a commandé récemment un véritable arsenal auprès de certaines républiques de l’ex-URSS. « C’est l’occasion pour le successeur de Mzee de montrer ses nouveaux jouets», ironisait, dimanche, un activiste politique de la diaspora congolaise de Belgique. Reprenant son sérieux, l’homme d’ajouter : «Il est clair que Joseph Kabila ne quittera le pouvoir que par la force des armes ».

Secrétaire national chargé des Relations extérieures de l’UDPS, Félix Tshisekedi Tshilombo relativise la portée de l’événement. Démonstration de force de la part de « Joseph Kabila » ? «Démonstration de force par rapport à quoi et à qui?, commence-t-il par s’interroger. Je ne pense pas que qu’il s’agit d’une démonstration de force. Nous ne sommes pas en guerre pour montrer aux forces ennemies que le Congo a du répondant. On n’a pas besoin de déployer ses biceps dans une bataille qui est essentiellement politico-diplomatique». 
«Cette armée qui va défiler ce 30 juin, ajoute-t-il, est réputée pour son inefficacité sur le terrain faute de moyens. Il est connu que c’est la brigade internationale des Nations Unies qui fait tout le travail. A l’image des FARDC, les troupes congolaises déployées en Centrafrique sont abandonnées à leur triste sort». 

Pour «Félix», si le défilé de ce lundi 30 juin avait pour but de faire une «démonstration de force», la démarche risque d’être un « coup d’épée dans l’eau ». «Cette parade militaire n’impressionnera personne», souligne-t-il en relevant que les pressions exercées sur « Joseph Kabila » et le président de la Commission électorale nationale indépendante «produisent des effets». «Malumalu a accepté d’élaborer un calendrier global des élections comme le propose la communauté internationale et les forces de l’opposition, dit-il. La session extraordinaire du Parlement n’a pas eu lieu. Il en est de même de la convocation de deux chambres en congrès en vue d’ouvrir la voie à une révision constitutionnelle. Le fameux gouvernement de cohésion nationale n’est toujours pas là. C’est la preuve que le pouvoir recule en dépit de l’exhibition des muscles. Et ça va continuer… ». 

Politique de terre brûlée

Le 19 décembre 2016 marquera la fin du second et dernier mandat de «Joseph Kabila». Depuis bientôt une année, des personnalités de la « majorité présidentielle» clament haut et fort la volonté de la mouvance kabiliste de conserver le pouvoir. C’est le cas notamment d’Evariste Boshab, secrétaire général du PPRD, qui l’a dit notamment lors du congrès tenu en avril dernier à Mbandaka. C’est également le cas de Claude Mashala, secrétaire national du PPRD. Celui-ci estime qu’il faut purement et simplement changer de Constitution. Au motif que la loi fondamentale promulguée en février 2006 serait l’œuvre des ex-belligérants dont les mains seraient, selon lui, «tâchées de sang».

Dans son allocution prononcée le 23 octobre 2013, «Kabila» a demandé à la Ceni ainsi qu’aux deux chambres du Parlement d’examiner la possibilité de changer le mode de scrutin pour l’élection des députés provinciaux. L’objectif consiste à instaurer le suffrage universel indirect « pour des raisons économiques ». Ses ambitions pour 2016 ? Pas un mot.

Des informations difficiles à vérifier ont laissé entendre un moment donné que «Joseph» rêvait d’une solution du genre Poutine/Medvedev. Empêché par la Constitution de briguer un troisième mandat successif, Vladimir Poutine avait « laissé » le poste de président de la République de Russie à son homme-lige Dmitri Medvedev devenant le Premier ministre de celui-ci de ce dernier durant une législature. Qui serait le Medvedev congolais? Selon des sources, 
«Joseph» pensait le plus sérieusement à son épouse Marie-Olive Lembe di Sita. Plus personne n’évoque ce scénario. Dans un « plan B », le « raïs » escomptait obtenir un rallonge de son mandat en cours en prenant pour prétexte le recensement de la population. "Joseph Kabila a peur de son avenir après la Présidence, assure un agent de l’Agence nationale de renseignements. "Il pourrait recourir à la politique de terre brûlée avant de céder son fauteuil...".

Un régime ami

Le 4 mai dernier, le secrétaire d’Etat américain John Kerry est "descendu" à Kinshasa afin de signifier au satrape congolais que « deux mandats, ça suffit » et qu’il doit respecter la Constitution. «Pour garantir la stabilité de ce pays, la Constitution doit être respectée », soulignait, devant la presse, le sénateur Russel Feingold, envoyé spécial des Etats-Unis pour la Région des Grands lacs. 

Dans une interview accordée au « Soir » de Bruxelles daté du 26 juin 2014, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo dit avoir remis le Congo-Kinshasa «en ordre de marche». Après avoir ironisé sur les 30 millions $US promis par Kerry pour les élections, le « Premier » congolais a semblé relayer la pensée de « Joseph Kabila » : «J’aimerais que les envoyés spéciaux de la communauté internationale accordent autant d’attention aux scrutins qui doivent, au même moment que chez nous, se dérouler dans plusieurs pays voisins. Mais jusqu’ici, c’est le silence… ». 

«Kabila» et Matata feignent d’ignorer que les Etats-Unis constituent le premier contributeur au budget de la Mission onusienne au Congo. Et que, les forces onusiennes ne sont pas déployées dans les autres pays d’Afrique centrale. 

L’évolution de la situation politique au Congo démocratique est suivie attentivement par l’Ouganda de Yoweri Museveni et le Rwanda de Paul Kagame. «Joseph Kabila» incarne le «régime ami» dont ils ont toujours voulu installer à Kinshasa afin de garantir la sécurité de leurs pays respectifs. L’éviction de "Joseph" serait une catastrophe dans la mesure où ils predraient la mainmise sur l’ex-Zaïre. Il n’est pas exclu que l’idée d’une parade militaire ait été soufflé au « raïs » par son mentor de Kigali. Une manière de faire desserrer l’étau politico-diplomatique. «Joseph Kabila est conscient que ceux qui l’ont placé au pouvoir disposent des moyens pour l’évincer», estime Félix Tshisekedi Tshilombo. 

Baudouin Amba Wetshi 

La MP en difficulté de défendre la révision constitutionnelle

La MP en difficulté de défendre la révision constitutionnelle

La Tempête des Tropiques

27/06/2014

 

Avec un argument peu convaincant

Les politiciens corrompus et les intellectuels foncièrement malhonnêtes qui gravitent autour de la plateforme au pouvoir, sont acculés, coincés, désarçonnés et tétanisés par la démolition systématique des stratagèmes boiteux qu’ils échafaudent, développent et propagent pour s’assurer du maintien de Joseph Kabila au sommet de l’Etat au-delà de 2016 où expire son second et dernier mandat en cours. Ils se vautrent dans le mensonge éhonté et la mystification de l’opinion qui n’est d’ailleurs pas dupe ni aveugle. Mensonge et mystification révélateurs de l’ignorance pour les uns, de malhonnêteté intellectuelle pour les autres.

C’est le cas d’un argument incohérent et absurde qu’ils avancent parmi d’autres tout aussi superficiels et comiques. Selon eux, la Constitution de la République en vigueur mérite absolument d’être modifiée parce qu’elle s’avère dépassée, inadéquate, le contexte et le paysage politique d’aujourd’hui n’étant pas ceux de l’époque des belligérants qui voulaient partager le pouvoir entre eux. Il s’ensuit donc, toujours selon eux, de comprendre que cette Constitution n’a pas cours dans certaines de ses dispositions qui doivent être révisées et réadaptées à la donne actuelle. Quelles supercherie et mauvaise foi manifestes !

Comment peuvent-ils, sans pudeur, se montrer si immoraux, si véreux et obscurantistes pour confondre la Constitution actuelle de la République de février 2006 avec la Constitution de la transition d’avril 2003 ? La Constitution de la transition reposant sur l’Accord global et inclusif du dialogue intercongolais de Sun City en Afrique du Sud, signée le 04 avril par Joseph Kabila, comprenant au total 205 articles, est celle qui avait régi le pays du temps des belligérants regroupés à Kinshasa, dans un gouvernement de formule 1+4 (un plus quatre) au sommet de l’Etat.

L’article 205 stipule clairement que » La Constitution de la transition cesse de produire ses effets à l’entrée en vigueur de la Constitution adoptée à l’issue de la transition. Or, la Constitution actuelle que l’establishment manœuvre pour sa révision, régit le pays après la transition, adoptée par référendum, signée par Joseph Kabila le 18 février 2006, contenant 229 articles au total. La Constitution que les conservateurs de la plateforme au pouvoir voudraient réviser est celle de 2006 qui limite le mandat de Président de la République à 5 ans renouvelable une seule fois, partant de 2006 à 2011, et le deuxième mandat de 2011 à 2016.
Fossoyeurs de la démocratie

La Constitution de la transition limitait la durée de cette période du pouvoir des belligérants à 24 mois, susceptible d’être prolongée pour une durée de six mois, renouvelable une seule fois.

Cette Constitution de la transition était adoptée par la Plénière du Dialogue intercongolais. Les belligérants qui partageaient le pouvoir sous la formule 1+4, l’exerçaient tous en commun pour une durée déterminée égale à la période de transition, soit au maximum 3 ans. Il s’agit du Président, de 4 vice-présidents, des ministres du gouvernement transitoire.

Il est très clair que la Constitution actuelle de février 2006 n’a absolument rien de commun avec celle de la transition d’avril 2003 pour prétendre qu’elle est l’émanation des belligérants qui tenaient à se partager le pouvoir.

Les réactionnaires de la plateforme au pouvoir qui soutiennent le contraire rien que pour préserver leur bifteck en gravitant dans l’orbite de Joseph Kabila, sont foncièrement de mauvaise foi, malhonnêtes, obscurantistes, fossoyeurs de la démocratie, extrêmement dangereux pour la patrie.

Quelle similitude d’inadaptation pouvant justifier la révision de la Constitution entre la période de belligérance et la réduction de l’âge de candidat président de 40 à 30 ans en 2006, le changement de scrutin présidentiel de deux tours à un seul tour, en 2011, la modification du mode d’élection des députés provinciaux du suffrage universel direct au suffrage indirect en 2016 ? Aux joséphistes et néomobutistes de répondre.

Mais les conservations de la plateforme rétrograde au pouvoir n’ont jamais montré même en filigrane les vestiges de l’époque de belligérance repris dans la Constitution de 2006 qui régit le pays, et qui sous-tendent nécessairement la révision de certaines dispositions constitutionnelles.

L’âge de candidat président de la République, les tours du scrutin présidentiel, le mode d’élection des députés provinciaux, toutes ces dispositions déterminées dans la Constitution actuelle, ne figuraient nulle part dans la Constitution de la transition reposant sur l’Accord global et inclusif du Dialogue intercongolais tenu à Sun City en Afrique du Sud, dont l’aboutissement fut le regroupement des belligérants au sommet du pouvoir à Kinshasa, sous la formule 1+4 (un plus quatre).

Ce sont ces dispositions-là ignorées de la Constitution de la transition des belligérants, dont on a commencé la révision en 2006 (âge de candidat président), en 2011 (tour du scrutin présidentiel) et cette fois-ci (mode d’élection des députés provinciaux et du Président de la République) au suffrage indirect, respectivement par les locaux et par les députés nationaux réunis en congrès.
Gratifier JK d’une présidence à vie

On ne démontre pas de quelle manière ces dispositions constitutionnelles présentées comme obstacles par les révisionnistes d’opérette, empêchent-elles le sommet de l’Etat de gouverner à l’aise, d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, de protéger l’intégrité territoriale du pays, d’instaurer l’autorité de l’Etat partout, de garantir la paix dans l’ensemble du pays, de développer le pays, de promouvoir le bien-être du plus grand nombre des citoyens, de stopper la corruption et l’impunité, de préserver les droits humains, de balayer la médiocratie au profit de la méritocratie, de revaloriser la justice, d’améliorer les conditions de vie et de travail des fonctionnaires, des militaires, des policiers, des enseignants, des médecins, des magistrats etc… ? La préoccupation des révisionnistes douteux n’est pas l’adaptation de la Constitution à un contexte quelconque, mais plutôt de faire flèche de tout bois pour gratifier Joseph Kabila d’une présidence à vie au sommet de l’Etat.

C’est l’autocratisation du pouvoir qui les obsède, afin de pouvoir continuer à gagner leur bifteck tranquillement. Jouir des privilèges indus et de passe-droits excessifs au détriment de la majorité de la population condamnée à croupir dans la misère et les souffrances perpétuelles.
Détermination des forces vives

Mais d’ores et déjà ils trouvent sur leur chemin les forces politiques et sociales patriotes résolues à leur en faire voir des vertes et des pas mûres jusqu’à les tenir en échec. La bouderie des puissances occidentales de connivences avec l’ONU, ajoute à la détermination de ces forces vives nationales pour en finir avec le règne de l’arbitraire, aux mains d’une coterie d’oligarques jouisseurs sans foi ni loi. L’exercice du pouvoir est détourné de son objectif d’agir dans l’intérêt et pour le bien de tous, pour n’être plus qu’un tremplin dont se servent un quarteron d’inconscients et de flatteurs pour se remplir toujours les poches à leur guise au détriment du plus grand nombre des citoyens.

Le pourrissement du climat général a atteint la côte d’alerte. Le débordement de vase sans crier gare risque de s’accompagner d’un séisme dévastateur pour ceux qui s’obstinent à foncer dans le brouillard, lents à scruter l’horizon et incapables de déchiffrer les signes des temps. La Consternation sera alors à la mesure de l’entêtement et du durcissement des cœurs. Ce n’est pas du tout prétendre jouer les » Cassandre « .

 

Par Jean N’Saka wa N’Saka/ Journaliste indépendant

La MP en difficulté de défendre la révision constitutionnelle

La MP en difficulté de défendre la révision constitutionnelle

La Tempête des Tropiques

27/06/2014

 

Avec un argument peu convaincant

Les politiciens corrompus et les intellectuels foncièrement malhonnêtes qui gravitent autour de la plateforme au pouvoir, sont acculés, coincés, désarçonnés et tétanisés par la démolition systématique des stratagèmes boiteux qu’ils échafaudent, développent et propagent pour s’assurer du maintien de Joseph Kabila au sommet de l’Etat au-delà de 2016 où expire son second et dernier mandat en cours. Ils se vautrent dans le mensonge éhonté et la mystification de l’opinion qui n’est d’ailleurs pas dupe ni aveugle. Mensonge et mystification révélateurs de l’ignorance pour les uns, de malhonnêteté intellectuelle pour les autres.

C’est le cas d’un argument incohérent et absurde qu’ils avancent parmi d’autres tout aussi superficiels et comiques. Selon eux, la Constitution de la République en vigueur mérite absolument d’être modifiée parce qu’elle s’avère dépassée, inadéquate, le contexte et le paysage politique d’aujourd’hui n’étant pas ceux de l’époque des belligérants qui voulaient partager le pouvoir entre eux. Il s’ensuit donc, toujours selon eux, de comprendre que cette Constitution n’a pas cours dans certaines de ses dispositions qui doivent être révisées et réadaptées à la donne actuelle. Quelles supercherie et mauvaise foi manifestes !

Comment peuvent-ils, sans pudeur, se montrer si immoraux, si véreux et obscurantistes pour confondre la Constitution actuelle de la République de février 2006 avec la Constitution de la transition d’avril 2003 ? La Constitution de la transition reposant sur l’Accord global et inclusif du dialogue intercongolais de Sun City en Afrique du Sud, signée le 04 avril par Joseph Kabila, comprenant au total 205 articles, est celle qui avait régi le pays du temps des belligérants regroupés à Kinshasa, dans un gouvernement de formule 1+4 (un plus quatre) au sommet de l’Etat.

L’article 205 stipule clairement que » La Constitution de la transition cesse de produire ses effets à l’entrée en vigueur de la Constitution adoptée à l’issue de la transition. Or, la Constitution actuelle que l’establishment manœuvre pour sa révision, régit le pays après la transition, adoptée par référendum, signée par Joseph Kabila le 18 février 2006, contenant 229 articles au total. La Constitution que les conservateurs de la plateforme au pouvoir voudraient réviser est celle de 2006 qui limite le mandat de Président de la République à 5 ans renouvelable une seule fois, partant de 2006 à 2011, et le deuxième mandat de 2011 à 2016.
Fossoyeurs de la démocratie

La Constitution de la transition limitait la durée de cette période du pouvoir des belligérants à 24 mois, susceptible d’être prolongée pour une durée de six mois, renouvelable une seule fois.

Cette Constitution de la transition était adoptée par la Plénière du Dialogue intercongolais. Les belligérants qui partageaient le pouvoir sous la formule 1+4, l’exerçaient tous en commun pour une durée déterminée égale à la période de transition, soit au maximum 3 ans. Il s’agit du Président, de 4 vice-présidents, des ministres du gouvernement transitoire.

Il est très clair que la Constitution actuelle de février 2006 n’a absolument rien de commun avec celle de la transition d’avril 2003 pour prétendre qu’elle est l’émanation des belligérants qui tenaient à se partager le pouvoir.

Les réactionnaires de la plateforme au pouvoir qui soutiennent le contraire rien que pour préserver leur bifteck en gravitant dans l’orbite de Joseph Kabila, sont foncièrement de mauvaise foi, malhonnêtes, obscurantistes, fossoyeurs de la démocratie, extrêmement dangereux pour la patrie.

Quelle similitude d’inadaptation pouvant justifier la révision de la Constitution entre la période de belligérance et la réduction de l’âge de candidat président de 40 à 30 ans en 2006, le changement de scrutin présidentiel de deux tours à un seul tour, en 2011, la modification du mode d’élection des députés provinciaux du suffrage universel direct au suffrage indirect en 2016 ? Aux joséphistes et néomobutistes de répondre.

Mais les conservations de la plateforme rétrograde au pouvoir n’ont jamais montré même en filigrane les vestiges de l’époque de belligérance repris dans la Constitution de 2006 qui régit le pays, et qui sous-tendent nécessairement la révision de certaines dispositions constitutionnelles.

L’âge de candidat président de la République, les tours du scrutin présidentiel, le mode d’élection des députés provinciaux, toutes ces dispositions déterminées dans la Constitution actuelle, ne figuraient nulle part dans la Constitution de la transition reposant sur l’Accord global et inclusif du Dialogue intercongolais tenu à Sun City en Afrique du Sud, dont l’aboutissement fut le regroupement des belligérants au sommet du pouvoir à Kinshasa, sous la formule 1+4 (un plus quatre).

Ce sont ces dispositions-là ignorées de la Constitution de la transition des belligérants, dont on a commencé la révision en 2006 (âge de candidat président), en 2011 (tour du scrutin présidentiel) et cette fois-ci (mode d’élection des députés provinciaux et du Président de la République) au suffrage indirect, respectivement par les locaux et par les députés nationaux réunis en congrès.
Gratifier JK d’une présidence à vie

On ne démontre pas de quelle manière ces dispositions constitutionnelles présentées comme obstacles par les révisionnistes d’opérette, empêchent-elles le sommet de l’Etat de gouverner à l’aise, d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, de protéger l’intégrité territoriale du pays, d’instaurer l’autorité de l’Etat partout, de garantir la paix dans l’ensemble du pays, de développer le pays, de promouvoir le bien-être du plus grand nombre des citoyens, de stopper la corruption et l’impunité, de préserver les droits humains, de balayer la médiocratie au profit de la méritocratie, de revaloriser la justice, d’améliorer les conditions de vie et de travail des fonctionnaires, des militaires, des policiers, des enseignants, des médecins, des magistrats etc… ? La préoccupation des révisionnistes douteux n’est pas l’adaptation de la Constitution à un contexte quelconque, mais plutôt de faire flèche de tout bois pour gratifier Joseph Kabila d’une présidence à vie au sommet de l’Etat.

C’est l’autocratisation du pouvoir qui les obsède, afin de pouvoir continuer à gagner leur bifteck tranquillement. Jouir des privilèges indus et de passe-droits excessifs au détriment de la majorité de la population condamnée à croupir dans la misère et les souffrances perpétuelles.
Détermination des forces vives

Mais d’ores et déjà ils trouvent sur leur chemin les forces politiques et sociales patriotes résolues à leur en faire voir des vertes et des pas mûres jusqu’à les tenir en échec. La bouderie des puissances occidentales de connivences avec l’ONU, ajoute à la détermination de ces forces vives nationales pour en finir avec le règne de l’arbitraire, aux mains d’une coterie d’oligarques jouisseurs sans foi ni loi. L’exercice du pouvoir est détourné de son objectif d’agir dans l’intérêt et pour le bien de tous, pour n’être plus qu’un tremplin dont se servent un quarteron d’inconscients et de flatteurs pour se remplir toujours les poches à leur guise au détriment du plus grand nombre des citoyens.

Le pourrissement du climat général a atteint la côte d’alerte. Le débordement de vase sans crier gare risque de s’accompagner d’un séisme dévastateur pour ceux qui s’obstinent à foncer dans le brouillard, lents à scruter l’horizon et incapables de déchiffrer les signes des temps. La Consternation sera alors à la mesure de l’entêtement et du durcissement des cœurs. Ce n’est pas du tout prétendre jouer les » Cassandre « .

 

Par Jean N’Saka wa N’Saka/ Journaliste indépendant