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27/12/2015

Hébron, caisse de résonnance de l’ "intifada des couteaux"

Hébron, caisse de résonnance de l’ "intifada des couteaux"

CLAIRE BASTIER>CORRESPONDANTE À JÉRUSALEM Publié le - Mis à jour le

INTERNATIONAL

Depuis le 1er octobre dernier, l’insurrection partie de Jérusalem qui a ensuite gagné la Cisjordanie a coûté la vie à 130 Palestiniens, à 19 Israéliens ainsi qu’à un Américain et un Erythréen, selon un décompte de l’AFP. Les jeunes Palestiniens tués par l’armée israélienne ont commis - ou allaient commettre, selon les autorités israéliennes - des attaques au couteau (94 comptabilisées par l’IDF), mais aussi à l’arme à feu (35) ou à la voiture bélier (19) contre des civils ou des soldats israéliens.

Si Jérusalem a été le point de départ de cette "intifada des couteaux", elle a été relayée par Hébron, ville du sud de la Cisjordanie, célèbre pour la résistance de ses habitants lors des intifadas de 1987 et de 2000. En novembre et décembre derniers, la moitié des attaques en Cisjordanie ont été perpétrées dans la ville et ses environs. Dimanche 20 décembre encore, trois Palestiniens y ont été blessés par les tirs de soldats israéliens, après une tentative d’attaque à l’arme blanche déjouée.

La situation de Hébron (Al-Khalil, en arabe) est particulière : situé dans la vieille ville, le caveau des Patriarches, un lieu saint vénéré aussi bien par les juifs que les musulmans, attise les tensions. Aussi, depuis les années 1970, des colons israéliens ont progressivement investi la vieille ville alentour, contraignant les habitants palestiniens à quitter leur maison et fermer leurs commerces.

Derrière des grillages

Selon la Présence internationale temporaire à Hébron (TIPH), une mission d’observation civile déployée dans la ville, 500 colons israéliens habitent la vieille ville, ce qui nécessite le déploiement d’un important dispositif sécuritaire. Aujourd’hui, le quartier est barricadé derrière des grillages et des palissades, ses rues sont barrées par une centaine de check-points au bord desquels sont postés des soldats israéliens.

Un tel dispositif rend la vie et la circulation des quelques familles palestiniennes qui y résident encore très difficiles. Au-delà, la ville moderne compte 200 000 habitants palestiniens et 7 000 Israéliens habitent à Kiryat Arba, une colonie située à l’extérieur de la ville.

Des assaillants plus âgés

L’occupation et les tensions quotidiennes qu’elle engendre expliquent la multiplication des attaques commises à Hébron. D’ailleurs, "selon les autorités israéliennes, le Hamas est puissant ici et encourage de telles attaques", commente Ofer Zalzberg, analyste pour le programme Moyen-Orient de l’International Crisis Group à Jérusalem. Et la situation n’est pas près de s’améliorer.

L’expert observe qu’au mois de décembre, des agresseurs plus âgés ont aussi frappé. Issa Ibrahim Salameh, le conducteur de la voiture qui a tenté de renverser des soldats israéliens le 11 décembre à Hébron, avait 57 ans. Selon Ofer Zalzberg, il semble que ce type d’assaillant agisse à cause d’une"frustration nationale particulièrement sensible à Hébron". Ce qui, d’après lui, laisse présager que "sans un changement politique majeur qui ferait voir la fin de l’occupation israélienne en Cisjordanie, les attaques continueront".

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