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01/12/2015

Colère à Rio après une bavure policière ayant coûté la vie à cinq jeunes noirs

Colère à Rio après une bavure policière ayant coûté la vie à cinq jeunes noirs

AFP Publié le - Mis à jour le

 Les familles en colère de cinq jeunes abattus lors d'une bavure policière le week-end dernier en banlieue de Rio, ville hôte des jeux Olympiques 2016, ont dénoncé mardi le climat de guerre dans leur quartier, où selon elles les pauvres sont l'ennemi.

"Ils ont été assassinés !", a lancé Monica Aparecida Santana Correa, la mère d'un jeune de 18 ans qui a péri dans la fusillade ayant criblé de balles la voiture où il se trouvait avec ses amis samedi soir à Costa Barros (zone nord de Rio).

Pour les habitants de Costa Barros, l'attaque est l'épisode le plus récent de ce qu'ils considèrent comme une guerre non déclarée contre les pauvres, noirs pour la plupart, et qui vivent dans les favelas de la ville.

"Ils ont juste vu cinq jeunes noirs dans cette voiture et les ont tués, parce que si cela avait été cinq blancs, leurs mères seraient assises ici en train de sourire au lieu de pleurer", a déclaré Mme Correa, lors d'un rassemblement des habitants en hommage aux victimes où l'AFP était présente.

"Mais ils étaient noirs, des favelas. Voilà pourquoi nos fils ont été tués, parce qu'ils habitaient à Costa Barros", a-t-elle affirmé.

Même dans une ville où plus de trois personnes sont tuées par jour et où la police est responsable de près 16% des homicides, la fusillade du week-end des cinq jeunes gens âgés de 16 à 25 ans a choqué l'opinion.

Quatre policiers militaires (PM) ont été arrêtés, accusés d'avoir tiré plus de cinquante balles de fusil contre le véhicule puis d'avoir maquillé leur tuerie en légitime défense, en plaçant un pistolet sur les lieux du crime.

Le chef du bataillon dont dépendaient les policiers a été écarté de ses fonctions lundi, selon la direction de la police militaire.

Les cinq jeunes ont été inhumés lundi soir.

Les groupes des droits de l'homme du Brésil, l'un des pays les plus violents du monde, accusent régulièrement la police de procéder à des exécutions extrajudiciaires.

Selon un rapport récent d'Amnesty International, la police de Rio a tué plus de 1.500 personnes au cours des cinq dernières années, la plupart du temps selon la doctrine de "tirer d'abord, demander ensuite".

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