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28/12/2015

Un mois après le message de J Kabila du 28 novembre 2015 : Toujours pas de dialogue ni de prisonnier libéré Posté le: 28 December 2015

Un mois après le message de J Kabila du 28 novembre 2015 : Toujours pas de dialogue ni de prisonnier libéré  


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Le refus de l’UDPS de siéger à cette messe noire, à l’instar d’autres partis de l’Opposition, constitue un grand obstacle à la tenue de ce forum

Dans son adresse du samedi 28 novembre 2015, le président de la République, Joseph Kabila, avait annoncé la convocation d’un dialogue politique inclusif pour régler certaines difficultés liées à l’organisation de prochaines élections en République démocratique du Congo, ainsi que la mise en place subséquente d’un comité préparatoire pouvant régler tous les aspects ayant trait à son organisation.

A cette même occasion, il avait décidé de prendre des mesures individuelles de grâce pour libérer quelques prisonniers, enjoignant même le ministre de la Justice d’en tirer toutes les conséquences en agissant dans le même sens, conformément à ses compétences. Ce, pour pacifier les esprits avant et pendant le dialogue.

Un mois après ce message, le fameux dialogue peine à prendre forme. Aucune date n’est jusque-là annoncée, ni le lieu, encore moins sa composition ni sa taille. Entretemps, la Majorité Présidentielle ne se fatigue pas de claironner partout que ce forum est la formule magique pour la RDC de sortir du chaos et d’éviter le déluge qui se profile à l’horizon.

De même, trente jours après le message du chef de l’Etat, aucun prisonnier n’a encore bénéficié de la grâce promise, alors que le ministre de la Justice, Alexis Tambwe Mwamba, avait été instruit d’exécuter urgemment cette mesure, question de pacifier les esprits avant et pendant le dialogue.

Pourtant, d’aucuns avaient salué cette promesse, souhaitant voir des leaders politiques retrouver la liberté, de même que des activistes de la société civile et des journalistes.

L’opinion se demande si c’était une simple stratégie pour attirer la sympathie des anti-dialogues. D’ailleurs, lors des concertations nationales du 7 septembre au 5 octobre 2013, certains opposants avaient conditionné leur participation à la libération des prisonniers politiques. Kinshasa avait donné sa parole d’honneur de résoudre ce préalable, tout en les invitant d’abord à siéger au Palais du peuple. Jusqu’à la clôture de ces assises, personne n’avait été libéré. Et dans leurs recommandations, il avait été exigé la libération des prisonniers nommément cités. Cette mesure n’a jamais été exécutée.

UDPS : obstacle majeur

Il faut noter qu’il y a de cela quelques mois, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti cher à Etienne Tshisekedi, était totalement favorable à la tenue de ce forum, conformément à l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. Mais, le parti de Limete avait brandi, le 12 février 2015, sa feuille de route pour résoudre la crise en République démocratique du Congo.

Malgré que l’UNC, le MLC, l’Ecidé et autres s’y opposaient déjà farouchement, la Majorité présidentielle se frottaient les mains car le parti le plus représentatif,l’UDPS, était pour cette démarche. Donc, pour les Kabilistes, le dialogue pouvait bien se tenir avec une dose importante de crédit tant que l’UDPS était favorable. Malheureusement pour eux, à cause de leur mauvaise foi, le parti cher à Etienne Tshisekedi a fini par tourner définitivement le dos à cette messe noire. Tous les regards sont tournés vers novembre 2016 pour l’organisation de l’élection présidentielle conformément à la Constitution en vigueur.

Front citoyen 2016

Un  » Front citoyen 2016  » a été même créé pour barrer la route à tout glissement et à toute tentative de Joseph Kabila de briguer un troisième mandat. Ce front est composé, dans sa majorité, des Congolais qui ont pris part à la fameuse conférence de l’Ile de Gorée, à Dakar, au Sénégal, sur la démocratie et la paix en Afrique subsaharienne.

De retour à Kinshasa, ces leaders ont été accusés de comploter contre le pays pour renverser les institutions démocratiquement établies !  » Faux « , ont rétorqué les conférenciers, soutenant que c’est la peur de quitter le pouvoir qui fait trembler le camp du pouvoir, et qu’il n’y avait aucune activité aux visées subversives au Sénégal.

D’ailleurs, pour Félix Tshisekedi, également présent à Dakar,  » les accusations de Kinshasa sur la conférence de Gorée compromettent le dialogue « .
L’opinion se demande s’il y aura encore ces pourparlers, et si les prisonniers pourront bénéficier de la mesure de grâce promise.

Car, visiblement, tous les signaux sont au rouge concernant la tenue de ce forum. Quelques rares  » opposants  » qui soutiennent publiquement cette démarche, ne sont malheureusement pas représentatifs sur le plan national.

Présidentielle 2016: encore 11 mois

Les Congolais qui ne jurent que par le respect de la Constitution attendent de pied ferme la tenue de l’élection présidentielle prévue le 28 novembre 2016 sur toute l’étendue du territoire national, soit dans 11 mois. La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) doit tenir compte de ce temps précieux qui reste pour accélérer le processus pour une alternance pacifique en 2016.

En réalité, le problème financier ne devrait pas se poser pour honorer ce rendez-vous. Car, si en 2006, le processus a été financé à 60% par la communauté internationale, et en 2011, la RDC l’a financé elle-même, quoi de plus normal qu’en 2016, avec la stabilité du cadre macro-économique, la croissance économique à deux chiffres et autres, que les Congolais organisent eux-mêmes ces élections ? En plus, depuis 2012, une enveloppe est toujours prévue dans le budget annuel de l’Etat. Il est donc malhonnête d’évoquer des contraintes financières majeures aujourd’hui.

Ceux qui rêvent d’un système électoral avec des modalités de vote peu couteuses, doivent savoir par exemple, que le vote électronique coûte sept fois plus cher que le vote à bulletin physique.

La  » stabilité  » et la  » paix  » chèrement acquises ne peuvent être garanties que par le respect de la Constitution, soutiennent plusieurs Congolais épris de paix qui estiment que le dialogue n’est plus opportun à 11 mois de la présidentielle. A moins qu’il y ait des velléités de copier aveuglement le schéma suicidaire burundais, rwandais ou encore du Congo-Brazza.

Par Lefils Matady


(  la tempête ,


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