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22/10/2015

La malnutrition responsable de plus de 45% de décès

La malnutrition responsable de plus de 45% de décès


malnutrition
Dans notre pays, la malnutrition décime la population plus que le VIH /SIDA et le paludisme. A l’occasion d’une double séance de restitution d’un atelier sur la malnutrition qui s’était déroulé au Cameroun et de la présentation de Thierry Delvigne-Jean, chef régional de la communication au Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, cette nouvelle a été annoncée, à la presse, au Centre Carter, dans la commune de Ngaliema. Mettant à profit la rencontre avec les journalistes membres du Réseau des Journalistes Amis de l’Enfance (RJAE), Docteur Annie Mitelezi de l’UNICEF a expliqué à l’assistance la « Situation nutritionnelle en République Démocratique du Congo (RDC) ». De prime abord, elle a souligné que notre pays connaissait des sérieux problèmes de nutrition ; et que les principaux problèmes de santés liés à la nutrition sont la malnutrition, les carences en micronutriments (avitaminose A, carence en fer, TDCI) et l’obésité qui émerge à 4,1% au sein des enfants selon l’Enquête sur la Démographie et la Santé (EDS).

Présentant les conséquences ravageuses de la malnutrition, Dr Annie Mitelezi a attiré l’attention de toute l’assistance sur son surnois. Elle est souvent invisible à l’œil nue et est la résultante directe de deux causes : l’apport alimentaire insuffisant et les maladies. Ces deux causes ont des effets pervers sur la santé et parviennent à provoquer la malnutrition aiguë qui favorise elle-même d’autres maladies, réduit l’immunité et augmente significativement les décès. A ce sujet, le médecin a souligné que le risque de mortalité pour un enfant souffrant de malnutrition aiguë est de 4 à 9 fois plus élevé que pour un enfant non malnutri. Et que près de 45% de décès sont attribuables à la malnutrition. En ce qui concerne la malnutrition chronique, Dr Annie Mitelezi a noté que celle-ci s’installe tôt dans l’organisme de l’enfant, généralement durant les 1.000 premiers jours, depuis le début de la grossesse. Elle est moins visible, mais ses effets sont irréversibles.

Malnutrition aiguë : les effets irréversibles et risques d’échouer à l’école

L’UNICEF est fortement préoccupée et prévient que l’installation précoce de la malnutrition dans le fœtus et l’organisme d’un bébé a de sérieuses conséquences sur l’avenir de ce dernier. D’abord, le développement et la ramification des neurones (cellules favorisant l’intelligence) sont altérés,  limitant gravement ainsi, et pendant toute la vie, les capacités cognitives de l’enfant. Sur le plan de l’Education, la malnutrition réduit la capacité intellectuelle et le rendement de l’enfant à l’école. Dr A. Mitelezi a souligné aussi que le « stunting » augmente de 16% le risque d’échouer au moins une fois à l’école ; et à 2 ou 3 ans, il y a associations significatives entre stunting et les déficits cognitifs ultérieurs provoquant un quotient intellectuel (QI) inférieur. Plus tard, à l’âge adulte, une personne qui a été malnutrie durant les 1.000 premiers jours de son existence (à compter du début de la grossesse) aura des sérieuses difficultés pour s’auto-suffire sur le plan de la productivité économique.

En RDC : une femme sur dix est mal nutrie

En évoquant les différentes enquêtes réalisées au niveau de la RDC, Dr A Mitelezi a expliqué que ce mal qu’est la malnutrition aiguë a une tendance à la baisse. Toutefois, 1/10 enfant continue d’en souffrir et que depuis dix ans, sa prévalence (43%) stagne au niveau de la moyenne nationale. Elle a signalé que le poids de l’enfant à la naissance est un indicateur qui renseigne sur l’état nutritionnel de la mère et comporte une série de risques graves pour la santé des enfants. Poursuivant ses explications, elle a montré qu’en RDC, presque une femme sur dix est mal nutrie (19%) et que les femmes du milieu rural sont plus touchées que celles du milieu urbain. Par contre, bien qu’à la baisse, la carence en fer (anémie) chez les femmes qui allaitent (FIFA) et les enfants de moins de 5 ans reste toujours élevée en RDC ; et que 61% d’enfants de 6 à 36 mois souffrent toujours de la carence en vitamine A.

                        SAKAZ

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