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16/04/2016

Etats-Unis: Au nord de New York, la frustration mène à Trump

Etats-Unis: Au nord de New York, la frustration mène à Trump

AFP Publié le - Mis à jour le

INTERNATIONAL

 Kevin est avocat new-yorkais, Lloyd chef d'entreprise, et Christopher, qui avait voté pour Barack Obama, travaille dans la construction. Qu'ont-ils en commun? Ils soutiennent le républicain Donald Trump.

Aucun d'eux ne vit dans la misère. Ils ont des opinions variées mais partagent la même frustration de l'économie et des politiciens, et la même impression d'un déclin du prestige de l'Amérique.

Les partisans du milliardaire sont souvent décrits comme des Blancs peu éduqués, aux revenus modestes. Mais dans le nord de l'Etat de New York, où Trump se qualifie de "personne la plus populaire qui ait jamais vécu", l'importance de son soutien met en lumière un attrait qui dure, alors même que l'appareil républicain complote à sa chute.

"Je ne pense pas qu'il soit l'Hitler que tout le monde redoute, je ne le pense vraiment pas, et je suis New-Yorkais, j'ai grandi avec ce gars", déclare à l'AFP Lloyd Knecht, 59 ans, patron d'une entreprise de chauffage et d'air conditionné de 30 personnes.

Il travaille à Binghamton, qui n'est plus que l'ombre de son passé prestigieux quand IBM y employait jusqu'à 20.000 personnes.

Le départ graduel d'IBM et d'autres entreprises, emportant emplois et technologies à l'étranger, a laissé un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale et un taux de pauvreté supérieur à la moyenne de l'Etat de New York. La population a fondu.

Lloyd Knecht, qui se présente comme un républicain penchant à gauche, s'inquiète de l'augmentation des salaires et charges, bien qu'il soit favorable à "une sorte d'assurance maladie nationale", et craint un ralentissement de l'économie.

Le message populiste de Trump, promettant de faire revenir les emplois et de restaurer la fierté nationale, touche une corde sensible dans une région qui s'est longtemps sentie oubliée par l'Etat et les politiciens àWashington: le démocrate Bernie Sanders était cette semaine le premier candidat à la présidence à visiter Binghamton depuis George W. Bush il y a 16 ans.

Trump a une avance confortable dans les sondages avant la primaire dans l'Etat mardi, avec 53,4% des intentions de vote, selon une moyenne établie par RealClearPolitics.

Christopher Love, syndicaliste qui travaille dans la construction, vit depuis 42 ans dans la région. Il a vu Binghamton se transformer d'une "vallée d'opportunités" en une "ville fantôme".

Son fils adolescent s'est enrôlé dans l'armée, pour ne plus travailler à compter bouteilles et cannettes.

Pour lui, Trump est le seul candidat à parler des questions qui le concernent. "Nous devons changer quelque chose. Ce que nous avons fait depuis 30 ans ne marche pas." Il voit les défauts du milliardaire, connait ses divorces adorés des tabloïds, ses échecs en affaires, ses déclarations politiques douteuses, et les insultes qu'il assène. Il dit que cela le rend humain et sympathique, qu'il est peut-être imparfait, mais que c'est le meilleur du lot.

Son adversaire à droite, Ted Cruz, est détesté pour avoir critiqué les valeurs de New York. Les républicains de Binghamton interrogés par l'AFP le jugent trop extrême, trop religieux, antipathique, et même "effrayant".

"Les gens sont dégoûtés"

Ils écartent John Kasich qui n'a gagné qu'un Etat, le sien. Pourquoi aiment-ils Trump? "C'est juste la frustration de gens qui ont voté pendant des années, et ils sont dégoûtés, fatigués, même désensibilisés", répond Christopher Love.

Conrad Taylor, 19 ans, étudiant et conseiller municipal démocrate à Binghamton, pense que la ville universitaire est majoritairement démocrate. Selon lui, Trump est populaire à la périphérie. "Est-ce que je pourrais voter pour Trump? Non. Mais je peux facilement comprendre pourquoi tant de gens dans notre région pensent qu'il est un bon candidat", dit ce soutien de Bernie Sanders.

La campagne lancée au sein des républicains pour priver Trump de l'investiture provoque la fureur chez les sympathisants du parti à Binghamton. "Ils veulent leur petit pouvoir à eux et j'en ai vraiment ras-le-bol", dit Kevin Guyette, avocat et qui reproche à son parti de nier le changement climatique, marginaliser les femmes et expliquer le monde à travers la Bible.

"Les républicains ont montré à quel point ils sont stupides. Ils font des déclarations qui défient la logique, l'économie, la science. S'ils continuent à se conduire comme des enfants, je suis prêt à changer d'affiliation".

 

via lavoixdukasai.blogs
 

 

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