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25/09/2015

La crise au sein de l’UDPS : la tenue du mini-conclave de Bruxelles scelle-t-elle la scission officielle du parti ?

 

 

La position de l’UDPS dans le panorama politique congolais pousse à ce que l’on suive avec un œil attentif tout ce qui s’y passe. Le parti d’Etienne Tshisekedi a focalisé l’attention du public sur son choix, contre-courant, de dialoguer avec le pouvoir finissant de Kinshasa. En rompant, sans management, la poursuite du pré-dialogue, l’UDPS a démontré  avec justesse, contrairement à la crainte évoquée d’un certain dérapage de circonstance, qu’il était hors question de cautionner un quelconque glissement en sortant du cadre constitutionnel. Le grand bruit entretenu autour de ce choix délibéré d’aller chercher un consensus sur l’organisation des prochaines élections afin qu’elles soient transparentes et apaisées, avait plongé dans l’ombre la crise profonde que traverse ce parti. En dépit de dénis officiels et d’une certaine méprise de la part de ceux qui ne voulaient pas entendre une cloche de dissonance, l’évolution de la situation au sein de ce parti pousse objectivement à s’interroger si le pas franchi par les conclavistes de Bruxelles* et la nomination conséquente d’un autre leader, André Kalonzo Ilunga, pour ne pas le citer, si provisoire soit-il, pour suppléer, selon leur dire, à l’absence de leadership dans le parti, n’augure- t-elle pas en réalité la scission qui était déjà en l’air ?

 

En écoutant les argumentations des uns et des autres, l’absence d’une volonté soutenue de se  comprendre, d’établir le pont entre les deux courants déclarés pour entrevoir la possibilité de dénouer les éléments basiques de la crise, semble évidente. Alors que le camp de ceux qui ont osé contester l’autorité implacable du leader maximo s’invectivait dans des dénonciations et dans l’affirmation de l’idéal du combat qui serait trahi, dans l’autre camp, demeuré fidèle à l’icône de la démocratie en RDC, on criait à la trahison, à la fronde sur base des velléités cachant des ambitions personnelles mal gérées. Le comble de l’incompréhension est que, ouvertement, dans un camp comme dans l’autre, on faisait allusion au complot alimenté par le flot de l’argent reçu de la part du pouvoir de Kinshasa pour émietter le parti et l’affaiblir de l’intérieur. Ainsi, a-t-on parlé, dans un camp, sans nécessairement apporter des preuves, de la corruption qui a induit certains hauts cadres, pointés du doigt, à opter pour la compromission avec le pouvoir à travers le fameux dialogue, finalement avorté ou, dans l’autre camp, insinuer la fréquence des rencontres secrètes des « putschistes »  dans certaines villes afin de défenestrer Etienne Tshisekedi.

Au-delà de ces accusations réciproques qui étaient des signes évidents d’une crise profonde d’effritement de confiance des uns à l’égard des autres, l’absence d’une prise de position claire et motivée du leader sur la question, après sa longue maladie et durant toute la période de sa convalescence, a renforcé la conviction des uns sur sa volonté de diriger désormais le parti dans une direction où une partie de ses cadres ne s’y reconnaissent plus. Pour les autres, la bonne marche du parti ne pouvait s’arrêter ou être ralentie suite à la contestation de quelques-uns. Face à ce mur d’incompréhension et de non-communication, nombreuses ont été des médiations tentées pour assainir la situation. Il fallait essayer d’éviter le pire compte tenu de la conjoncture actuelle où, plus que jamais, ce parti phare devrait se mettre en ordre de bataille et aspirer finalement à diriger le pays pour amorcer le virage nécessaire à l’instauration d’un état de droit en RDC.

Faut-il en conclure à la lumière de la suite des événements que les espoirs ont été déçus ? Partiellement oui, car aucune solution n’a été trouvée et chaque courant a poursuivi sa marche sans détour ni concession. Toutefois, au regard de la situation globale du pays, le reste de la joute se doit encore de se jouer. Maintenant que les positions sont claires, il reste à voir quel est le côté qui aura le dessus sur l’autre. Au-delà de ce paramètre qui doit déterminer le rapport de force en présence, il est indéniable que cette guéguerre interne au sein de l’UDPS n’est pas de bon augure. Tous les acteurs en présence ne devraient pas ignorer qu’à travers ce parti, c’est bien l’espoir de tout un peuple qui risque d’être fortement entaché. La nature de la crise, qui serait basée essentiellement sur le non-respect des textes, et sur le plan humain, par une attitude d’intolérance et de manque d’ouverture, est loin de refléter l’idéal démocratique pour lequel ils ont toujours combattu les différents régimes dictatoriaux depuis Mobutu jusqu’à  nos jours. Ce constat laisse perplexe une certaine opinion et amène à être dubitatif sur la capacité profonde de l’UDPS de changer véritablement l’ordre des choses au Congo. De plus, le moment choisi pour contester l’autorité de celui qui a toujours mener la barque, de celui qui a toujours indiquer le chemin à suivre, est-il opportun ? Ne pense-t-on pas que ce  geste, même s’il est justifié, aurait pu être retardé afin de franchir d’abord les échéances électorales qui sont déjà en vue et amener l’homme qui incarne pour tous la volonté de changement pour qu’il puisse marquer par son passage la fin d’une ère et le commencement d’une autre?

 En tout cas, il y a lieu de se poser toutes ces questions d’autant plus que beaucoup de gens pensent qu’une harmonisation des vues est toujours possible. Dans ce cas de figure, le levier est entre les mains des stratèges et aux autres hommes de bonne volonté pour qu’ils puissent convaincre les uns et les autres d’aller droit vers un Congrès extraordinaire qui est l’organe indiqué pouvant statuer sur tous les cas litigieux et mettre enfin tout le monde d’accord sur la personne qui peut présider aux destinées de ce parti et qui pourrait afin rassurer le peuple congolais qu’une alternance du pouvoir est possible.

Mwamba Tshibangu

 

·         Le mini conclave convoqué par certains membres de l’UDPS qui avait pour but principal de mettre en place un leadership provisoire pour palier à l’absence, selon eux, d’un leader, s’est tenu à Bruxelles le 20 septembre dernier.

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