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01/12/2015

Washington veut donner priorité à la lutte anti-EI, renforce son déploiement sur le terrain

Washington veut donner priorité à la lutte anti-EI, renforce son déploiement sur le terrain

AFP Publié le - Mis à jour le

Barack Obama a plaidé mardi pour que la Russie rejoigne les Occidentaux dans la lutte contre leur "ennemi commun", l'organisation Etat islamique, en exhortant Moscou et Ankara à faire taire leur querelle provoquée par un grave incident aérien.

Et sur le terrain, Washington a décidé d'intensifier son déploiement de forces spéciales en Syrie et en Irak.

Les vives tensions entre Moscou, qui mène des frappes aériennes en Syrie en soutien au régime de Bachar al-Assad, et Ankara, qui a abattu un bombardier russe la semaine dernière, viennent encore compliquer la lutte contre les jihadistes de l'EI et un éventuel règlement diplomatique du conflit syrien relancé à Vienne depuis un mois.

La poussée de fièvre turco-russe est telle que le président Vladimir Poutine a refusé de rencontrer lundi à Paris son homologue turc Recep Tayyip Erdogan en marge de la conférence sur le climat, accusant même la Turquie de couvrir le trafic de pétrole auquel se livre l'EI en Syrie.

La Turquie, membre de l'Otan depuis 1952, réfute ces accusations, assure avoir demandé à plusieurs reprises au pilote russe de quitter l'espace aérien turc avant d'abattre l'appareil et répète sur tous les tons qu'elle ne s'excusera pas.

Le président américain Barack Obama, qui a rencontré mardi à Paris M. Erdogan après avoir vu la veille M. Poutine, a exhorté les deux parties à "travailler à réduire les tensions".

"Comme je l'ai dit à M. Erdogan, nous avons tous un ennemi commun et c'est l'EI. Je veux être certain que nous nous concentrons sur cette menace et m'assurer que nous restons concentrés sur la nécessité de trouver une forme de solution politique en Syrie", a expliqué M. Obama.

Les tensions entre Moscou et Ankara mettent à mal le projet de coalition unique en Syrie contre l'EI après les attentats meurtriers de Paris, portée par le président français François Hollande.

M. Obama a toutefois jugé "possible au cours des prochains mois (...) un changement dans les calculs des Russes et une reconnaissance du fait qu'il est temps de mettre un terme à la guerre civile en Syrie".

"La Russie va finir par reconnaître que la menace que le groupe Etat islamique pose à son pays est plus importante et qu'ils doivent s'aligner sur ceux qui combattent l'EI", a estimé le président américain.

Les Etats-Unis se sont dits mardi "prêt à renforcer" la cinquantaine de soldats des forces spéciales envoyés dans le nord de la Syrie, et ont annoncé qu'ils déployaient une unité de forces spéciales en Irak pour des raids contre l'EI.

Pendant ce temps, les échanges peu amènes entre ces anciens partenaires privilégiés que sont la Turquie et la Russie se sont poursuivis.

"Nous devrions nous asseoir à une table et discuter de ce que nous pourrions faire plutôt que de lancer des accusations sans fondement", a plaidé le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, en référence à la violente charge lancée par Vladimir Poutine lundi soir.

Selon le président russe, le pétrole produit par l'EI, qui représente l'une des principales sources de financement du groupe jihadiste, est "acheminé massivement, de manière industrielle, vers la Turquie".

"Nous avons toutes les raisons de penser que la décision d'abattre notre avion a été dictée par la volonté de protéger ces chemins d'acheminement de pétrole vers le territoire turc", a accusé le président russe.

Moscou compte imposer en représailles un embargo dès le 1er janvier, qui sera dans les premiers temps limité aux fruits et légumes turcs, mais la Russie va surtout restreindre l'activité touristique alors que les stations balnéaires turques sont une destination appréciée des vacanciers russes.

L'Otan a appelé au "calme" et à "la désescalade" d'autant que les relations des Alliés avec la Russie ont été mises à mal par la crise en Ukraine depuis le printemps 2013.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a promis dans les prochaines semaines "des mesures supplémentaires pour assurer la sécurité de la Turquie" en renforçant notamment ses capacités de défense antiaérienne.

Mercredi, les 28 membres de l'Otan devraient inviter le Monténégro à rejoindre l'Alliance, ce qui promet une nouvelle pomme de discorde avec Moscou qui voit là un empiètement sur sa sphère d'influence dans les Balkans.

A Bruxelles, le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a réaffirmé auprès de son homologue polonais Witold Waszczykowski l'engagement militaire "inébranlable" des Etats-Unis pour la défense du flanc Est de l'Alliance, selon le département d'Etat.

 

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