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06/02/2016

Edem Kodjo : "Je ne suis pas le facilitateur de la crise congolaise"


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Après ses entretiens avec le président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, jeudi 5 février, à Bruxelles, l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo, Envoyé spécial de la présidente de la Commission de l’Union africaine, a eu, dans la soirée, une "rencontre informelle" avec des membres de la diaspora congolaise de Belgique. Pour lui, l’idéal serait qu’on respecte la Constitution et les délais constitutionnels. "Si les estimations de la CENI se confirmaient, il faudrait trouver une solution", a-t-il ajouté en lançant, au passage, le mot "transition".

"Je ne suis pas le facilitateur de la crise congolaise, mon rôle est assimilable à celui d’un entremetteur pour mettre les gens d’accord", a lancé Edem Kodjo soulignant que "c’est un travail ingrat". Une manière de fixer ses interlocuteurs sur les limites du mandat lui confié par Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine.
Faisant une sorte d’évaluations de ses contacts, Edem Kodjo de confier que le respect de la Constitution et des délais constitutionnels reste l’idéal. "Il faut néanmoins éviter que le pays bascule dans la violence", a-t-il ajouté. 
A propos de la note technique publiée le 14 janvier dernier par la CENI (Commission électorale nationale indépendante) au sujet du timing pour accomplir le nettoyage du fichier électoral (+/-14 mois), Edem Kodjo dit "craindre que les prévisions annoncées par la CENI soit exactes". 
Ayant pris la mesure de la crise de confiance ambiante à l’égard de la CENI, il ajoute : "On peut toujours recourir à des experts internationaux pour savoir si l’élection présidentielle et les législatives peuvent encore être organisées en novembre 2016. 
Dans l’hypothèse où les estimations de la CENI seraient confirmées, l’Envoyé spécial de la présidence de la Commission de l’UA considère que "les Congolais doivent se rencontrer pour trouver une solution". "Une solution qu’on pourrait appeler ’transition’ ou autre chose". "J’ai dit à mes interlocuteurs congolais que plus ils se braquent sur leurs positions, le temps passe", glisse-t-il. "Ils doivent réfléchir vite". 
Pour lui, les forces politiques et sociales devraient éviter que le Congo-Kinshasa "bascule dans la violence". "Il n’y aura pas de violation de la Constitution au profit de qui que ce soit", a-t-il conclu.
Vint le tour des membres de la diaspora congolaise de Belgique qui ont pour l’occasion abandonné leurs étiquettes politiques respectives. "La diaspora congolaise dans sa grande majorité tient au respect de la Constitution et des délais constitutionnels", lance Dr Jean-Jacques Mbungani Mbanda. "Il est temps qu’on commence à respecter nos Constitutions" enchaîne la politologue Louise Ngandu. Elle fustige, dans la foulée, les violations des droits de l’homme et les arrestations. Pour elle, ces faits génèrent "une ambiance qui ne favorise pas la sérénité". "Nous avons des inquiétudes pour les femmes et les enfants", note, pour sa part, Hélène Matundu. Docteur en médecine et expert en matière électorale, Benjamin Stanis Kalombo, président de l’Association Aprodec, conteste le sérieux de la note technique de la CENI. "Le processus électoral peut être accompli dans les délais", assure-t-il. Pour lui, il faut "un dialogue technique". Et d’ajouter que l’ensemble des opérations (appel d’offre, fournitures des kits biométriques, enrôlement de tous les électeurs, nettoyage du fichier électoral, distribution des cartes d’électeurs et publication des listes électorales) est faisable en 5 ou 6 mois. Le dernier mot revient à l’analyste en géostratégie Jonathan Simba Kaï : "Le climat de violence et d’intolérance ne favorise pas le dialogue. Il reste que le dialogue est le seul moyen pour sortir de la crise..."

(  Congoindependant ,



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