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02/02/2016

Parlement Européen : Bientôt des sanctions ciblées contre le régime de Kabila

Parlement Européen : Bientôt des sanctions ciblées contre le régime de Kabila  


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La députée européenne Marie Arena a annoncé le dépôt d’un projet de résolution pour des sanctions ciblées contre des responsables politiques qui ne respectent pas la Constitution. Il sera présenté lors de la session de mars du Parlement européen qui se tiendra à Strasbourg.



La déclaration a été faite au cours de la conférence-débat « Processus démocratiques en Afrique : cas particulier de la RDC », organisé le 27 janvier à Bruxelles par le forum Lisanga qui regroupe des membres de la diaspora de la RDC. « Au niveau du Parlement européen, en concertation avec la société civile et les interlocuteurs que nous avons aujourd’hui, nous allons présenter une résolution à la session du mois de mars à Strasbourg, qui permet de rappeler que le Parlement européen demande, d’une part, aux services d’actions extérieures qui accompagnent le processus électoral congolais d’être extrêmement vigilant sur la manière dont le pouvoir est en train de mettre en place un soi-disant processus électoral qui est plutôt un glissement. Nous allons également dénoncer des cas de violation de droits de l’homme aujourd’hui en RDC. Au niveau du Conseil, nous allons demander des sanctions ciblées sur des responsables politiques qui ne respectent pas les engagements constitutionnels. Il s’agit donc de sanctions individuels contre tous les représentants de ce gouvernement. C’est l’orientation que nous déposerons au niveau de la résolution. Nous espérons avoir un consensus large auprès du Parlement européen afin de pouvoir avancer », a déclaré Marie Arena, qui est également membre du parti socialiste belge. Pour la députée européenne, cette résolution pourrait mettre les autorités congolaises sous pression, dès lors que notamment que l’Union européenne s’appuyerait sur l’Union africaine, les Nations unies et d’autres partenaires. « Le Congo est un grand pays et a une grande importance dans la stabilité de l’Afrique subsaharienne. La communauté internationale doit prendre la mesure de ce que pourrait générer un dérapage pour le Congo et pour l’ensemble du continent africain. C’est un enjeu important pour les populations et pour une stabilité géopolitique », a-t-elle fait savoir.

Un troisième mandat anticonstitutionnel

L’eurodéputée socialiste, qui était la première intervenante lors de cette conférence, a auparavant estimé qu’il est important que l’Union européenne ait des alliés africains notamment au niveau de l’Union africaine, afin de suivre le processus démocratique en RDC, principalement la question d’un éventuel troisième mandat présidentiel. « Dès le départ, le Parlement européen a pris une position qui est de dire que nous ne pouvons accepter le troisième mandat simplement parce qu’il est anticonstitutionnel. Et malgré les différentes tentatives du régime actuel, dont la première était de tenter de modifier la Constitution, les Congolais ont dit non », a fait savoir Marie Arena. Pour cette dernière, s’il y avait eu une modification de la Constitution, comme cela a été le cas au Rwanda par exemple, la communauté internationale n’aurait pas pu dire grand-chose. Mais, a-t-elle poursuivi, cela n’a pas été le cas et il n’y a pas eu un changement de Constitution qui permet un troisième mandat. Donc cet éventuel nouveau mandat devient anticonstitutionnel. « Aujourd’hui le pouvoir veut mettre en place le dialogue. On sent bien que ce dialogue n’est pas la recherche d’un projet de société en faveur des citoyens congolais, mais plutôt un dispositif qui garantirait aux dirigeants actuels de rester encore au pouvoir pendant quelques années. C’est ce qu’on appelle le glissement. Aujourd’hui, on a donc une majorité qui s’obstine et une opposition qui se structure. On risque le pire, c’est-à-dire un affrontement entre une majorité qui veut à tout prix rester au pouvoir et une opposition qui a le soutien de la population congolaise et qui ira vers des mouvements de contestation. Cela peut déraper facilement », a déclaré Marie Arena.
Les autres intervenants à cette conférence, Olivier Dossou Fado, journaliste politique travaillant sur les questions des conflits et processus démocratiques en Afrique, Sabine Kakunga, chargée de plaidoyer Afrique centrale au CNCD-11.11.11 ; Floribert Anzuluni, coordonnateur du collectif Filimbi et Ahmed El Ktibi, de la ville de Bruxelles. La modération a été assurée par Ursule Akatshi, présidente du Forum Lisanga.

Patrick Ndungidi


 

 

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