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23/01/2016

Pourquoi « Joseph Kabila » s’accroche-t-il au pouvoir ?

Pourquoi « Joseph Kabila » s’accroche-t-il au pouvoir ?  


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A quelques onze mois de la fin de son second et dernier mandat, «Joseph Kabila» est loin de préparer ses cartons en prévision de la passation de pouvoir le 19 décembre prochain avec son successeur. L’homme viole désormais, au grand jour, la Constitution. Les forces dites de sécurité (armée, police nationale, services secrets appuyés par des miliciens du PPRD) sont utilisées pour restreindre, chaque jour davantage, les libertés fondamentales. C’est le cas notamment des libertés de réunion et de manifestation. Sans omettre la liberté locomotrice. Parti unique de fait, la «Majorité présidentielle» (MP) utilise sa position dominante pour entretenir la dissidence au sein des partis de l’opposition. Il est clair que le «dialogue politique national inclusif» réclamé par « Joseph Kabila » "sous peine de chaos" n’est qu’un pitoyable prétexte pour instituer et perpétuer un système assimilable au banditisme d’Etat. L’Etat congolais est devenu une "proie" tant pour le Président sortant que pour les « 40 bandits » qui l’entourent dont des membres de sa fratrie. L’enjeu ? Des gros intérêts mafieux mais aussi la peur de l’après-Présidence.

A l’occasion de la commémoration du 1er anniversaire des manifestations du 19, 20 et 21 janvier 2015 - au cours desquelles plusieurs protestataires ont été abattus par des forces dites de sécurité -, les forces politiques et sociales proches de l’opposition avaient prévu des 
«manifestations pacifiques». A savoir, des offices religieux et des conférences de presse. Il n’y a eu ni office religieux ni conférence de presse dans la capitale. Et pour cause?
Des Kinois pétrifiés ont vu des éléments de la garde prétorienne de «Joseph Kabila», habillés en policiers, faire irruption dans des paroisses pour empêcher le déroulement de la messe. Des Kinois ont vu également à l’œuvre les fameux «pombas», ces gros bras, membres de la milice du PPRD. Du jamais vu ! D’autres sbires du régime ont dispersé sans ménagement des militants politiques et autres activistes de la société civile présents en plusieurs points de la capitale. Le pouvoir kabiliste justifie ces actions inconstitutionnelles en prétendant que les organisateurs des dites réunions allaient « inciter » la population « à la révolte ».
A Lubumbashi, le président en exercice du « G7 », Charles Mwando Nsimba, a été empêché, mercredi 20 janvier, de prendre un vol régulier de la compagnie aérienne CAA à destination de son fief de Kalemie. Un « acte barbare », dixit l’intéressé. L’ordre a été donné par Kalev Mutondo, l’administrateur général de l’ANR (Agence nationale de renseignements) qui joue plus le rôle de police politique que celui de sûreté nationale dont la mission consiste à surveiller les « menaces » internes et externes qui planeraient sur la sécurité nationale. Le crime de Mwando et celui de ses six autres camarades est d’avoir exhorté « Joseph Kabila » à respecter la Constitution en s’abstenant de faire obstacle à l’avènement de l’alternance. Ils ont écopé d’une exclusion de la Majorité présidentielle mi-septembre dernier.
Recul de la démocratie
Dans une interview accordée jeudi 21 janvier, à radio Okapi, l’ancien conseiller spécial Pierre Lumbi, n’a pas trouvé des mots assez percutants pour dire sa colère : «Interdire à un député national de se rendre dans sa circonscription électorale est un recul incroyable de la démocratie. Même au pire moment de la dictature de Mobutu, on n’a pas vu des choses pareilles ».
Il importe d’ouvrir la parenthèse pour indiquer que l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, a connu des tracasseries policières assez analogues. A en croire l’hebdomadaire « Jeune Afrique », dans son édition n°2871, datée 17 janvier, le jet privé qui transportait « Moïse », le 13 janvier, n’a pas été autorisé à atterrir à Lubumbashi. L’ancien gouverneur a dû se rendre en Afrique du Sud où il prendra un vol régulier pour rejoindre Lubumbashi. Fermons la parenthèse. 
L’actuel président en exercice du « G7 » n’est pas n’importe qui. Notable parmi les notables du Katanga, il a été, tour à tour, ministre de la Défense nationale et 1er vice-président de l’Assemblée nationale sous la bannière de la majorité présidentielle. 
Charles Mwando a animé, le mardi 14 janvier 2016, la première conférence de presse du « G7 » au siège de celui-ci. L’orateur a sans aucun doute tenu des propos qui ont déplu à « Joseph Kabila » qui rêve d’une « présidence à vie ». 
Il a, à cette occasion, réaffirmé que cette plate-forme est « résolument engagé dans la défense de la Constitution et dans la lutte pour l’alternance démocratique par l’organisation des élections libres, pluralistes, transparentes et crédibles dans les délais constitutionnels (…).» Il n’a pas manqué de rappeler que pour avoir été élu en 2006 et 2011, « Joseph Kabila ne peut plus briguer un troisième mandat présidentiel ». Il a par ailleurs dénoncé les manœuvres de déstabilisation de la CENI (Commission électorale nationale indépendante). Des manoeuvres orchestrées par la MP. 
« Joseph Kabila » et les « 40 bandits »
Depuis le mardi 19 janvier, l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo se trouve à Kinshasa. Il est chargé par la présidente de la Commission de l’Union africaine à consulter les autorités congolaises ainsi que les représentants des forces politiques et sociales. But : la tenue du fameux « dialogue politique national inclusif ».
Après des entrevues avec «Joseph Kabila» et Aubin Minaku, l’émissaire de l’UA s’est entretenu avec la direction de la CENI. Certains leaders politiques ont déjà fait savoir leur refus à rencontrer Edem Kodjo. C’est le cas notamment des membres de la "Dynamique de l’opposition" et du député national Franck Diongo. On espère que l’ancien "Premier" togolais prendra la mesure de l’ambiance totalitaire qui règne dans l’ex-Zaïre. Un climat qui incite plus d’un membre de l’opposition radicale à assimiler le dialogue de «Kabila» à un «piège» pour réviser la Constitution et mettre sur pied une "transition". Bonjour le "glissement"! 
On espère également que l’Envoyé spécial de « Mama » Nkosazana Dlamini Zuma a pu visionner les images de la télévision d’Etat (RTNC) montrant l’adhésion de 27 partis à la MP. C’était le mercredi 20 janvier. 
Une dépêche de l’ACP indique que le secrétaire général de la MP – qui porte également la casquette de président de l’Assemblée nationale - s’est félicité, à cette occasion, « du retour au bercail des partis frondeurs » en l’occurrence, l’Union des nationalistes fédéralistes du Congo (UNAFEC), l’Alliance pour le renouveau du Congo (ARC) et le Parti démocrate-chrétien (PDC). En fait de retour au bercail, il s’agit de «doublons» des formations politiques existantes. Dans son speech précité, Mwando Nsimba a qualifié ce phénomène de « dissidences artificielles » créées par le pouvoir kabiliste pour « laminer » l’opposition. En clair, le chef de l’Etat congolais aidé par quelques "durs" de son entourage s’amusent à générer la confusion en foulant au pied le principe de pluralisme politique que proclame le premier alinéa de l’article 6 de la Constitution.
Le 26 janvier prochain, «Joseph Kabila» va « fêter » le 15ème anniversaire de son accession à la tête de l’Etat congolais (21 janvier 2001-26 janvier 2016). Qu’a-t-il fait de ces quinze années au cours desquelles il n’a pas été capable de fournir aux citoyens congolais une carte d’identité encore moins de l’eau courante et de l’électricité. Inutile de parler des soins de santé et une éducation de qualité. 
Des observateurs ne cessent, dès lors, de se poser la question suivante : Pourquoi «Joseph Kabila» s’accroche-t-il au pouvoir ?
Abordés par la rédaction de Congo Indépendant, ces observateurs épinglent au moins trois raisons majeures.
Primo : l’après-Présidence, autrement dit la perte des immunités. Dieu seul le nombre de crimes de sang et économiques commis sous le règne de l’actuel locataire du Palais de la nation. Le régime suivant ne manquera pas de trouver plusieurs « cadavres » dans les placards. De la matière pour saisir la justice interne ou internationale. 
Secundo : les enjeux sous-régionaux. Laurent-Désiré Kabila et « Joseph Kabila » sont des purs produits de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo). Trouvaille de l’Ougandais Yoweri Kaguta Museveni et du Rwandais Paul Kagame, l’AFDL considérait le « Congo libéré » comme un butin de guerre. Cet état d’esprit a été restauré dès le lendemain de la disparition de Mzee. Certaines « mauvaises langues » assurent que les dépassements budgétaires constatés au Congo résulteraient des transferts d’argent, en devise forte, que « Joseph Kabila » consent en faveur de ses mentors de Kampala et de Kigali. « Joseph Kabila paie pour acheter la paix », dit-on. 
Tertio : Les intérêts financiers de la « famille présidentielle ». Selon des sources bien informées « Joseph », Jaynet et Zoé se sont accaparés de tous les marchés publics. Olive Lembe di Sita, elle, serait devenue la «marraine», au sens mafieux du terme, des Libanais et autres Indo-Pakistanais. 
« Joseph Kabila » est propriétaire de plusieurs fermes. Les plus connues sont : Kingakati, Kundelungu, Kashamata. D’autres fermes se trouveraient à Boma, Moanda et sur l’île de Mateba, au Bas Congo. Grâce à son prête-nom, Dan Gertler, le "raïs" détient d’importants intérêts miniers et des hydrocarbures. Des informations sensibles seraient détenues par Emmanuel Adrupiako et un certain «Costa», respectivement directeur financier et trésorier à la Présidence de la République. Il se raconte que le dernier cité a été prendre possession récemment d’une somme de 50 millions USD à la Banque centrale du Congo (BCC). Des agents de la Présidence chargés de ranger les liasses auraient disparu avec ce montant rendant « Kabila » fou furieux. 
On rappelle qu’un dossier judiciaire serait toujours ouvert au Parquet général de la République. Le dossier est relatif aux 32 millions USD empochés à Brazzaville par un certain Evariste Boshab alors directeur du cabinet présidentiel. Le journaliste Richard Miniter avait crédité « Joseph » d’un bas de laine estimé à 35 milliards USD. Il semble qu’un certain « Aziz » gère les intérêts de la fratrie « Kabila » à Dubaï.

C’est devenu un secret de Polichinelle de révéler que tous les imprimés de valeurs (passeports, permis de conduire, formulaires pour transaction, timbres fiscaux...) sont commandés, sans appel d’offre, auprès du duo Zoé-Jaynet. Il en est de même des plaques d’immatriculation. Chaque mois, une somme estimée à 3 millions USD atterrit dans leur escarcelle. Le Congo-Kinshasa vient de lancer le passeport à puce. Selon certaines sources, 300.000 passeports biométriques moisissent encore dans un coffre de la BCC.
Olive Lembe di Sita, surnommée « Sainte Olive », s’est frayé un créneau en « protégeant » les marchands libanais et indo-pakistanais. Des sources rapportent que Théodore Mugalu, le chef de la Maison civile du chef de l’Etat, a pris l’habitude d’intervenir auprès des « services » ou de la police nationale pour tirer d’affaire tel homme d’affaires ou tel autre de ces communautés. « Ce sont les amis de Mama Olive », répète-t-il à ses interlocuteurs. 
On apprend que Luzolo Bambi, le conseiller chargé de la lutte contre la corruption, avait fait arrêter le patron libanais de la société « Mino Congo ». Celui-ci détient le monopole de l’importation de la farine aux quatre coins du pays. Luzolo a reçu un coup de fil de Mugalu: "L’homme que vous avez fait arrêté est un ami à Mama Olive". 
Quid de l’épouse du Premier ministre Augustin Matata Ponyo? Elle s’est arrogé le "marché" pour la "propreté" de quelques communes de la ville de Kinshasa. A l’époque où Patrice Kitebi était ministre délégué aux Finances, un montant mensuel de 3,5 millions USD était versé à "Mama Matata". Nommé ministre des Finances, Yav Mulang a ramené ce montant à 1,5 millions USD. Des Kinois ont vu récemment le "Premier" Matata, lors d’une visite matinale de la ville, tailler bavette avec des balayeurs. "J’espère que vous avez reçu ce que je vous ai envoyé", disait-il en lingala avec un grand sourire...

(  Congoindependant



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