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20/01/2016

Monusco : Questions-Réponses aux préoccupations brûlantes d’actualité

Monusco : Questions-Réponses aux préoccupations brûlantes d’actualité  


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(Conférence de presse du  13 Janvier 2016)

La Conférence de presse conjointe des Nations Unies était animée par Charles Antoine Bambara, Directeur de la Division de l’Information publique et porte-parole de la MONUSCO par intérim ; le Lieutenant-colonel Amouzoun Codjo Martin, porte-parole militaire et Florence Marchal, Chargée de communication et Coordonnatrice du Groupe de Communication des Nations Unies (UNCG), intervenant tous à partir de Kinshasa.

La conférence a connu la participation de Gabriel Vockel, Gestionnaire de la protection à l’UNICEF, à partir de Kinshasa.

Question 1

Marthe Boswandole/ Agence France Presse : Ma question s’adresse au porte-parole militaire ou civil par rapport à la situation dans la province du Sud-Kivu. Le porte-parole militaire dit que la situation est calme. Est-ce qu’on peut en savoir un peu plus sur les rumeurs concernant des infiltrations des rebelles burundais dans cette partie du territoire congolais ?

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO par intérim et porte-parole de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Je vais essayer de donner quelques éléments de réponse et peut-être que le porte-parole militaire pourra compléter beaucoup plus sur l’aspect militaire. Je vais essayer de rester un peu plutôt l’aspect politique. Il faut dire que, comme je l’annonçais tout à l’heure [dans l’introduction], monsieur Maman Sambo Sidikou, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, se rend ce matin dans l’Est de la RDC. De Goma il ira à Bukavu. C’est pour prendre un peu la mesure de l’afflux des réfugiés burundais dans cette partie du pays, au Sud-Kivu.

Il y a pas mal de rumeurs dans cette zone, comme d’habitude, mais nous essayons un peu, en collaboration avec les FARDC sur le terrain, de prendre à bras-le-corps notre mission de protection des civils.

Nous essayons. Vous savez qu’il y a ce grand camp de Lusenda qui rassemble pas mal de réfugiés dans cette zone. Et très probablement que monsieur Sidikou visitera ce camp pour voir un peu les dispositifs qui sont déjà mis sur place et voir dans quelles mesures éventuellement, on pourrait renforcer ces dispositifs.

Une fois de plus en concertation et en collaboration avec les FARDC, la PNC et des FARDC qui sont présents sur le terrain et qui ont la responsabilité première d’assurer la sécurité de ce camp de Lusenda

bien sûr avec notre appui. Notre appui ne fera pas défaut en tout cas, à nos collègues de la PNC et des FARDC.

C’est vrai que nous avons entendu ces rumeurs d’infiltration et de circulation d’armes, mais tout est mis en oeuvre de façon que pour que la sécurité des personnes et de leurs biens sur place à Lusenda, au Sud-Kivu de façon générale soit assurée par la MONUSCO, en collaboration avec les FARDC et la PNC.

Nous ne pensons pas qu’il y ait eu des indices sérieux qui montrent une dégradation, j’allais dire, très sérieuse de la situation sécuritaire. Mais toutes les mesures sont mises en place réellement pour que cela n’intervienne pas éventuellement.

Question 2

Albert Omba/ Numerica TV : Je voudrais demander au porte-parole militaire la situation exacte de Miriki où, à l’état actuel on parle des présumées FDLR ou des Rwandophones [auraient mené des attaques], on n’a pas encore la version exacte. Est-ce que la MONUSCO a mené des enquêtes pour avoir des précisions sur les assaillants, parce qu’il y a eu des Mayi-Mayi dans la contrée, les FDLR et d’autres groupes armés. Lequel d’entre ces groupes a mené cette attaque de Miriki ?

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : C’est très simple. Nous savons que dans l’Est de la RDC, il y a des zones d’influence de certains groupes armés. Nous savons que dans la zone effectivement de Lubero, Walikale, Rutshuru, les FDLR opèrent. C’est une zone de prédilection où opèrent les FDLR. Nous savons que dans le Grand Nord, autour de Beni, Eringeti, Oicha, etc. opèrent l’ADF. Ça c’est clair.

Nous avons une cartographie presque précise ou assez précise en tout cas de la présence de différents groupes armés dans l’Est de la RD Congo, et c’est pour cela que nous disons parfois avec une certaine conviction que certains groupes armés ont sans doute opéré. Parce qu’une fois de plus quand on n’a pas la main sur un individu, on ne peut pas dire avec certitude à 100%. Mais nous savons que c’est leur zone d’influence, leur zone d’opération et de prédilection, comme je le disais.

Et donc à Miriki effectivement, nous pouvons dire avec un fort pourcentage de certitude qu’il s’agit bien évidemment des FDLR qui sont présentes.

Auparavant, vous savez que ces FDLR ont eu maille à partir avec pas mal de groupes Mayi-Mayi comme vous dites, même les populations locales, il y a pas mal de tensions interethniques dans la zone. Et nous savons que les FDLR sont très présentes et appuieraient l’un ou l’autre groupe éventuellement.

Et donc, c’est avec vraiment certitude que nous disons que très probablement qu’il s’agit effectivement des FDLR à Miriki. Est-ce que le porte-parole militaire a quelque chose à ajouter sur la question ?

Porte-parole militaire [Lieutenant-colonel Amouzoun Codjo Martin] : Merci, c’était pour rappeler qu’il y a trois mois, il y a eu une coalition Mayi-Mayi Yira qui affrontait les FDLR dans les localités de Buleusa et autres. Et les FDLR ont été boutées hors de cette région et près de quatre villages ont été brulés dans les localités, il y a environ un mois.

Suite à cela, il y a des déplacés vers Katale où il y avait les positions des FARDC et aussi vers Miriki où il y a avait la Force de la MONUSCO.

A Miriki, il y avait plus de 10 000 déplacés. Mais il y a environ un mois, il y avait un groupe Mayi-Mayi qui avait tenté de déranger les déplacés qui étaient autour de la base de la MONUSCO de Miriki. Les FARDC ont réagi et elles ont été soutenues par la MONUSCO.

Concernant l’évènement du 6 [janvier dernier], je pense il y a des enquêtes en cours. Nous n’allons pas devancer les résultats des enquêtes, nous allons toujours attendre l’aboutissement des investigations. Merci.

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Tout à fait, il faut dire qu’une enquête menée par la Section Droits de l’Homme de la MONUSCO était sur le terrain dès le lendemain de cette attaque, pour ouvrir cette enquête. Et je suis sûr que dans les jours à venir, on aura beaucoup plus de détails.

Question 3

Fidèle Bafilemba/ Wishing Pictures (Goma): Ma question s’adresse à la Coordonnatrice du Groupe de Communication des Nations Unies. Puisque vous avez parlé de l’afflux des réfugiés burundais, j’aimerais savoir s’il existe en RD Congo, et principalement aux Kivu, des réfugiés rwandais, si oui, où est-ce qu’ils sont localisés et qui s’occupe de leur protection ?

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole de la MONUSCO par intérim [Charles Antoine Bambara] : A-t-on un collègue d’OCHA ou du HCR dans la salle ? Nous avons les collègues d’OCHA qui malheureusement n’ont pas d’éléments de réponse. Peut-être que la Coordinatrice du Groupe de communication des Nations Unies pourrait prendre note pour nos collègues du HCR, qui pourraient la semaine prochaine ou avant même la semaine prochaine donner quelques éléments de réponse éventuellement.

Question 4

Ali Assanka/ Royal FM (Goma) : Ma question s’adresse au porte-parole de la MONUSCO. Tout en vous cotant sur 10 points, quel peut-être le bilan de cette organisation au courant de l’année 2015 et quelles sont vos perspectives d’avenir ?

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Monsieur Maman Sambo Sidikou est à

Goma depuis ce matin, Je crois que vous aurez la chance de le lui demander directement. Il est le premier responsable de la Mission.

Nous pensons que la MONUSCO continue à oeuvrer dans le cadre de différentes résolutions du Conseil de sécurité, à remplir sa mission de protection des civils ; à remplir sa mission de stabilisation et de sécurisation des populations civiles. C’est une mission très difficile, vous savez le nombre de groupes armés dans cette zone de l’Est du pays ; une cinquantaine selon certaines ONG spécialisées sur ces questions ; une soixantaine même, j’ai vu, selon d’autres ONG.

Nous prenons quand même très sérieusement cette mission à bras-le-corps et nous essayons de la remplir aux côtés une fois de plus des FARDC, qui ont la mission première et régalienne de défendre le territoire national congolais. Et nous pensons que cette mission va dans le bon sens.

Nous avons dit et redit à plusieurs reprises que nous attendons éventuellement cette reprise des opérations militaires des FARDC, appuyées par la MONUSCO. Si cela arrivait au cours de prochains mois ou des prochaines semaines en tout cas, cela irait dans le bons sens. Nous pourrons monter en puissance graduellement pour, une fois de plus avec détermination, avec rigueur, avec sérieux, dérouler notre mission sur le terrain.

Coordonnatrice du Groupe de Communication des Nations Unie [Florence Marchal] : Du côté de l’équipe des pays ou des Nations Unies en général, la feuille de route pour l’année à venir, depuis le 1er janvier 2016, vous le savez, les Objectifs du développement durable sont entrés en vigueur. Ces objectifs du développement durable remplacent les Objectifs du millénaire pour le développement.

Et bien évidemment, toutes les entités présentes en RDC vont accompagner dans les années à venir et particulièrement à commencer par cette année, le Gouvernement de la RD Congo, pour la mise en oeuvre de ces Objectifs de développement durable, avec une première étape qui sera d’identifier parmi les 17 Objectifs de développement durable, lesquels sont prioritaires pour la RDC et comment et quelles sont les actions qui devront être menées pour les mettre en oeuvre de faction efficace.

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Souvent nous insistons à la MONUSCO sur les questions militaires, car elles sont un peu le soubassement des questions de développement. Mais les questions civiles sont aussi importantes pour la MONUSCO car, il n’y a pas que le volet militaire dans le mandat de la MONUSCO.

Comme vous le savez, nous devons accompagner les prochaines élections ici dans le pays. Le processus est engagé. Il y a deux jours, Maman Sambo Sidikou était au bureau de la CENI où il a rappelé l’importance justement de la révision du fichier électoral comme base préalable, afin d’engager un processus électoral serein dans le pays.

Donc,  en fait, tout cela rentre effectivement dans le cadre du bilan un peu de cette année [2015] de la MONUSCO. C’est un travail qui avait été commencé l’année dernière par [Martin Kobler] le prédécesseur de monsieur Maman Sidikou. Et ce travail va encore monter en puissance dans les semaines et les mois qui viennent afin d’accompagner les institutions de la RDC vers des élections paisibles et apaisées.a

(  Lapros , via www.congosynthese.com)

 

 

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