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19/09/2015

RDC : crise politique au sein de la coalition au pouvoir

RDC : crise politique au sein de la coalition au pouvoir

16 septembre 2015 à 14h33

Les sept signataires d’une lettre mettant en garde le président Joseph Kabila se sont « auto-exclus » de la majorité présidentielle, selon un communiqué de la coalition au pouvoir rendu publique mercredi à Kinshasa à l'issue d'une réunion houleuse de son bureau politique. Ces désaccords pourraient aboutir à un remaniement gouvernemental.

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Le camp du président Joseph Kabila resserre les rangs pour faire taire la fronde. Lors d’une réunion convoquée en urgence, ce mercredi 16 septembre au matin, le bureau politique de la Majorité présidentielle (MP) a constaté « l’auto-exclusion » de sept de ses membres.

« En lieu et place des solutions alternatives, crédibles, ils [les sept frondeurs de la majorité dit « G7″, NDRL] préfèrent s’adonner à l’instrumentalisation des peurs irrationnelles pour un objectif de positionnement politique », a déclaré Lambert Mende, membre du bureau politique de la MP, qui a fait la lecture du communiqué sanctionnant la rencontre.

Le mémorandum du G7 expose Joseph Kabila à la vindicte publique, réagit Lambert Mende

« Alors que le respect de la Constitution a toujours été une constante dans les déclarations et les actes du président de la République, le mémorandum [adressé à Kabila par les frondeurs] fait croire le contraire, exposant gratuitement notre autorité morale à la vindicte publique », a dénoncé Lambert Mende, accusant les auteurs de cette lettre d’« affaiblir les institutions de la République » et de « prendre fait et cause pour l’opposition ».

Les « frondeurs » avaient signé, deux jours plus tôt, une lettre de mise en garde adressée à Joseph Kabila, dont le dernier mandat – selon la Constitution – se termine en 2016. Les sept dirigeants du G7 y rappelaient leurs « vives inquiétudes quant aux velléités de révision ou de changement de la Constitution ».

Menace de report de la présidentielle

Pour éviter le report de l’élection présidentielle de 2016, dont la date est rendue incertaine par un calendrier électoral très chargé, ils appelaient le président à abandonner les scrutins intermédiaires pour organiser la présidentielle dans les temps. « Les fondamentaux du développement d’une nation ne viennent pas d’un homme seul, fut-il providentiel », écrivaient-ils encore.

La missive, qui était aussi adressée au bureau politique de la majorité, avait rapidement fuité dans la presse. Parmi ses signataires, le ministre du Plan, Olivier Kamitatu, ou encore le président de l’Assemblée provinciale de l’ex-Katanga, Gabriel Kyungu wa Kumwanza – un proche du puissant homme politique katangais, Moïse Katumbi.

Conviés à la réunion du bureau politique, ces frondeurs ont assisté au début des délibérations avant claquer la porte. « Il a été proposé d’entrée de jeu à l’assistance de prendre acte de l’auto-exclusion du G7 du fait d’avoir écrit une lettre posant au président Joseph Kabila des problèmes fondamentaux auxquels le pays est confronté ce jour (…) », peut-on lire dans le communiqué des frondeurs publié dans la foulée et dont Jeune Afrique a pu se procurer une copie. Le G7 y dénonce également la présence de « personnalités non membres du bureau politique » à la réunion.

Vers un remaniement ?

Les désaccords pourraient-ils déboucher sur un remaniement gouvernemental ? « Notre position, c’est qu’ils n’ont plus leur place dans les institutions, assure le ministre des Relations avec le Parlement, Tryphon Kin-Kiey Mulumba, par ailleurs membre du bureau politique de la MP. Mais cette décision revient au président de la république ». Fondateur de l’association « Kabila désir », Tryphon Kin-Kiey Mulumba milite lui-même pour le maintien du président au pouvoir au-delà de 2016.

« Il ne reste plus aux signataires de ce mémorandum qu’à tirer à tous les niveaux les conséquences du choix stratégique qu’ils ont ainsi opéré, en faisant simplement le constat qu’ils ont choisi de quitter la MP pour rejoindre d’autres forces politiques », a ajouté Lambert Mende.

Christophe Lutundula, l’un des sept signataires de la lettre, disait pour sa part, mercredi matin, ne pas avoir été notifié formellement de son exclusion. Mais sur le fond, il persiste et signe. « Nous appelons toutes les forces vives de la nation à se pencher, dans la sérénité, sur les questions que nous avons soulevées ».

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