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19/11/2015

Le Sénat rwandais signe un scandale : Paul Kagame reste au pouvoir jusqu’en 2034

Le Sénat rwandais signe un scandale : Paul Kagame reste au pouvoir jusqu’en 2034  


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Le schéma burundais est entrain de faire école dans d’autres pays de la région des Grands Lacs dont les chefs d’Etat, à l’instar de Denis Sassou N’guesso, Joseph Kabila, Paul Kagame, et Yoweri Kaguta Museveni, tiennent à tout prix à se maintenir au pouvoir au-delà des limites instituées par les lois fondamentales de ces pays.

Tenez !Le Sénat rwandais a, à son tour, adopté la modification de la Constitution permettant au président rwandais de se représenter en 2017. La modification avait déjà été adoptée à l’Assemblée nationale. Avec cette modification, le président Paul? Kagame? pourra potentiellement rester au pouvoir jusqu’en 2034.

Après le vote du Sénat rwandais, ce projet de constitution sera soumis au référendum, un boulevard qui permettrait à Paul Kagame de cumuler, en plus de ses deux premiers mandats, un mandat de sept ans et deux mandats de cinq ans, soit 31 ans de pouvoir sans alternance.

En effet, l’article 101, remanié par les députés rwandais, stipule que le président de la République est  » élu pour un mandat de cinq ans et ne peut être réélu qu’une seule fois « , alors que la Constitution actuellement en vigueur prévoit deux mandats présidentiels de 7 ans. L’article 172 ajoute à cela la possibilité pour le président en exercice de briguer un mandat de 7 ans, avant d’être élu ou réélu pour les deux mandats de 5 ans prévus dans l’article 101.

En 2017, Paul Kagame pourrait donc présider le Rwanda pendant encore 17 ans. En effet, selon Paul Kagame, le processus de modification de la Constitution émanerait d’une initiative populaire réclamant son maintien au pouvoir.

Des pétitions qui expriment le souhait de voir le président Kagame reconduit à la tête de l’État, auraient été signées par plus de 3,7 millions de rwandais, soit plus de la moitié du corps électoral.

D’après les informations, l’authenticité de cette initiative est contestable tant le FPR – Front patriotique rwandais, parti au pouvoir depuis 1994 dont les membres sont à la tête de presque toutes les structures et institutions administratives tant publiques que privées et surtout l’exécutif, auraient en grande partie orchestré ce mouvement pour lui donner les apparences de la légitimité populaire.

Coup d’Etat en douceur

Ce projet de réforme constitutionnel initié par un mouvement présenté comme populaire apparaît d’autant plus contestable qu’il s’inscrit dans un climat politique tendu au Rwanda où les partis politiques d’opposition ont été très largement réduits au silence et toute voix indépendante ou contestataire est réprimée.

Dans une tribune, Anneke Van Woudenberg et Ida Sawyer de HRW ont fait une analyse pertinente sur la manière dont les chefs d’Etat africains procèdent au changement constitutionnel pour se maintenir au pouvoir au-delà de limites tracées par leurs constitutions.

L’aval du Sénat rwandais permettant à Paul Kagame de rester au pouvoir jusqu’en 2034 est un coup dur pour la démocratie dans ce pays dominé par la terreur contre les journalistes, les opposants et les militants des droits de l’homme.

Le cas le plus illustratif est celuides organisations indépendantes de la société civile telles que la LIPRODHOR ou la LGDL et des artistes tels que Kizito Mihigo qui ont fait l’objet de pressions, de tentatives de contrôle, voir de condamnations judiciaires dénoncées par les mécanismes en charge des droits humains et de la liberté d’association des Nations-Unies, l’Union africaine et des organisations internationales de défense des droits humains et de défense des journalistes.

Dernièrement, sept membres du Comité directeur de la Ligue des Droits de la Personne dans la région des Grands Lacs (LDGL) ont été arrêtés lors d’une réunion organisée dans les locaux de la LDGL à Kabeza, district de Kicukiro, ville de Kigali, le 13 octobre 2015.

Par Godé Kalonji


(  la tempête , via www.congosynthese.com)



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