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27/11/2015

En Afrique, le pape craint plus les "moustiques" que le terrorisme

En Afrique, le pape craint plus les "moustiques" que le terrorisme

AFP ET RÉDACTION EN LIGNE Publié le - Mis à jour le

Le pape François est actuellement en passage en Afrique. Il s'agit d'ailleurs de ses premiers pas sur ce continent. Face au danger terroriste qui plane sur ce voyage, il a tenu à relativiser... avec humour.

En effet, comme le révèle Le Point, le pontife argentin a déclaré en souriant : "À vrai dire j'ai davantage peur des moustiques!"

Il faut dire que la sécurité est à son maximum pour cette visite papale. Les forces de sécurité du Kenya, d'Ouganda et de Centrafrique se sont préparés activement, car ces trois pays ont été le théâtre d'attentats ou de violences diverses ces derniers mois. Autorités kényanes et ougandaises ont ainsi déployé près de 10.000 policiers à Nairobi et à Kampala, les deux capitales où le pape doit célébrer deux messes géantes en plein air.

 "Le dialogue œcuménique et interreligieux n'est pas un luxe, ni optionnel"

Le pape François a très fermement condamné jeudi, lors d'une allocution à Nairobi (Kenya), la radicalisation des jeunes qui sont "rendus extrémistes" pour commettre des "attaques barbares" injustifiables au nom de Dieu, appelant musulmans, protestants et catholiques à résister ensemble. "Notre conviction commune est que le Dieu que nous cherchons à servir est un Dieu de paix! Son saint Nom ne doit jamais être utilisé pour justifier la haine et la violence", a t-il répété, s'adressant au deuxième jour de son voyage en Afrique aux représentants des Eglises anglicanes, luthériennes, méthodistes, pentecôtistes, ainsi qu'aux dignitaires de l'islam et des religions animistes.

"Je sais combien est vivant en vous le souvenir laissé par les attaques barbares au centre commercial Westgate (de Nairobi), à l'université de Garissa (est) et à Mandera (nord-est)", a-t-il lancé. "Trop souvent des jeunes sont rendus extrémistes au nom de la religion pour semer discorde et peur et pour déchirer le tissu même de notre société".

Pour cette raison notamment, a-t-il dit, "le dialogue œcuménique et interreligieux n'est pas un luxe, n'est pas optionnel, c'est quelque chose dont notre monde, blessé par des conflits, a toujours plus besoin". Il a "réaffirmé l'engagement" pris par l'Eglise catholique au Concile Vatican II (1962/65) pour ce dialogue.

Au nom des musulmans, Abdulghafur El-Busaiyn, président du SUPKEM (Conseil suprême des musulmans kényans), a exhorté que "comme peuple d'un seul Dieu, nous (chrétiens et musulmans) fassions front et soyons unis, que nous nous donnions la main pour tout ce qui est essentiel pour notre humanité, sans distinction de lieu, de culture, de langue, d'ethnie, de race, de statut, de politique".

"Aujourd'hui nous sommes pris par les mirages de politiques sans principe, d'affaires sans morale, de fortune sans travail, d'éducation sans caractère, de science sans humanité, de plaisir sans conscience, de religion sans spiritualité, et de compétences sans responsabilité professionnelle. Nous ne pouvons sûrement pas continuer dans cette direction", a lancé Abdulghafur El-Busaidy, qui représente les 30% de musulmans du Kenya.

Le pape dénonce l'arrogance des hommes et le mépris à l'égard des femmes

Le pape a également dénoncé les attitudes qui tendant à "favoriser l'arrogance des hommes et le mépris à l'égard des femmes", appelant à défendre la famille et à protéger "l'innocent pas encore né".

"Nous sommes appelés à résister aux pratiques qui favorisent l'arrogance chez les hommes, qui blessent ou méprisent les femmes, qui ne soignent pas les anciens et qui menacent la vie des innocents qui ne sont pas encore nés", a déclaré le pape François qui s'adressait sur le campus de l'université de Nairobi aux catholiques kényans, et plus largement africains, au deuxième jour de son voyage en Afrique.

Le pape, qui vient de présider à Rome un synode sur le famille où les évêques africains ont reproché aux Occidentaux leurs supposés laxisme et abandon de valeurs chrétiennes traditionnelles, a salué le fait que "la société du Kenya a longtemps été bénie par une solide vie familiale". citant "un profond respect de la sagesse des personnes âgées".

"La santé de toute société dépend toujours de la santé des familles. La foi dans la parole de Dieu nous appelle à soutenir les familles dans leur mission à l'intérieur de la société, à accueillir les enfants comme une bénédiction pour notre monde", a-t-il dit dans son homélie à la foule fervente malgré un temps pluvieux. Il s'exprimait en italien et ces paroles étaient traduites en anglais.

La solidité de la famille "est particulièrement importante aujourd'hui que nous assistons à l'avancée de nouveaux déserts créés par une culture du matérialisme, de l'égoïsme et de l'indifférence".

Le souverain pontife a "lancé un appel particulier aux jeunes de la nation" kényane. "Que les grandes valeurs de la tradition africaine, la sagesse et la vérité de la Parole de Dieu, ainsi que le généreux idéalisme de votre jeunesse, vous guident dans l'engagement à former une société toujours plus juste, inclusive et respectueuse de la dignité humaine".

Dans un pays non dépourvu de tensions ethniques, il leur a demandé de "rejeter tout ce qui conduit au préjugé et à la discrimination, parce que ces choses - nous le savons - ne sont pas de Dieu".

 

 

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