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18/04/2016

Glissement : Un sénateur américain met Joseph Kabila en garde

 

Glissement : Un sénateur américain met Joseph Kabila en garde  


A travers une correspondance adressée au représentant de Kinshasa à Washington, John McCain fustige le blocage créé de toutes pièces par le pouvoir en place à Kinshasa pour prolonger le processus électoral, décrie la traque des opposants, le non respect des droit de l’homme… et en appelle au respect de la Constitution

John McCain, sénateur américain, a adressé, le 15 avril 2016, une correspondance à l’ambassadeur de la République démocratique du Congo aux Etats-Unis, Balumuene, dans laquelle il reproche au président de la République, Joseph Kabila, de manœuvrer pour éviter les élections dans les délais constitutionnels, fermer l’espace politique, réprimer les opposants, pour consolider son pouvoir. Voici l’intégralité de cette communication.

Ambassadeur François Balumuene
Ambassadeur de la République Démocratique du Congo
1100 Connecticut Avenue NW, Suite 725
Washington DC. 20 036

Monsieur l’Ambassadeur Balumuene

Je vous écris pour exprimer ma profonde préoccupation sur le climat politique de plus en plus répressif et la détérioration de la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo (RDC).

Concernant les deux dernières années, le Président Kabila semble manœuvrer pour éviter les élections nationales et consolide le pouvoir d’éroder le processus démocratique et la fermeture de l’espace politique. De telles actions sont contraires aux obligations internationales de la RDC et risquent la poursuite du conflit dans votre pays.

Comme beaucoup de leaders aux États-Unis et à travers le monde, j’avais suivi de près les développements dans votre pays qui méritent préoccupation.

L’année dernière, le Président Kabila a présenté un acte au Parlement qui lui permettrait de rester au pouvoir jusqu’à ce qu’un recensement soit achevé, qu’il estime prendrait environ quatre ans. Cela avait conduit à des manifestations de masse au cours de laquelle des dizaines de personnes ont été tuées par les forces gouvernementales.

Depuis ce temps, le Président Kabila a entrepris une campagne à grande échelle pour réprimer la dissidence politique et consolider le pouvoir.

Au mois de Décembre 2015, sept personnalités politiques ont été expulsées de la Majorité Présidentielle pour avoir signé une lettre exhortant le président Joseph Kabila à respecter la Constitution. Peu après, six militants avaient été arrêtés et condamnés à deux ans de prison après avoir appelé à une grève générale contre les actions du président.

Ces incidents corroborent d’autres rapports disant que les responsables de la sécurité et de renseignement congolais ont été menés pour réprimer les militants pacifiques, les dirigeants politiques, et d’autres qui opposent les tentatives faites par le Président Joseph Kabila pour rester au pouvoir.

Humant Rights Watch a documenté des dizaines de cas de militants et de dirigeants de partis politiques qui ont fait face à une arrestation arbitraire et détention illégale. Pire encore, les rapports crédibles des groupes de droits de l’homme indiquent que les opposants politiques sont désormais confrontés à des menaces de mort de la part des autorités.

Il y a deux ans, le secrétaire d’Etat américain John Kerry avait visité Kinshasa et avait publiquement appelé le Président Kabila de respecter les prescrits de la constitution du pays interdisant la recherche d’un troisième mandat et de permettre aux élections de 2016 d’avoir lieu comme prévu.

Malheureusement, les actions du Président Kabila à ce jour ont démontré le mépris de la loi dûment constituée du pays, ainsi que pour les appels internes et de la communauté internationale, de s’y conformer.

Les étapes qu’il a prises pour contourner la constitution, obstruant illégalement les opposants politiques, créer ingénieusement des obstacles aux élections prévues, et réprimer les journalistes portent atteinte à la primauté du droit et manifestent un mépris évident pour l’avenir démocratique de la RDC et le bien-être du peuple congolais.

Par conséquent, je demande urgemment le Président Kabila et votre gouvernement de respecter et de protéger les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association, et de mettre fin à toutes les formes d’intimidation, de harcèlement, des attaques contre les militants des droits de l’homme et des opposants politiques.

Tous les acteurs politiques congolais ne doivent épargner aucun effort, dans le cadre de la constitution du pays, pour assurer des élections libres et équitables, préserver la paix, renforcer la démocratie, et de renforcer la primauté du droit.

Les États-Unis prennent avec valeur sa bonne relation avec la RDC et sont fiers d’avoir fourni une assistance à votre gouvernement pour que vous continuiez à confronter les défis en cours. Au moment où les menaces dans la région sont de plus en plus croissantes, nous ne pouvons pas nous permettre de mettre en danger notre partenariat à travers des actions qui pourraient nuire à la sécurité et à la stabilité à long terme de la RDC.

Le Président Kabila a contribué au parcours de la RDC d’hostilité à une stabilité relative. Il a maintenant l’opportunité de cimenter son héritage en mettant le pays sur la voie démocratique et la prospérité pour les générations futures de Congolais et le monde va longtemps célébrer.

Mon espoir est que la RDC aura son tout premier transfert démocratique du pouvoir cette année. A cette fin, je vais travailler avec mes collègues pour appuyer le processus électoral et de continuer à renforcer les liens entre nos deux nations.
Cordialement,
John McCain
Sénateur.
Etats-Unis.
Merci


(  La Tempête des tropiques , via lavoixdukasai.blogs



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