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31/12/2015

Dialogue national : l’UDPS exhume son cahier de charges à la CENCO

Dialogue national : l’UDPS exhume son cahier de charges à la CENCO

Retro politique en RDC : Démissions, G7, Ile de Gorée… évènements 2015


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Les évènements du 19, 20 et 21 janvier, les difficultés du dialogue, la nomination des commissaires spéciaux, le Front citoyen 2016… comptent également parmi les faits qui ont marqué cette année finissante

L’an 2015 qui s’achève demain jeudi 31 décembre, a été riche en évènements politiques en République démocratique du Congo (RDC). De rebondissement en rebondissements, cette année a enregistré des défections, démissions, suspicions, arrestations, intimidations et menaces dans la classe politique congolaise en générale, voire dans la société civile.

Evènements tragiques du 19, 20 et 21 janvier 2015

En effet, tout avait commencé par les évènements tragiques survenus les 19, 20 et 21 janvier de cette année, lorsque l’Assemblée nationale et le Sénat étaient sur le point de modifier la loi électorale pour conditionner la tenue des élections au recensement de la population. Pour manifester son refus face à cette disposition qui portait les germes du glissement, le peuple congolais est descendu dans la rue, le sang a coulé. Plusieurs magasins des expatriés ont été mis à sac, et des Congolais arrêtés.

Alors que les députés nationaux avaient déjà voté cette loi suicidaire, après avoir barricadé toutes les voies menant vers le Palais du peuple, les sénateurs y ont opposé un refus farouche. C’est ainsi que l’article à problème a été retiré, et le calme s’est installé à Kinshasa. C’était un signal fort pour démontrer que les Congolais sont pour les élections dans les délais constitutionnels en vue d’une alternance en novembre 2016 au sommet de l’Etat.

Consultations

Le n°1 de l’ANR a été chargé par le chef de l’Etat, en mars dernier, de déposer des invitations aux différentes formations politiques de l’Opposition pour des consultations en vue d’ouvrir la voie au dialogue.
L’Udps, le Mlc, l’Unc… avaient tous reçu des invitations.

Ces consultations ont eu lieu de mai en juin, au Palais de la nation où Joseph Kabila s’est entretenu avec la quasi-totalité des couches de la population.

Le cardinal Monsengwo, d’autres confessions religieuses, certains leaders des partis politiques, les autorités traditionnelles, les journalistes… avaient tous fait un tour au palais présidentiel. Sauf l’Udps, le Mlc, l’Unc, l’Ecidé, le Mlp et consorts qui ont dit niet à cette démarche qui risque, selon ces partis de l’Opposition, de prolonger la tenue de la présidentielle tant attendue.

Ne Mwanda Nsemi, président de Bundu Dia Mayala, avait même soutenu, au sortir de son entretien avec Kabila, qu’il fallait une transition de trois ans, pilotée par l’actuel président de la République, pour organiser de bonnes élections. Mais avant cela, un dialogue congolais inclusif. Ces propos lui ont attiré la foudre de sa propre base dans le Kongo-central, au point de se retirer officiellement de la politique en RDC.

Démission de Malumalu

Après une contradiction flagrante, vers le mois de septembre, entre le gouvernement central et la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) à propos du financement de cette dernière, l’abbé Malumalu, indisponible depuis plusieurs mois, a déposé sa lettre de démission au président de la République, évoquant des raisons de santé.

Juste après, le vice-président et la questeur de cette même institution ont été poussés à la démission. Le malaise était donc profond et visible au sein de cette centrale électorale, au point de bloquer la machine.

Le G7

Le 14 septembre, sept cadres de la Majorité présidentielle (MP) adressent une lettre ouverte à l’autorité morale de leur plateforme, lui demandant l’alternance démocratique, avant de plaider pour l’organisation des élections dans le strict respect du délai constitutionnel. Il s’agit de Yves Mobando du Msr, Olivier Kamitatu de l’Arc, José Endundo du Pdc, Banza Maloba d’Ac, Gabriel Kyungu de l’Unafec, Charles Mwando Nsimba de l’Unadef et Christophe Lutundula de l’Adp.

Dans la foulée, des ministres du gouvernement central dont les partis sont membres du G7 démissionnent, des sénateurs, de même que quelques ministres provinciaux du Katanga. Ceux qui se sont accrochés de force ont été virés à la suite du réaménagement technique de l’exécutif qui s’en est suivi.

Le 29 septembre, soit 15 jours plus tard, Moïse Katumbi démissionne de son poste de gouverneur du Katanga, et quitte en même temps sa formation politique, le parti présidentiel dont il était président fédéral dans sa province, le Pprd.

L’opinion le soupçonne d’être de mèche avec le G7, car ses raisons évoquées se ressemblent comme deux gouttes d’eau avec celles du G7.

Les commissaires spéciaux nommés

Le 29 octobre, Joseph Kabila nomme les commissaires spéciaux dans les 21 provinces découpées de la République démocratique du Congo. Chaque commissaire est secondé de deux adjoints.

L’un chargé de questions politiques et l’autre de questions économiques. Ils sont notamment chargés de doter les nouvelles provinces d’une administration, de services techniques et d’infrastructures minimales pour pouvoir créer des balises nécessaires favorables à l’arrivée de nouveaux gouverneurs.

Selon le gouvernement, cette option a été levée pour se conformer à l’arrêt de la Cour constitutionnelle, l’enjoignant de prendre des dispositions transitoires et exceptionnelles en vue de faire régner l’ordre public, la sécurité et assurer la régularité ainsi que la continuité des services publics dans les nouvelles provinces, la Ceni n’ayant pas pu organiser l’élection des gouverneurs de ces provinces.

L’Opposition politique, dans l’unanimité, a crié au scandale et à la violation de la Constitution. Elle a dénoncé cette nomination, accusant la Majorité présidentielle de multiplier des stratégies pour installer les personnes de leur obédience dans les provinces, pour des raisons inavouées.

Car, il n’est pas normal que la République démocratique du Congo manque de moyens de doter à la Ceni pour organiser l’élection des gouverneurs dans toutes ces provinces.

D’ailleurs, Eve Bazaïba, secrétaire générale du Mlc, a saisi la Cour constitutionnelle, le 30 novembre, déposant ainsi un recours en annulation des ordonnances présidentielles nommant ces commissaires spéciaux.

Car elles violent la Constitution de la République.Interrogé par les députés le 26 novembre, le ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab, a déclaré que la désignation des commissaires spéciaux à la tête de nouvelles provinces ne violait pas l’article 198 de la Constitution sur l’élection des gouverneurs.

Dialogue : la MP d’accord, l’Opposition divisée

Les mois d’octobre et de novembre ont été dominés par des tractations autour du dialogue. Si la Majorité est complètement d’accord pour ce forum, sous quel que format que ce soit, tel n’est pas le cas pour l’Opposition dont une grande partie soupçonne des velléités de glissement, alors qu’une autre soutient mordicus ces assises en vue de baliser le chemin des élections.

Des émissaires du pouvoir ont fait des aller-retour Kinshasa-Bruxelles-Kinshasa pour convaincre le sphinx de Limete à prendre part à ce qu’ils considèrent comme un de grands rendez-vous de l’histoire de la République démocratique du Congo, en vain.

Dans cette difficulté, Joseph Kabila a pris le courage d’annoncer, le 28 novembre, la convocation du dialogue politique inclusif sans fixer la date, ni le lieu.

Ce qui a provoqué des réactions musclées, le 1er décembre 2015, de l’Opposition dans sa pluralité. Pour elle, il n’y a plus de doute, encore moins de procès d’intention. Joseph Kabila n’envisage pas de quitter le pouvoir. Car, dans cette adresse du 28 novembre, il n’a fait aucune allusion à son départ, s’évertuant à donner son bilan de 2015 et des perspectives d’avenir.

Les Opposants ont promis d’appliquer l’article 64, alinéa 1er , pour envoyer le peuple dans la rue, car le chef de l’Etat tient à demeurer, contre la loi fondamentale, au pouvoir.

Il faut noter que Kabila avait également déclaré avoir instruit le ministre de la Justice de procéder à la libération des prisonniers pour décrisper le climat avant le dialogue.

Le même mardi 1er décembre, l’Udps, à travers un communiqué signé personnellement par Etienne Tshisekedi, refuse le dialogue tel que convoqué par Kabila dont elle conteste la qualité d’initiateur, se constituant en juge et partie. Pour Tshisekedi, c’est Ban Ki-moon qui doit convoquer ce forum et désigner le médiateur international.

Réagissant à la mise en garde de l’Opposition, le procureur général de la République est monté au créneau pour menacer tout celui qui osera violer le même article 64, mais dans son alinéa 2. Et le 3 décembre, la coalition de 33 Ongdh réagit énergiquement contre la sortie médiatique du Pgr, l’accusant d’empêcher le peuple congolais d’user de son droit de manifester pacifiquement, garanti par la même Constitution.

Des Congolais à l’Ile de Gorée

Du 12 au 14 décembre, des députés nationaux, acteurs de la société civile et chefs de certains partis politiques de l’Opposition, ont effectué le déplacement de Dakar, au Sénégal, à l’Ile de Gorée, pour prendre part à une conférence sur la démocratie et la paix en Afrique subsaharienne. Les députés nationaux ont même reçu l’autorisation de sortie du président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, à cet effet.

Curieusement, ils ont été accusés par le pouvoir d’avoir pris part à une conférence aux visées subversives pour apprendre comment renverser le pouvoir.

Un dispositif a été mis en place pour les arrêter à leur retour, le 15 décembre, à l’aéroport de N’Djili, à en croire le député Franck Diongo, mais la Monusco et quelques ambassadeurs se sont interposés pour éviter ce haut risque au moment où la RDC a besoin de la cohésion nationale.

Pour l’Opposition, cette réaction de la Majorité présidentielle prouve à suffisance la peur des Kabilistes de quitter le pouvoir, le décompte étant déjà activé.

Le Front citoyen 2016

C’est la conséquence de la conférence de l’Ile de Gorée. Tous les conférenciers de Dakar se sont coalisés pour monter le  » Front citoyen 2016 « , une structure efficace à laquelle se sont joints d’autres acteurs politiques qui n’ont pas été au Sénégal, pour empêcher tout glissement et toute violation de la Constitution. Ce front a promis des actions de grande envergure en 2016 jusqu’à l’organisation, au mois de novembre, de la présidentielle.

Par Lefils Matady


(  la tempête



Liberté de la presse : bilan macabre pour 2015


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Près de 110 journalistes ont été tués cette année à travers le monde, selon Reporters Sans Frontières

Reporters Sans Frontières, organisation internationale de défense de la liberté de la presse à travers le monde, a publié son rapport annuel sur les atteintes à la liberté de presse au niveau mondial. Dans ce rapport, l’Ong révèle que près de 110 journalistes ont été tués à travers le monde en 2015.

Le nombre très élevé de reporters tués au cours de l’année, qui porte à 787 le total des journalistes tués dans l’exercice ou en raison de leurs fonctions depuis 2005, est imputable à une violence de plus en plus délibérée contre les journalistes.

Il révèle aussi un échec des initiatives en faveur de la protection des journalistes. Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon affirmait dans son rapport annuel sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité le 6 août 2015 son inquiétude face à l’incapacité de réduire la fréquence et l’ampleur des violences ciblées auxquelles sont confrontées les journalistes et l’impunité presque absolue pour de tels crimes. »

Des groupes non-étatiques perpètrent des exactions ciblées tandis que plusieurs Etats ne se conforment pas aux obligations assignées par le droit international.

Le 27 mai 2015, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, appelait à la création d’un mécanisme d’application concret du droit international sur la protection des journalistes. Sans quoi il est à craindre que la résolution 2222, comme les 1738 adoptées en 2006, soit simplement… une bonne résolution.

En 2014, deux tiers des reporters tués dans le monde l’avaient été en zones de conflits. En 2015, la proportion s’est complètement inversée : deux tiers des journalistes tués l’ont été « en temps de paix ».

Même dans les capitales éloignées des conflits armés, les journalistes peuvent être frappés, comme ce fut le cas le
7 janvier avec l’attaque de Charlie Hebdo à Paris.

Le 8 octobre, le directeur de Charlie Hebdo, Riss, déclarait :

« Nous n’avons quasiment jamais envoyé de journalistes en zone de guerre (…). Le 7 janvier, c’est la guerre
qui est venue à nous ».

Homicides liés ou non à leur profession ? Les motifs de la mort de 43 reporters au cours de l’année demeurent indéterminés, en raison du manque d’enquêtes officielles impartiales et approfondies, du fait de la mauvaise volonté des États ou de la difficulté dans des régions instables ou de non droit.

Ces  » motifs indéterminés  » reflètent le problème de l’impunité des crimes commis contre les journalistes dans de nombreuses régions du monde (Amérique latine, Asie-Pacifique, Moyen-Orient et Afrique sub-saharienne).

Syrie, calvaire pour les journalistes

Entre les forces syriennes de Bachar al-Assad, les groupes radicaux ou kurdes, et les bombardements de la coalition, la ville d’Alep fait office de champ de mines pour les journalistes professionnels et les journalistes-citoyens en Syrie.

Pris en étau entre les différentes parties du conflit depuis 2011, ces derniers risquent de finir en victimes collatérales du conflit, d’être pris en otages par un groupe non-étatique (Daesh, Front Al- Nosra, Armée syrienne libre) ou encore de se faire arrêter par le régime.

Mossoul : ville sous la coupe de Daesh

Sous le contrôle du groupe djihadiste depuis juin 2014, la ville irakienne de Mossoul est un « trou noir de l’information ».

Dans cette seule ville, Daesh est responsable de 48 enlèvements et 13 exécutions de journalistes et journalistes-citoyens en 18 mois.

Près de 60 journalistes (professionnels ou non) et collaborateurs des médias ont fui la ville, et ceux qui sont restés ne pratiquent plus leur métier par peur des représailles.

Dans ce climat, la désinformation règne : les échanges avec l’extérieur de la ville sont proscrits ou limités par le groupe qui contrôle les communications et internet.

5 zones les plus meurtrières

L’attaque contre Charlie Hebdo fait de la France le troisième pays le plus meurtrier pour les journalistes dans l’exercice de leurs fonctions en 2015.

Une tragédie inédite : jamais un pays occidental n’avait connu une telle hécatombe. Depuis le mois de janvier, les journalistes ou collaborateurs de Charlie-Hebdo vivent sous haute protection. Certains se voient encore aujourd’hui contraints de changer régulièrement de logement.
La journaliste chargée des questions de religion et d’islamisme expliquait en mai dernier qu’elle vivait tantôt à l’hôtel tantôt chez des proches. Elle insistait sur la difficulté d’exercer son métier avec de telles menaces, et notamment sur l’impossibilité de faire des reportages sous escorte policière.

Yémen : les milices houthies sèment la terreur dans la capitale

Les milices houthies ont pris le contrôle de la capitale yéménite Sanaa en septembre 2014 après une avancée fulgurante dans le nord-est du pays.

Attaques de médias à l’arme lourde, enlèvements de journalistes affiliés au parti Al-Islah (clan rival des Houthis)… Plus d’un an après la prise de la capitale, les seuls journalistes exerçant encore à Sanaa sont ceux en faveur des milices rebelles.

En 2015, six journalistes et trois collaborateurs des médias ont été assassinés ou tués dans l’exercice de leurs fonctions au Yémen.

Au moins 15 journalistes professionnels, journalistes-citoyens et collaborateurs des médias seraient aujourd’hui aux mains des Houthis, qui continuent leur progression vers le sud du pays.

Ceux qui échappent aux milices chiites zaydites craignent les bombardements de la coalition menée par l’Arabie saoudite pour stopper l’avancée de ces derniers.

L’Inde : Neuf journalistes assassinés en un an

Depuis le début de l’année, les journalistes indiens sont confrontés à une hausse de la violence d’origine (notamment) mafieuse à l’encontre de ceux qui osent enquêter sur le crime organisé et ses relations avec le pouvoir politique.

Neuf journalistes ont été assassinés en un an, dont quatre pour des motifs encore indéterminés, ce qui conforte l’Inde au titre de pays le plus meurtrier d’Asie pour la profession, devant le Pakistan et l’Afghanistan.

Parmi eux, RSF répertorie deux assassinats liés à des enquêtes sur le thème de l’exploitation minière illégale – un sujet environnemental sensible en Inde. Les autorités indiennes réagissent trop faiblement, renforçant un climat d’impunité des exactions contre les journalistes.

Après l’assassinat de Sandeep Kothari (huitième journaliste tué pour motif professionnel en deux ans), RSF a appelé le gouvernement indien à mettre en place un plan national de protection des journalistes. Il est vital aujourd’hui qu’il prodigue une réponse à la mesure des menaces qui pèsent sur la profession.

Au Mexique : huit journalistes tués en 2015

Avec huit journalistes tués en 2015, dont cinq pour des motifs encore indéterminés, le Mexique demeure le pays le plus meurtrier d’Amérique latine pour la profession.

Les Etats de Veracruz et Oaxaca dans le sud du pays sont les plus dangereux pour les reporters, ciblés par des mafias et des personnalités politiques locales dès lors qu’ils dénoncent des faits de corruption.

Auparavant, certains pouvaient fuir ces Etats pour se mettre à l’abri dans des régions plus « calmes », mais l’assassinat de Rubén Espinosa dans la capitale, le 31 juillet 2015, a démontré qu’il n’existe aujourd’hui au Mexique plus aucun refuge pour les journalistes menacés.

5 exactions qui ont marqué l’année 2015

1. L’attentat contre Charlie Hebdo (France)
Le 7 janvier, deux hommes cagoulés, Saïd et Chérif Kouachi, pénètrent lourdement armés dans les locaux de Charlie Hebdo à Paris.

Douze personnes sont abattues, dont huit journalistes : les dessinateurs de presse Charb, Cabu, Tignous, Wolinski et Honoré, les journalistes Elsa Cayat, Mustapha Ourad et Bernard Maris.
Quelques jours plus tard, la branche d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) revendique l’attaque prétendument

menée pour « venger » Mahomet après les régulières publications de caricatures du prophète de l’Islam par le journal satirique. Ces attentats commandités par une idéologie extrémiste, qui ne tolère pas le blasphème, confirment la bataille essentielle à mener contre la notion de « diffamation des religions ».

2. L’assassinat mis en scène de Kenji Goto (Syrie)

Le 31 janvier, Daesh publiait la vidéo de l’exécution du journaliste japonais Kenji Goto. Ce reporter freelance avait été capturé fin octobre 2014 alors qu’il tentait de couvrir le conflit armé en Syrie et de retrouver son confrère Haruna Yukawa (exécuté une semaine avant lui).

Dans une mise en scène macabre similaire aux précédentes exécutions de journalistes étrangers, un bourreau s’adressait directement au Premier ministre japonais et affirmait que l’exécution de Kenji Goto se faisait en représailles de la participation du Japon dans la Coalition internationale en guerre contre Daesh. Dix journalistes étrangers aux pays où ils ont été capturés sont toujours aux mains de groupes non-étatiques à ce jour.
2015

3. Odieux massacres de blogueurs (Bangladesh)
En un an, quatre blogueurs ont été sauvagement assassinés au Bangladesh. Avijit Roy
(le 26 février), Ananta Bijoy Das (le 30 mars), Washiqur Rahman (le 12 mai) et Niloy Chakrabarti (le 7 août) étaient des blogueurs laïcs, porteurs de valeurs de tolérance, de liberté d’expression et de penser.
Leurs homicides ont été revendiqués par la branche d’Al-Qaïda sur le continent indien Ansar al-Islam et par le groupe radical Ansarullah Bangla Team.

Face à ce bain de sang, la passivité des autorités bangladaises a favorisé un climat d’impunité dangereux pour les journalistes-citoyens.

A ce jour, le travail de la police et de la justice n’a pas abouti à l’arrestation et à la condamnation de tous les auteurs et commanditaires de ces crimes odieux.

Ruben Espinosa, l’assassinat de trop (Mexique)

Le 31 juillet 2015, le photo-journaliste Rubén Espinosa est retrouvé mort, avec des traces de tortures apparentes, au côté de quatre femmes dans un appartement de la capitale Mexico.

Il avait fui l’Etat du Veracruz (sud) après avoir reçu des menaces de mort et s’était réfugié à Mexico pour sa sécurité. Son assassinat a entraîné une vague d’indignation et une prise de conscience sur le manque criant de protection pour les journalistes au Mexique.

La loi de protection des journalistes entrée en vigueur quelques jours plus tard (le 10 août) dans le district de Mexico, fruit de plusieurs années de concertation avec la société civile, ne saurait être efficace que si elle est étendue aux autres États et reçoit les moyens effectifs à sa mise en application.

Hindia Mohamed, nouvelle victime des attentats contre les journalistes (Somalie) Hindia Mohamed est l’une des deux femmes à avoir été assassinées cette année dans le monde en raison de leur activité journalistique. Journaliste à la télévision et à la radio nationales, elle a succombé aux blessures infligées par un attentat à la voiture piégée qui porte la signature de la milice islamiste des Shebab le 3 décembre 2015 à Mogadiscio.

Son époux et journaliste Liban Ali Nur avait lui aussi été victime d’un attentat revendiqué par le groupe radical en septembre 2012. En Somalie, l’impunité règne pour les crimes commis contre les journalistes, ce qui encourage ces odieux assassinats. A de nombreuses reprises, RSF a appelé les autorités somaliennes à agir pour que des enquêtes indépendantes et approfondies soient menées afin de traduire en justice les responsables de telles attaques – mais la sécurité des journalistes n’est toujours pas, à ce jour, la priorité du gouvernement.

Bilan des journalistes tués dans le monde

Pour mieux protéger les journalistes afin d’améliorer les outils pour leur protection dans le monde, RSF a adressé plusieurs recommandations au secrétaire général, au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale des Nations Unies :
La création d’un poste de représentant spécial sur la protection des journalistes auprès du secrétaire général de l’ONU. Il aurait pour tâche principale de contrôler que les États membres des Nations Unies respectent leurs obligations en matière de droit international, et disposerait du poids politique et de la capacité d’alerte nécessaires pour défendre efficacement les journalistes.

Afin d’obtenir rapidement une résolution pour créer ce poste, RSF mène depuis plusieurs mois une campagne internationale active pour collecter des soutiens au sein du système onusien et auprès d’États membres.

La saisie de la Cour pénale internationale (CPI) par le Conseil de sécurité quand des crimes de guerre sont commis contre des journalistes. Le 27 avril 2015, RSF réclamait au Conseil de sécurité de tout faire pour obtenir le déferrement de la situation des journalistes en Syrie et en Irak à la procureure de la Cour pénale internationale.

Seul le Conseil de sécurité peut, au titre du maintien de la paix et de la sécurité internationales, obtenir de la CPI qu’elle enquête et poursuive les responsables des crimes de guerre contre les journalistes dans les pays qui ne sont pas partie au Statut de la Cour.

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