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30/10/2015

Le bras de fer se poursuit entre la RDC et Me Tshibangu lephare 29 octobre 2015

Le bras de fer se poursuit entre la RDC et Me Tshibangu

tshibangu kalalaLa République Démocratique du Congo risque de se retrouver sans pièces à conviction le 6 janvier 2016 devant la Cour Internationale de Justice, à La Haye, aux Pays-Bas, dans le contentieux qui l’oppose à l’Ouganda et en rapport avec l’occupation militaire de la partie Est du pays de 1998 à 2003.

Invité hier mercredi 28   à l’Assemblée Nationale pour éclairer la lanterne des députés nationaux sur ce dossier, le ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, a accusé MeTshibangu Kalala de bloquer le dossier préparé par des experts congolais et étrangers pour obtenir l’indemnisation de la partie congolaise.

A l’en croire Me Tshibangu, président du collectif d’avocats de la RDC, qui avait permis à la RDC de gagner son procès face à l’Ouganda devant la Cour Internationale de Justice, en décembre 2005, exigerait des arriérés d’honoraires de l’ordre de 119.000 Euros et 35 .000 dollars des frais de mission relatif à un de ses séjours en Ouganda, alors qu’il avait déjà perçus 800.000 dollars sur les 2 millions d’honoraires exigés pour les prestations de son équipe, avant de libérer les dossiers et toutes les pièces à conviction se trouvant entre ses mains.

Le ministre de la Justice a fait savoir que Me Tshibangu a affirmé dans sa dernière lettre adressée au gouvernement via son ministère que ledit dossier serait gardé dans son coffre-fort, en Belgique. D’après Thambwe Mwamba, cet avocat poserait comme préalable pour libérer le dossier,  sa remise en liberté pour faire le déplacement de Bruxelles, et l’engagement du gouvernement congolais de lui rétrocéder 15 % du montant des indemnités que l’Ouganda payerait à la RDC.

Il a martelé que le gouvernement congolais n’entend pas céder au chantage de Me Tshibangu qui doit, selon lui, obligatoirement libérer le dossier, vital pour la République, sous peine d’être accusé de haute trahison.

Le ministre de la Justice a rappelé que Me Tshibangu, déjà révoqué par l’ancienne ministre Mumba comme avocat de la République, s’est montré sourd à tous les appels, même celui du Bâtonnier national Matadiwamba, lui demandant de restituer à la République Démocratique du Congo le dossier pour lui permettre de recouvrer ses droits.

 

Réplique du député Alonga

 

            Dans son intervention, l’auteur de la question d’information, le député Alonga, a parlé plutôt d’un conflit d’intérêts entre Me Tshibangu Kalala et sa « cliente », la République Démocratique du Congo. Il a révélé que ce dossier, imaginé et initié par Me Tshibangu, serait récupéré par le cabinet du ministre Thambwe Mwamba, de surcroit avocat,  comme ce fut le cas, en son temps, avec le cabinet de l’ex-ministre Mumba.

Le député Alonga a plaidé en faveur de Me Tshibangu qui, a-t-il estimé, a le droit de réclamer, comme tout avocat impliqué dans un dossier, ses honoraires, surtout qu’il en était le concepteur.

            Par contre, le député Mayo a conseillé à Me Tshibangu de privilégier les intérêts du pays, en libérant le dossier, au lieu de porter préjudice à la Nation.

            Pour rappel, dans son arrêt du 5 décembre 2015, la Cour Internationale de Justice avait condamné l’Ouganda pour avoir occupé illégalement  une partie du territoire congolais de 1998 à 2003 et causé des dégâts directs et collatéraux.

            Cette juridiction internationale avait recommandé aux deux pays de trouver un arrangement à l’amiable afin que l’Ouganda indemnise la RDC.

            Faute de compromis, les deux parties sont attendues au début du mois  janvier 2016 pour être départagées.

            En attendant ce procès, Me Tshibangu continue à croupir dans sa cellule de la Prison Centrale de Makala. A deux mois de la réouverture du procès devant la Cour Internationale de Justice, le bras de fer se poursuit entre l’avocat et sa « cliente ». Mais, à l’Assemblée Nationale, la réconciliation entre la RDC et son avocat est suggérée par de nombreux élus, sinon il serait impossible de sortir de l’impasse.

ERIC WEMBA

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