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03/11/2015

Pistes pour la relance de la production d’huile de palme en RD Congo

Pistes pour la relance de la production d’huile de palme en RD Congo

huile de palmeAprès deux jours des travaux en atelier, du 28 au 29 octobre au Centre catholique Nganda à Kintambo, une quarantaine d’exploitants d’huile de palme en RD Congo ont dressé un chapelet des recommandations afin de promouvoir l’expansion de palmeraies en RDC. Partant du thème : « Croissance verte et partenariat gagnant-gagnant dans le secteur de l’huile de palme : quelles perspectives pour la RDC ? », ceux-ci ont partagé et consolidé leurs expériences, identifié les défis et solutions à la production durable d’huile de palme. Dans le lot des résolutions, ils se sont convenus de créer un cadre national permanent d’échanges, évaluation et suivi de l’approche ‘’ Croissance verte et partenariat tripartite gagnant’’ dédié à la chaîne de valeur huile de palme.
 
Ils ont également suggéré la mise sur pied d’une feuille de route axée sur la croissance verte et le partenariat gagnant-gagnant ; l’élaboration d’une politique stratégique de la croissance verte ; l’aménagement d’un planning pour la coordination et le suivi des actions-intentions projetées ; l’accès aux capitaux/crédits agricoles ; l’alignement au plan/fonds d’investissement stratégie REDD + RDC, la structuration de petits producteurs au niveau local et national ; la priorisation de recherche ; etc.
 
Venus pour la plupart des zones de production reconnues comme telles, que le Mayumbe, le Kwilu, l’Equateur, l’e-Province Orientale ainsi que celles du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et Maniema, les récipiendaires ont été recrutés dans les milieux des entreprises d’exploitation d’huile opérationnelles, des organisations de développement engagées dans la chaine de valeur palmier à huile, des syndicats et associations de défense des droits  humains, des institutions nationales et provinciales, des réseaux, etc.
                              
Les craintes 
 
Sous l’impulsion d’OXFAM NOVIB et de CACUDEKI Asbl, les participants ont également débattu de la manière de poursuivre l’appui au développement du secteur huile de palme, l’augmentation du revenu rural, la sécurité alimentaire, sans détruire la forêt, l’investissement du secteur privé, la préservation des droits primordiaux des communautés autochtones (gestion durable des terres et eaux, les moyens de subsistance durable), etc.
 
Cependant, Ils ont exprimé une série de craintes concernant leur survie dans un environnement dominé de plus en plus par des « ogres » d’exploitation industrielle. « Nous craignons l’écrasement de petits producteurs ; l’envahissement de nos concessions par les populations riveraines ; la non implication des intérêts dans le processus ; l’absence d’un plan d’action concret et applicable ; la non implication du petit paysan ; l’absence d’un engagement concret du gouvernement de la RDC ; le manque d’un mécanisme de suivi de la feuille de route ; etc. ».
            En guise de réponse, les organisateurs ont indiqué que ce 1er atelier exploratoire d’intérêt s’inscrit dans une démarche introductive de la vision et des modèles basés sur l’apprentissage dans le cadre RSPO (Round table for Sustainable Palm Oil, une plate-forme pour la certification croissance verte et de partenariat gagnant-gagnant) et avec des petits producteurs et d’engagement des acteurs du secteur. «  Les modèles ‘Croissance verte et FAIR’ ont été développés et expérimentés avantageusement par OXFAM et ses alliés dans plusieurs pays (Indonésie, Malaisie, etc.) dont l’opérationnalisation des principes doit se lier au contexte spécifique de chaque pays. La capitalisation de ces expériences des autres partenaires serait profitable dans ce processus… », ont assuré les organisateurs.
 
            Il convient de noter que jusqu’aux années’ 75, la RDC était comptée parmi les grands producteurs et exportateurs d’huile de palme au monde. La Zaïrianisation de l’économie en 1973 et les longues années de guerres ont eu pour conséquence l’abandon, l’inexploitation des plantations et l’effondrement de l’ensemble du marché de l’huile de palme. Pourtant, a estimé un expert du secteur, le potentiel est énorme. Plus de 60.000 tonnes sont importées pour couvrir les besoins nationaux. Le secteur artisanal a toujours persisté et continue d’approvisionner un marché essentiellement intérieur. On note un fort dynamisme de la plantation villageoise.
            Pour lui, face à la forte croissance de la demande sur le marché national et international, la RDC offre de sûres opportunités pour le développement de grandes plantations de palmier. “ La RDC est à la route de vagues d’acquisitions et d’investissements par des entreprises d’huile de palme. Cependant, l’expansion incontrôlée de la culture industrielle et des projets de monoculture à grande échelle du palmier à huile peut non seulement s’avérer catastrophique pour l’environnement en accélérant le changement climatique, mais elle risque aussi d’aggraver les problèmes sociaux et économiques déjà amplifiés par une décennie de conflits armés en RDC”, a-t-il alerté.
Tshieke Bukasa
 

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