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01/04/2016

ONU : la RDC sous haute surveillance !


IMG_3434Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a décidé, hier jeudi 31 mars 2016, de prolonger pour la nième fois et pour douze nouveaux mois, le mandat de la Monusco (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation au Congo) et de maintenir, comme par le passé, ses effectifs à hauteur de 21.000 soldats et policiers. Ses membres ont simplement pris acte de larecommandation du Secrétaire des Nations Unies, Ban ki-moon, préconisant le retrait d’au moins 1.700 casques bleus.

Les observateurs notent que le plaidoyer de Raymond Tshibanda, ministre congolais des Affaires Etrangères en faveur du retrait progressif des forces onusiennes du territoire congolais, n’a pas convaincu grand monde. Les Nations Unies ont, au contraire, réaffirmé leur position bien connue du pouvoir de Kinshasa, à savoir qu’elles ne pourraient envisager une réduction des effectifs que lorsqu’elles auront constaté des progrès importants dans la protection des populations civiles ainsi que dans la traque des forces négatives à l’Est.

Elections apaisées, libres et crédibles

S’agissant du processus électoral, le Conseil de Sécurité s’est clairement prononcé pour la tenue d’élections apaisées, libres et crédibles dans le délai constitutionnel. A cet effet, une Résolution proposée par la France et adoptée à l’unanimité « exhorte le gouvernement congolais et toutes les parties prenantes à garantir un processus électoral libre, équitable, crédible » et appelle à leur tenue «  en temps voulu, en accord avec la Constitution ».

Selon le représentant de la France aux Nations Unies, l’ambassadeur François Delattre, la communauté internationale a désormais deux priorités à satisfaire en République Démocratique du Congo :

– 1°) la protection des populations civiles dans le cadre de la lutte contre les groupes armés dans la partie Est du pays ;

– 2°) le soutien à la tenue d’élections crédibles, pacifiques et démocratiques.

 D’aucuns voient, à travers la Résolution venue de Paris, la mise sous haute surveillance de la République Démocratique du Congo. Le fait d’avoir rejeté la demande congolaise de révision à la baisse des effectifs onusien mais surtout d’insister sur le respect de la Constitution dans l’organisation des élections donne à penser que le processus électoral congolais vient de passer sous la coupe des « grands » de la planète, comme ce fut le cas de celui de 2006. Le maintien des effectifs des casques bleus et des policiers onusiens à la hauteur de 21.000 laisse penser que la communauté internationale a pris ses dispositions pour à la fois prévenir une insécurité généralisée à l’Est du pays et des violences préélectorales, électorales et électorales.

Pas de « glissement »

            Sans fioriture, le Conseil de Sécurité des Nations Unies vient d’exprimer son refus de tout « glissement » du calendrier électoral, en insistant notamment sur l’organisation des élections « en temps voulu » et « en accord avec la Constitution ». Lorsque l’on promène son regard sur le processus électoral, l’on se rend compte que s’il y a une élection hermétiquement verrouillée par le législateur congolais, c’est bel et bien la présidentielle. Car, pour ce type de scrutin, la Constitution dispose que le corps électoral doit être convoqué trois mois avant la fin du mandat du Chef de l’Etat.

            La lecture du message de la Communauté internationale pousse à croire qu’elle adhère à la date du 27 novembre 2016, retenue dans le calendrier électoral comme celle de l’organisation des élections couplées présidentielle et législatives nationales mais aussi à la celle du 20 décembre 2016 pour la passation de pouvoirs entre le Président sortant et son successeur.

            A Kinshasa, a-t-on pris la pleine mesure d’une Résolution qui a tout l’air d’une ingérence non déclarée dans les affaires intérieures du pays ? Va-t-on ramer à contre courant, au nom de la souveraineté nationale, ou s’impliquer dans la voie de l’alternance selon le schéma tracé par les maîtres de la planète ? Que va-t-il se passersi les officiels de Kinshasa s’accrochaient à la logique du glissement ? Ces questions, ainsi que tant d’autres restent, pour l’instant, sans réponses.            Kimp

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