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31/10/2015

[ Grand format ] – RDC : Goma la volcanique, comme on ne vous l’a jamais racontée 30 octobre 2015 à 13h14 — Mis à jour le 30 octobre 2015 à 14h11

 

[ Grand format ] – RDC : Goma la volcanique, comme on ne vous l’a jamais racontée

30 octobre 2015 à 13h14 — Mis à jour le 30 octobre 2015 à 14h11

Lorsqu'on évoque Goma, c'est trop souvent pour parler des exactions qui meurtrissent la région des Grands Lacs : massacres de civils, violences sexuelles, pillages ou déplacements de populations. Pourtant la capitale du Nord-Kivu possède un autre visage... À la fois paisible, vivant et entreprenant. Suivez le guide !

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À Goma, Kinshasa n’est pas, n’est plus la référence. La capitale de la RDC, située à l’extrême-ouest du pays, ne fait pas rêver. Ici, les jeunes ont les yeux tournés vers l’Est. « Que ce soit pour aller poursuivre des études ou se lancer dans un business, lorsque l’on vit à Goma, c’est mieux de ‘jongler’ entre Kigali, Kampala ou Nairobi que d’aller à Kinshasa », explique Patrick Abega. « En plus, dans le cadre de la CEPGL [Communauté économique des pays des Grands Lacs, NDRL], les Congolais peuvent circuler librement, sans visa, au Rwanda et au Burundi », ajoute ce Gomatracien de 28 ans, rédacteur en chef de Hope Channel, la deuxième chaîne de télévision la plus suivie du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC. Une télévision qui à elle seule laisse transparaître le tropisme anglophone, très est-africain, de la région.

Ce jour-là, le ciel est bleu. Il fait beau, frais. On est loin du soleil tropical féroce qui luit partout ailleurs dans le pays. Patrick Abega nous ouvre la porte de sa rédaction. Nous le suivons dans une petite pièce au rez-de-chaussée. Des journalistes jeunes, âgés entre 25 et 35 ans, l’attendent pour la conférence de rédaction. « Comme vous le voyez, tous les jeunes gens n’ont pas rejoint les groupes armés pour porter des kalachnikov et terroriser la population », glisse-t-il entre deux « jambo ! » (bonjour, en swahili) adressés à ses collègues. « Ils ont choisi d’être là pour essayer de faire bouger les lignes avec leurs caméra et leurs micros ! »

Sous les volcans

Construite sur la rive droite du lac Kivu, cernée par la chaîne volcanique des Virunga dont deux cratères sont encore en activité – le Nyiragongo et le Nyamulagira -, Goma voudrait désormais recouvrer son statut d’antan : celui de capitale touristique de la RDC. Car la ville ne manque ni de ressources ni de richesses à faire valoir, et les conflits armés à répétition qui ont éclaté après 1994 (année de l’arrivée massive des réfugiés rwandais après le génocide des Tutsis) ou les récentes éruptions volcaniques ne sont pas parvenus à entamer son charme.

C’est d’ailleurs sur les couches de la lave solidifiée du Nyiragongo, qui s’était épanché dans la ville en 2002, qu’une bonne partie de la capitale du Nord-Kivu s’est reconstruite, offrant à plusieurs immeubles leur aspect si particulier, en pierres de lave. « Cette couleur noire est devenue une marque de fabrique que l’on aperçoit sur la plupart des infrastructures de la ville », commente Willy Kambale, agent immobilier. « Après l’éruption, les maisons réhabilitées ou construites à Goma ont pris de la hauteur : les premier et deuxième, voire troisième étages d’hier, submergés par la coulée de lave, sont devenus des rez-de-chaussée d’aujourd’hui », précise-t-il.

Patrimoine mondial de l’humanité

Mais le statut touristique de Goma provient davantage du milieu naturel exceptionnel qui l’entoure que de la beauté toute relative de ses constructions. Bâtie sur l’ancien Mont Goma, la ville s’élève au cœur de sites classés par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité. Il en est ainsi du parc national des Virunga, qui regorge d’une faune et d’une flore exceptionnelles et abrite notamment la dernière population de gorilles de montagnes.

« Au-delà de ces considérations, le parc joue [également] un rôle crucial au sein de la communauté avec son fort potentiel économique », explique Mélanie Gouby, journaliste française au centre de la trame narrative du documentaire Virunga, nominé cette année aux Oscars. « Avant la guerre, le tourisme représentait la toute première industrie de la région, ajoute-t-elle. Protéger les gorilles, c’est donc protéger le potentiel économique du parc. » Et, par extension, celui de Goma.

Trésor Kibangula/J.A.

Ça bouge… un peu !

Avec une jeunesse pleine d’énergie et de créativité, la ville ne cesse d’entreprendre. À l’image de ces tshukudu, trottinettes en bois fabriquées avec les moyens du bord et capables de transporter jusqu’à 300 kg de marchandises pour certains. L’engin, devenu le symbole de la laborieuse capitale volcanique, est omniprésent dans les rues. Au point qu’on lui a même consacré un monument !

Trésor Kibangula/J.A.Trésor Kibangula/J.A.

Une imposante statue de tshukudu, dont la construction a été financée par un riche homme d’affaires local, triomphe ainsi au centre de l’un des ronds points de l’incontournable boulevard Kanyamuhanga, qui traverse presque toute la ville. L’une des rares routes en bon état et asphaltée, les autres étant soit caillouteuses soit poussiéreuses. Mais « des efforts sont en cours pour moderniser la voirie urbaine », rassure Roger Malinga, conseiller politique de l’autorité provinciale. Sur fonds propres du gouvernorat, mais aussi avec l’appui de partenaires extérieurs. Même la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco), qui a transféré son quartier général dans la capitale du Nord-Kivu, participe à la réhabilitation de quelques tronçons routiers.

Des gens osent de nouveau investir à Goma

À l’instar de ses routes, Goma connaît aussi un relooking dans le domaine immobilier. De grands chantiers sont visibles un peu partout dans la ville. De superbes hôtels s’alignent tout le long du lac Kivu. Le revers de la médaille, c’est qu’il n’existe pas de plage aménagée pour la population. « Ils construisent partout et n’importent comment », se plaint un riverain. À qui la faute ? Notamment « à l’absence de la planification urbaine », répond Déo Kujirakwinja, enseignant à l’Institut supérieur de tourisme.

Reprise économique

Qu’à cela ne tienne, la reprise économique est bel et bien là. « Des gens osent de nouveau investir à Goma », se réjouit Christophe Kenge, 34 ans. Natif de la ville, celui-ci est rentré l’année dernière dans son « terrain » après plus de 10 ans passés à l’étranger. « Je suis revenu pour apporter ma pierre à la reconstruction de ma ville », affirme ce jeune responsable d’un magasin de prêt-à-porter qui vient d’ouvrir ses portes près du boulevard Kanyamuhanga.

Non loin de sa boutique, c’est l’enseigne « Au bon pain » qui s’était installée l’année dernière. Un symbole fort : il s’agit de la première boulangerie moderne du Nord-Kivu, avec à sa tête un pâtissier recruté à Toulouse, dans le sud de France. Seul bémol : tous les Gomatraciens ne peuvent pas se permettre d’y déguster une tasse de chocolat-chaud à… 2 000 francs congolais (soit deux euros) !

En conséquence, la clientèle ressemble trop souvent à un club d’expatriés. Onusiens et autres chercheurs étrangers travaillant dans la région s’y donnent rendez-vous pour parler droits de l’homme, renouvellement du mandat de la Monusco ou traque en cours des rebelles rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

Un ville-frontière

Le soleil décline, c’est la fin de la journée. Il est temps d’aller tâter le pouls à la frontière rwandaise, à 15 minutes en moto-taxi du centre-ville, à l’endroit que l’on surnomme la « petite barrière ». Nous sommes à Birere, la commune la plus populaire de Goma. Dès 17 heures 30, le rythme s’accélère. Des milliers de personnes, commerçantes pour la plupart, se précipitent pour traverser la frontière avant sa fermeture officielle à 18 heures. Le mouvement est presque à sens unique. Direction : district de Rubavu, au Pays des mille collines. Mais l’attente est parfois longue : côté congolais, le désordre administratif est… plutôt bien organisé.

Policiers et agents de l’immigration s’affairent à se remplir les poches comme ils le peuvent, c’est-à-dire sur le dos des citoyens rwandais et congolais pressés. « Vous devez payer 400 francs congolais [environ 0,4 euros] », grommelle une policière. Sous ses yeux, une proie de dernière minute : un trentenaire, handicapé moteur, qui fait du transport transfrontalier de marchandises sur son vélo à bras. Si une certaine coutume l’autorise à ne pas payer de taxes en raison de son infirmité, il n’est en revanche pas exempté pour les biens qui ne lui appartiennent pas.

« C’est une activité lucrative ici pour les personnes handicapées vivant de part et d’autre de la frontière », explique un agent d’immigration. « Certaines personnes vivant avec un handicap s’organisent même dans des ONG et des associations pour mener à bien leur business entre Gisenyi et Goma », ajoute-t-il, placide derrière ses lunettes de soleil toutes noires.

À quelques centaines de mètres de là, sous le regard impassible des soldats rwandais et congolais commis à la surveillance de leurs frontières respectives, de jeunes congolais jouent au billard « made in Birere ».

Trésor Kibangula/J.A.

D’autres s’offrent une partie de football sur un terrain des plus orignaux : la zone neutre entre le Rwanda et la RDC. Ou du moins ce qu’il en reste : ces dernières années, les constructions ont poussé comme des champignons, la réduisant à une simple bande de terre de quelques mètres de large. Côté rwandais, les maisons sont généralement bâties en matériaux durables – il y a même des villas dignes de nouveaux riches. Celles-ci bordent le quartier dit « RCD », l’acronyme de Rassemblement congolais pour la démocratie, un ancien mouvement rebelle, aujourd’hui parti politique congolais, dont certains membres, essentiellement ceux d’expression kinyarwanda, ont acquis des terrains près de la frontière congolaise. Soupçonné de bénéficier du soutien de Kigali – ce que ce dernier a toujours démenti -, le RCD était également accusé dans plusieurs rapports onusiens, voire dans les enquêtes d’ONG spécialisées, d’être impliqué dans l’exploitation illégale des ressources naturelles dans les zones de l’Est qu’il a contrôlé entre 1998 et 2003.

Gisenyi et Goma, comme l’original et sa copie

Côté congolais, en face du beau quartier « RCD », des taudis en bois, parfois en tôle, sont accolés les uns aux autres dans un amas indescriptible. Bienvenue à Birere Makoro ! Le quartier est dépourvu de tout. Pour s’approvisionner en eau par exemple, les riverains doivent traverser la zone neutre. Le voisin rwandais a gentiment aménagé une fontaine à deux pas de chez eux. Pour 20 litres d’eau, comptez deux cents francs rwandais ou congolais (environ 0,2 euros, les deux monnaies sont quasiment équivalentes).

Le couple RCD / Birere Makoro fonctionne un peu comme celui formé par les villes de Gisenyi, au Rwanda, et sa sœur voisine de Goma, en RDC. La seconde paraît comme le prolongement de la première. « Mais en moins bien », tient à relever Anicet Luani, étudiant à l’Unigom, université publique congolaise dans le Nord-Kivu.

« Les routes sont propres et entretenues là-bas, sacs en plastique interdits. Ici, la plupart de nos artères sont poussiéreuses, voire impraticables à certains endroits », explique le jeune homme de 28 ans. « Gisenyi et Goma, c’est comme l’original et sa copie, poursuit-il. Certes, les motards roulent ici avec des casques comme ceux du Rwanda. Mais la ressemblance s’arrête là : car si à Kigali ou à Gisenyi, il s’agit de vrais casques pour assurer la protection du conducteur du taxi-moto et de son passager, chez nous, ce sont des leurres pour éviter les tracasseries de la police de roulage ».

Faites entrer les artistes !

Mais il y a bien un sujet sur lequel la capitale du Nord-Kivu peut être citée en exemple dans toute la région. Celui du dynamisme artistique. Goma vit. Goma vibre. Tous les artistes de la région s’y réunissent par exemple chaque année à l’occasion du Festival Amani. Ils viennent du Rwanda et du Burundi, mais aussi d’ailleurs sur le continent. Le Malien Habib Koité et l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly ont notamment pris part à l’événement en février 2015, réservant au public des spectacles mémorables.

Voir le diaporama : les meilleurs moments du Festival Amani 2015

Depuis mars 2014, les créateurs  et les artistes de Goma ont trouvé un autre repère : Kivu Nuru. C’est une initiative de Mapendo Sumuni, 31 ans. Cette jeune passionnée de mode, responsable de la « maison d’art » explique : « Au départ, je travaillais seule. Mais très vite, je me suis rendue compte qu’il fallait collaborer avec les autres artistes pour mettre également en valeur leurs œuvres. Non seulement, Kivu Nuru promeut les artistes de la ville, mais la plateforme sert également à exposer et à vendre leurs œuvres ». Pour attirer l’attention du public, un défilé de mode, un « dîner en blanc » et un marché de Noël sont organisés chaque année dans la ville.

Trésor Kibangula/J.A.

Certains artistes espèrent s’installer à Goma. Pam Martens, 30 ans, s’apprête même à y reposer ses valises. Elle a quitté la ville il y a plus de vingt ans pour aller vivre à Bruxelles. Aujourd’hui, styliste, elle est revenue présenter sa collection « King Kongo » lors du Festival Amani. « C’est ma seule façon d’aider : vendre des T-shirts et donner les bénéfices qui en résultent aux associations qui s’occupent notamment des enfants orphelins et victimes de violences », souligne-t-elle.

Gorille couronné mais en larmes, masques rega, effigies de Patrice-Emery Lumumba… La collection « King Kongo » interpelle. Comme les chansons de Robert Paluku, artiste musicien populaire dans la ville de Goma. Trentenaire lui aussi, celui qui se surnomme Robat King se démarque du très dansant ndombolo kinois. « Je fais de l’éducation sociale », s’exclame-t-il, la guitare dans les bras.

Dans mes chansons, je parle de ce qui se passe à Goma

« Dans mes chansons, je parle de ce qui se passe dans ma ville, dans ma province (..), de la sécurité qui est souvent menacée dans le Nord-Kivu », ajoute Robat King avant d’interpréter l’un de ses tubes. Comme beaucoup de monde, le chanteur rejette l’étiquette de « ville-martyre » qui colle à Goma. « C’est [plutôt] une ville d’espoir », soutient l’artiste. Un vent nouveau souffle-t-il enfin dans l’est de la RDC ?

 

Trésor Kibangula
 
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Matata Ponyo : plus de peur que de mal ! lephare

Matata Ponyo : plus de peur que de mal !

 

gouuvernementAprès les critiques acerbes enregistrées lors du débat général sur la loi de reddition des comptes 2014 par le ministre des Finances, puis sur le projet de budget 2016 par le Premier ministre, notamment au sujet des dépassements budgétaires, de mauvaises imputations des dépenses, du non respect des rubriques libellées, l’opinion pensait que Matata Ponyo allait être recalé à l’Assemblée nationale. Mais comme le dit l’adage, il y a eu plus de peur que de mal.

Hier mercredi 28 octobre, la plénière de l’Assemblée nationale a finalement déclaré recevable le projet de budget 2016 à l’issue des explications du chef du gouvernement aux préoccupations lui exprimées le lundi 26 octobre 2015 lors de la présentation de cette loi de finances de l’exercice prochain. 

Prenant la parole à cette occasion, Augustin Matata Ponyo a regroupé les préoccupations lui adressées en cinq points, à savoir : stabilité du cadre macroéconomique,  investissements porteurs et création d’emplois, réformes institutionnelles et de l’administration publique, organisation des élections, mobilisation des recettes.

Avant de se livrer au périlleux exercice de répondre aux questions lui posées, il a d’abord reconnu que malgré des avancées enregistrées les défis à relever restent d’importance.

A propos du paradoxe selon lequel malgré la forte croissance vantée par le gouvernement, le taux de pauvreté reste très élevé, le 1er ministre a fait remarquer qu’il n’y a pas de lien direct entre le croissance économique et l’augmentation automatique des recettes. D’autres paramètres peuvent faire en sorte que la croissance ne puisse pas entraîner l’augmentation immédiate des recettes.

Dans ce dossier lié à la croissance, il a soutenu que le PIB national s’est amélioré depuis 2014, et que n’eut été la guerre, les conditions de vie des Congolais auraient déjà changé.

En outre, il renseigne que le gouvernement concentre des moyens pour développer les secteurs de base, en l’occurrence la santé et l’éducation.

Concernant l’éducation, il a affirmé qu’à ce jour près de 500 écoles construites et équipées sont déjà opérationnelles, en plus de 250 autres en chantier. Avant d’annoncer que le programme de construction et équipement des écoles va se poursuivre, et cela dans chaque territoire à travers le pays.

Pour clore dans ce chapitre lié au secteur de l’éducation, le Premier ministre a exprimé sa joie d’avoir augmenté le budget de l’Education qui s’élève aujourd’hui à près de 15% du budget national.

De même, il promet la poursuite de la construction des stades municipaux et d’en implanter dans chaque territoire à travers la République. Comme point d’achèvement, il dotera chaque chef-lieu des provinces d’un stade omnisports. Puis, il a annoncé l’inauguration incessamment de quatre stades municipaux pilotes à Kinshasa.

Pour ce qui est du chômage, il a indiqué que des efforts sont déployés. Mais, il faudra encore plusieurs années pour atteindre un niveau acceptable.

Quant au différentiel entre les taux élevés des banques commerciales pour avoir des devises étrangères, alors que la Banque centrale maintient son taux directeur à 2%, Matata Ponyo a laissé entendre que des efforts sont en train d’être menés pour changer les choses.

            C’est ici que le Premier ministre s’est visiblement attaqué au député Simon Mbatshi Batshia qui avait fustigé des taux bancaires trop élevés lors du débat. Après avoir énuméré les différentes fonctions occupées, dont deux fois numéro un dans des entreprises du portefeuille, dans le temps par le gouverneur honoraire du Bas-Congo, le premier ministre a chuté en renseignant que lesdites entreprises sont malheureusement tombées en faillite. Une façon de dire que le concerné n’a pas de leçon à lui donner en matière de gestion publique. Une déclaration qui a suscité des chahuts dans la salle en signe de protestation.

            Parlant du secteur énergétique, il a dit que plus de 3 milliards de dollars sont injectés dans ce secteur en vue d’assurer la bonne desserte en électricité et en eau potable à travers le pays. Les barrages de Katende et de Kakobola sont également pris en compte dans ce programme.

            Concernant le processus de transformation des entreprises publiques amorcé en 2010, il a annoncé qu’à ce jour, 14 entreprises publiques ont bouclé leur processus de transformation.

            Pour les réformes institutionnelles et de l’administration publique, il promet de les poursuivre en s’impliquant lui-même. Car, a-t-il déclaré à ce sujet, la réforme de l’administration publique est une nécessité.

La bancarisation, qui vise à maîtriser les effectifs et les masses salariales en vue de l’amélioration des conditions salariales et de travail, fait partie des réformes à mener dans l’administration publique.

            C’est en marge de cette préoccupation que le 1er ministre s’est réjoui des efforts d’amélioration de salaires qu’il a menés. A titre d’illustration, il a dit qu’en 2004 lors de la négociation du barème de Mbudi, un huissier touchait 8.000 Fc, et aujourd’hui, il touche l’équivalent de 90$, et le Secrétaire général environ 1600$, salaires et primes confondus. Ce qui n’est pas loin dudit barème qui prévoyait 2500$ pour le SG..

            Concernant la décentralisation que d’aucuns qualifient de précipitée et mal préparée, Matata Ponyo a répondu qu’il s’agit d’un processus irréversible même s’il connait des difficultés. Avant d’annoncer la nomination dans les tout prochains des animateurs des nouvelles provinces, en attendant l’organisation de l’élection des gouverneurs.

            Réagissant enfin aux préoccupations relatives à la mobilisation des recettes, il a rassuré les députés et particulièrement l’auteur de la question, Henri Thomas Lokondo, que le gouvernement a terminé complètement le travail d’installation du guichet unique. L’inauguration interviendra bientôt, a-t-il promis. Même chose en ce qui concerne l’exploitation commune du pétrole du plateau continental, où il renseigne que le travail est avancé avec l’Angola.

            Enfin, le premier ministre a promis à l’Assemblée nationale qu’il observera toutes les suggestions et critiques émises en marge du débat sur le projet de budget 2016.

            Après le vote de recevabilité, le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku a tenu à rappeler à ses collègues membres de l’Ecofin la lourde responsabilité qu’ils ont d’accélérer le travail, afin de ne pas dépasser le délai imparti. La commission doit travailler du 29 octobre au 15 novembre 2015. Car, a-t-il indiqué, l’Assemblée nationale dispose de 40 jours et le Sénat de 20 jours pour adopter le budget au terme de la loi.

Dom

Dossier syrien: L’Iran fait son entrée CHRISTOPHE LAMFALUSSY Publié le jeudi 29 octobre 2015 à 18h50 - Mis à jour le vendredi 30 octobre 2015 à 14h08

 

Dossier syrien: L’Iran fait son entrée

CHRISTOPHE LAMFALUSSY Publié le jeudi 29 octobre 2015 à 18h50 - Mis à jour le vendredi 30 octobre 2015 à 14h08

INTERNATIONALSyrie Pour la première fois, un ministre iranien participe aux pourparlers entre grandes puissances.

Si les Etats-Unis ont abandonné l’expression de l’"Axe du mal" chère à George Bush, lequel plaçait l’Iran parmi les Etats infréquentables, l’Iran des mollahs, lui, continue de qualifier les premiers de "Grand Satan", même après l’accord nucléaire entre l’Iran et six grandes puissances. "Le peuple iranien a mis à la porte ce Satan, il ne faut pas le laisser entrer par la fenêtre", a averti le 9 septembre l’ayatollah Ali Khamenei.

Pourtant, jeudi, un changement majeur s’est produit, cette fois-ci sur le dossier syrien. L’Iran a pour la première fois participé à une réunion internationale sur la Syrie. En lever de rideaux à Vienne, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a rencontré le secrétaire d’Etat américain John Kerry, avec qui il a tissé des liens personnels lors des négociations sur le nucléaire, qui ont duré près deux ans.

Mais la chimie personnelle entre les deux hommes n’explique pas tout. L’intervention russe en Syrie, que soutient fortement l’Iran en dépêchant sur place ses Gardiens de la Révolution, a aussi provoqué un nouveau sursaut dans les négociations. Plusieurs pays européens, dont la Belgique, sont depuis longtemps en faveur de l’inclusion de l’Iran, allié proche de Bachar al Assad, dans les pourparlers.

Le chef de la diplomatie iranienne devait dans la soirée prendre part à une multilatérale avec les Etats-Unis, l’Union européenne, la France, la Turquie, la Russie et l’Arabie saoudite. Selon le Département d’Etat américain, il s’agit de définir "le cadre multilatéral nécessaire à une transition fructueuse en Syrie qui permette la formation d’un exécutif dont Bachar al Assad ne serait pas le chef".

Russes et Américains ont rapproché leur position. Comme John Kerry l’a souligné mercredi soir à Vienne, ils s’entendent sur le fait que Daech doit être combattu, qu’il est "impératif de sauver l’Etat syrien et les institutions sur lesquelles il est bâti" et qu’il faut des élections en Syrie pour choisir un nouveau gouvernement.

Ni le gouvernement de Damas ni les rebelles syriens n’ont été invités à Vienne.

La transition avec Bachar al Assad

Car, pour le moment, les grandes puissances souhaitent trouver un terrain d’accord sur la période de transition qui permettra de passer du régime de Bachar al Assad à un gouvernement élu. L’Arabie saoudite insiste pour que l’Iran accepte le départ définitif du leader syrien, dont la famille contrôle le pays depuis 1970.

L’intervention russe donne un nouvel élan à l’armée syrienne et renforce la position de négociation de Damas, mais aussi celle de la Russie.

La question que tout le monde pose est la suivante : Moscou cherche-t-il à écraser totalement l’opposition armée syrienne ou, seulement, obtenir un levier de pression suffisant Damas, quitte à donner in fine à Bachar al Assad le baiser de Judas ?Ch. Ly.