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30/05/2016

Le message d’Etienne Tshisekedi aux Congolais : «Persévérez…»


tshisekediLa République est en proie à des turbulences. De Bruxelles où il se trouve en convalenscence, Etienne Tshisekedi est conscient des enjeux et de la période délicate que le pays traverse. Les attentes du peuple sont nombreuses, les doutes aussi. Où va le pays ? Et quel est notre avenir collectif ? Pour Etienne Tshisekedi, la réponse est simple : «Seule la persévérance paie». Ce message, il a tenu à le transmettre  à tous les Congolais vendredi dernier à Bruxelles à travers une Conférence de presse tenue par deux membres de son parti, Bruno Tshibala et Félix Tshisekedi, respectivement Secrétaire général adjoint et porte-parole, et Secrétaire National aux Relations Extérieures de l’UDPS. Ces derniers  ont animé conjointement une conférence de presse à l’intention de la diaspora congolaise.
 
Après avoir délivré le message d’Etienne Tshisekedi, «qui exhorte les Congolais à persévérer dans le combat, affirmant que la victoire est imminente»,  les orateurs ont saisi l’occasion pour revisiter les grands moments de l’histoire de leur parti ainsi que quelques sujets de brûlante actualité. A cet effet, ils ont rappelé le credo d’Etienne Tshisekedi, fondé sur la conquête démocratique du pouvoir en vue de la construction d’un Etat de droit en RD Congo.
          S’agissant du dialogue, l’UDPS y reste attachée, sous réserve du respect de sa «feuille de route». Ci-dessous, le texte de la conférence de presse susévoquée.
1. De la forme de la lutte choisie par l’UDPS
Comme chacun le sait, dès sa création au plus fort de la dictature, en février 1982, les fondateurs de l’UDPS avaient le choix entre déclencher une lutte révolutionnaire, n’excluant pas le recours à la violence pour chasser le tyran, ou mener une lutte réformiste pour changer le système politique au pays.
 
Fervents partisans de la Non-violence, les fondateurs de l’UDPS avaient opté pour la lutte politique réformiste, en opposant aux tenants de la dictature les valeurs et principes de la démocratie pluraliste comme meilleur système de gouvernement de l’Etat. Ils avaient raison, dans la mesure où tous ceux qui ont pris le contrepied de cette option, ont conduit le pays dans un aventurisme sans lendemain. C’est donc grâce au combat politique mené avec héroïsme par l’UDPS, que la démocratie s’est installée chez nous.
 
2. Quels sont les objectifs poursuivis par l’UDPS ?
 
Parti de gauche prônant les valeurs qui s’inspirent de la social-démocratie, celles de liberté, d’égalité, et de solidarité, l’UDPS s’assigne comme objectifs une fois aux affaires, d’opérer un grand changement dans la conduite des affaires de l’Etat, en privilégiant l’intérêt supérieur du peuple et le bien commun.
 
Ce faisant, l’UDPS entend ainsi promouvoir une démocratie pluraliste véritable et vivante, instaurer la bonne Gouvernance en luttant contre la prévarication, la corruption, la concussion et autres antivaleurs, faire respecter les libertés publiques et les droits fondamentaux des congolais, promouvoir la justice sociale et distributive, assainir la monnaie et les finances publiques, redresser et développer l’économie nationale par la réhabilitation des infrastructures et la reconstruction du pays, et enfin favoriser l’entente et la coopération avec les Etats et les organisations qui prônent la paix, la justice, la démocratie, la liberté, le tout, afin d’assurer le progrès social du peuple congolais.
 
3. De la Conquête du pouvoir par l’UDPS
 
          Parti non violent et démocratique, l’UDPS entend accéder au pouvoir par la voie des élections, qui est le mode par excellence d’accession aux responsabilités des partis démocratiques. Il y a lieu de signaler que depuis l’enclenchement du processus de démocratisation de notre pays au début des années 90, en passant par la tenue de la Conférence Nationale Souveraine, l’expérience démocratique n’a pas encore été concluante. En cause essentiellement, l’absence de conversion réelle à la démocratie de la part des tenants du pouvoir dans notre pays.
          Ceux-ci, sans bilan défendable, organisent de manière générale la fraude électorale, le hold-up, pour empêcher l’alternance au pouvoir.
          Leur motivation étant de s’accrocher au pouvoir pour assouvir leurs intérêts égoïstes et régner par défi, avec comme conséquences une direction du pays sans vision, sans idéal, un leadership faible et illégitime, la paupérisation et la clochardisation de nos populations, ainsi que le manque de cohésion et de concorde nationales. C’est le cas de M. Kabila qui, retoqué en 2006 et 2011, règne par défi contre la volonté du peuple souverain.
Il est évident que le dévoiement du processus démocratique et électoral du pays est le fait de l’instrumentalisation de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui, créée comme institution d’appui à la démocratie, ne permet pas à celle-ci de s’épanouir par le jeu de l’alternance, du fait de son inféodation au pouvoir.
C’est pour cela que l’UDPS, au travers du Dialogue politique en gestation, exige impérativement la recomposition de la CENI de manière
à la rendre impartiale, véritablement indépendante, objective et représentative de toutes les sensibilités politiques du pays. Il en est de même de la Cour Constitutionnelle qui doit subir le même sort, les médias publics qui doivent être libéralisés, sans oublier la territoriale qui est entre les mains d’une seule famille politique, en l’occurrence la MP.
          Toutes les conditions de transparence réunies, l’UDPS est confiante de battre, aux prochaines élections présidentielle et législatives de 2016, tous ses concurrents disqualifiés par leurs bilans désastreux et leurs diverses compromissions.
          Nous disons donc ici haut et fort que l’UDPS va conquérir le pouvoir cette année, au terme des élections prévues, dans la mesure où elle est seule, avec ses alliés des forces du changement, à incarner l’espoir du peuple qui ira aux élections pour sanctionner les mauvais gestionnaires de la MP et leurs alliés, quel que soit les masques dont ils vont se couvrir. L’arrivée au pouvoir de l’UDPS aura une triple incidence sur la marche du pays :
 
a) l’épanouissement de la Démocratie;
b) la sécurité pour tous;
c) le redressement économique et donc le progrès social qui va se manifester par les meilleures conditions de vie pour tous, du travail pour un plus grand nombre de congolais, l’accès aux soins de santé pour tous, et enfin une bonne éducation pour ses enfants.
 
4. Gouvernance de l’UDPS au Pouvoir
Dans sa gouvernance qui va se démarquer nettement de la gestion calamiteuse des régimes  précédents, dominée par le pillage des ressources naturelles, la prédation et l’enrichissement illicite des dirigeants, l’UDPS entend s’atteler d’abord à la création de l’Etat qui n’existe pas à l’heure qu’il est. L’UDPS avec Etienne TSHISEKEDI aux commandesentend restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. Celle-ci ne souffrira d’aucune faille.
          L’administration, bras séculier de l’Etat, sera valorisée pour permettre à celui-ci d’exercer pleinement ses prérogatives régaliennes.
          La fonction publique redeviendra, comme partout ailleurs, l’apanage des meilleurs au service de l’Etat. La justice comme service public, fonctionnera de manière indépendante et sans interférence néfaste du politique qui en altère la mission.
          La promotion d’une Coopération internationale agissante et responsable permettra à nos nombreux partenaires traditionnels de revenir investir dans un pays sûr et stable en vue de relancer, ensemble, la reconstruction de notre pays.
Bref, avec l’UDPS au pouvoir bientôt, le Congo devra redevenir en très peu de temps, une oasis de paix et de prospérité pour tous ses habitants.
 
5. Quelques questions brûlantes d’actualité
 
          L’opportunité de cette conférence nous permet de revenir et d’évoquer quelques questions d’actualité.
          Comme vous le savez, le pouvoir de Kinshasa, en désespoir de cause, a saisi la Cour constitutionnelle, par une requête en interprétation de l’article 70 de la Constitution, pour obtenir une rallonge indue à la tête de l’Etat.
          Le 11 mai dernier, cette Cour a rendu un arrêt qui viole la Constitution. Le Président TSHISEKEDI a rejeté cet arrêt pour cause d’inconstitutionnalité. En conséquence, si les élections ne sont pas organisées dans le délai, Kabila quitte le pouvoir et remet les clés du Palais de la Nation, au plus tard le 19 décembre 2016 à minuit.
          Concernant le dialogue politique, l’UDPS reste attachée à ce Dialogue qui est la voie royale pour sortir de l’impasse et éviter le chaos qui se profile à l’horizon.
          L’UDPS a cependant, exprimé quelques préoccupations qui tiennent à la concordance de la perception du Dialogue par la facilitation à la Feuille de route du 15 février 2015 et à la résolution 2277, à l’encadrement du facilitateur par le panel de quatre organisations, à savoir, l’ONU, l’Union Européenne, l’OIF et les Etats-Unis d’Amérique, de manière à assurer la garantie de bonne fin des résolutions et recommandations du Dialogue, et aux signaux de décrispation politique.
          Aussitôt que ces préoccupations seront satisfaites, le Président Etienne Tshisekedi, Autorité politique et Chef de file des forces du changement, transmettra la liste des membres de l’opposition au Facilitateur.
          A propos du groupe de travail mis en place par le facilitateur, l’UDPS rappelle, comme souligné dans son communiqué du 24 mai 2016, que les problèmes que nous avons dans le pays sont politiques et appellent des solutions politiques de la part de la classe politique. La société civile, mouvement associatif apolitique, est invitée au Dialogue comme témoin dans le cadre de notre démocratie participative prônée par notre pacte républicain.
          Le Groupe de travail mis en place est une cellule informelle au service du facilitateur. Seul le Comité préparatoire sera l’organe attitré chargé de la préparation du Dialogue.
          Pour terminer, nous saluons la bravoure des combattantes et combattants de l’opposition qui ont bravé le dispositif de sécurité en marchant à travers les principales villes du pays ce 26 mai, comme prévu, pour manifester le rejet de l’arrêt, et voir ainsi Kabila quitter le pouvoir cette année.
          Nous condamnons la répression brutale des manifestants et les morts enregistrés.
          Voilà, Mesdames et Messieurs de la presse, chers invités, Combattantes et Combattants, ce que nous avons tenu à dire au titre de cette conférence, et nous vous remercions.
 
          Nous restons à votre disposition pour vos questions,
 
 Fait à Bruxelles,
le 27 mai, 2016
Bruno TSHIBALA
NZENZHE
 
Secrétaire
Général-Adjoint et Porte-Parole
Félix TSHISEKEDI
TSHILOMBO
Secrétaire National aux relations extérieures

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