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07/02/2016

Grands Lacs : ce que contient le rapport confidentiel du groupe d’experts de l’ONU

  • Grands Lacs : ce que contient le rapport confidentiel du groupe d’experts de l’ONU

Un rapport confidentiel du groupe d'experts des Nations unies datant du 15 janvier, dont Jeune Afrique a pu se procurer une copie, épingle le Rwanda, soupçonné de faciliter le recrutement et l'entraînement des rebelles burundais sur son sol. Mais aussi la RDC dont les soldats auraient tiré sur des Casques bleus tanzaniens début mai 2015.

Une fois de plus, un rapport confidentiel du groupe d’experts onusiens sur la RDC finit par être diffusé dans l’espace public. Destiné aux représentants d’un comité restreint du Conseil de sécurité, le document d’une dizaine de pages, dont nous avons pu nous procurer une copie, porte sur trois points : les violations du droit international humanitaire, la présence des groupes armés et le trafic d’armes.

Outre le trafic d’armes et la persistance des violences dans le territoire de Beni, dans le nord-est de la RDC, deux faits rapportés dans le document risquent de compliquer des relations déjà tendues entre la RDC et la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) d’une part, et entre le Rwanda et le Burundi voisin de l’autre.

Deux soldats congolais accusés d’avoir tiré sur des Casques bleus tanzaniens

Le rapport d’experts onusiens revient sur « l’incident » qui a eu lieu le 5 mai à 17 heures locales à Mayi Moya, dans le territoire meurtri de Beni. Ce jour-là, deux Casques bleus tanzaniens avaient été tués et 26 autres blessés dans un accrochage.

Très rapidement, les investigations internes au sein de la Monusco ont pointé les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF), très actifs dans cette partie du territoire de la RDC. Mais ces derniers n’y étaient pour rien. En tout cas, selon les experts onusiens.

« Au cours de son enquête, le Groupe [d’experts] a constaté que l’ADF n’était pas responsable de l’attaque, mais plutôt des éléments de la 31e brigade des FARDC qui avaient tiré sur des Casques bleus tanzaniens ».

Comment cela est-il arrivé ? Selon des experts onusiens, il ne s’agirait pas d’une quelconque embuscade. Se fondant sur des témoignages des personnes qui prétendent avoir assisté à l’incident mais aussi sur d’autres sources, y compris parmi les officiers congolais, ils affirment que deux soldats congolais, qui se trouvaient à Kisiki, près du lieu de l’incident, avaient été alerté d’un éventuel ravitaillement en armes des rebelles de l’ADF par des Casques bleus.

Ces deux éléments de l’armée congolaise ont alors réquisitionné un chauffeur de taxi-moto pour se rendre à Mayi Moya. « À leur arrivée, des éléments de l’ADF ont tiré sur eux, tuant le conducteur et blessant les deux soldats », rapportent les experts onusiens qui soulignent que ces derniers avaient tiré et touché les rebelles ougandais et les Casques bleus tanzaniens qui s’y trouvaient avec eux.

Des rebelles burundais entraînés au Rwanda

Dans leur rapport confidentiel, des experts onusiens accusent également le Rwanda de recruter et d’entraîner des réfugiés du Burundi voisin.

Dix-huit réfugiés, dont six mineurs, ont été entendus par les experts pendant leur enquête. « Ils ont déclaré que leur but ultime était de chasser du pouvoir le président burundais Nkurunziza », indique le rapport qui a été transmis au Conseil de sécurité.

Le document soutient que des réfugiés burundais ont reçu pendant deux mois un entraînement militaire de la part d’instructeurs dont certains étaient des soldats rwandais. Une formation qui « comprenait des tactiques militaires, l’utilisation et l’entretien de fusils d’assaut et de mitraillettes, ainsi que des sessions d’endoctrinement idéologique ».

Lire l’intégralité du rapport confidentiel du groupe d’experts onusiens

Trésor Kibangula
 
 

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