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05/07/2016

Kabila -Tshisekedi : deux hommes, deux visions !

Kabila -Tshisekedi : deux hommes, deux visions !  Posté le:

 
 Sur le dialogue et l’organisation des élections en RDC, le Président Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi, Chef de file de l’Opposition investi à Genval, ne partagent forcément pas la même perception. Les discours prononcés à l’occasion du 56ème anniversaire de l’indépendance du pays, par les deux personnalités, ont fini de dissiper le doute là-dessus. Quand Joseph Kabila, depuis Kindu, invite le Facilitateur Edem Kodjo à lancer, au plus vite, les travaux du dialogue politique selon le modèle défini dans l’Ordonnance du 28 novembre 2015; Etienne Tshisekedi n’entrevoit aucune discussion avec le pouvoir en place à Kinshasa si ce n’est dans le respect de l’esprit et de la lettre de la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité de l’ONU, dont le contenu a été repris dans la Résolution 2293.
 
Dialogue plombé
 
Chaque camp compte ses soutiens. Jeudi 30 juin dernier, à Kinshasa, un groupe de politiciens se réclamant de l’Opposition pro-dialogue a publié  une déclaration d’adhésion à un dialogue ayant pour soubassement l’ordonnance présidentielle du 28 novembre 2016. Cependant, l’Opposition pro-dialogue part avec un sérieux handicap. La Facilitation internationale ne reconnaît pas en  ses animateurs,  le statut d’opposants. Par contre, Etienne Tshisekedi avec le Rassemblement de Genval, allusion faite,  ici,  au Conclave des opposants congolais tenu au mois de juin 2016, en terre bruxelloise, a reçu de la Facilitation, la paternité de la liste de l’Opposition au dialogue. La démarche d’Edem Kodjo se complique davantage dès lors que Genval a remis à la surface,  un certain nombre d’exigences. On pense, ici,  à la mise sur pied d’un Panel de facilitateurs internationaux notamment, de l’ONU, l’UE, OIF, de la SADC et de la CIRGL pour accompagner Edem Kodjo dans l’exécution de sa mission. Une décision, en ce sens, a été prise, à l’unanimité, par quatre organisations internationales que sont l’Union Africaine, l’Union Européenne, l’ONU et l’OIF, dernièrement à  Addis-Abeba. Etienne Tshisekedi, pour le compte du nouveau Rassemblement politique qui s’est créé autour de lui, demande, entre autres, la libération des prisonniers politiques et d’opinion qui seraient, selon lui,   détenus dans les différents centres pénitentiaires du pays. C’est pour faire avancer les choses que le Facilitateur Edem Kodjo vient de prendre l’avion à destination de la capitale éthiopienne, siège de l’Union Africaine. L’on espère qu’il rentrera, à Kinshasa, avec de nouvelles directives. Des supputations, pendant ce temps, vont bon train tant dans la haute ville que dans les rues de Kinshasa. Pour certains, Edem Kodjo serait amené à se dédire en organisant un dialogue sans la participation de l’Opposition tshisekediste. Auquel cas, ce serait un bis repetita des Concertations nationales non inclusives de 2013.
 
Le processus électoral toujours bloqué
 
 On aurait cru, avec l’annonce du début des opérations d’enrôlement des électeurs à la fin de ce mois de juillet, que le processus électoral avait, finalement, été débloqué. Etienne Tshisekedi a déjà  prévenu que le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement n’accepterait pas une parodie d’enrôlement des électeurs aussi longtemps que la CENI et la Cour Constitutionnelle resteraient, selon ses propres termes, inféodées au pouvoir. On sent que le débat évolue. Il n’est plus question, côté pouvoir, de réviser le fichier électoral de 2011. On veut carrément établir de nouvelles listes électorales. Autrement dit, le pays n’a presque plus de fichier électoral. Déjà, la RDC n’avait  plus de calendrier électoral depuis septembre 2015, alors que les candidats députés provinciaux avaient versé la caution financière et s’apprêtaient à en découdre un mois plus tard,  le 25 octobre. Saisie par la CENI en interprétation de la loi de programmation d’installation de nouvelles provinces, à la suite du retard accumulé dans l’élection des bureaux définitifs des Assemblées provinciales et l’adoption de leurs Règlements intérieurs, la Cour Constitutionnelle avait rendu, le 8 septembre 2015, un arrêt pour ajourner le calendrier électoral global. 
 
Or, sans calendrier électoral et sans fichier électoral, il est difficile d’affirmer que le processus électoral avance de manière à organiser les élections dans le délai constitutionnel.
 
Qui perd, qui gagne ?
 
Si la CENI ne fait pas mystère de son incapacité à organiser des élections dans le délai, elle donne l’impression de s’enliser dans un processus dont on a du mal à voir le bout du tunnel. Dans cet environnement politique aussi incertain, ceux qui tirent profit des institutions, militent,  désormais,  activement pour la continuité. Il y a, en effet, un arrêt de la Cour Constitutionnelle qui garantit une fin de mandat tranquille aux animateurs actuels des Institutions de la République. Parallèlement, la CENCO, dans une déclaration publiée récemment, a demandé au peuple congolais de s’opposer au glissement. Etienne Tshisekedi ambitionne ouvertement de prendre la tête de la transition, au cas où l’élection présidentielle n’avait pas lieu comme prévu. L’Assemblée parlementaire ACP-UE a pris une résolution, le 15 juin dernier, exigeant  la démission du Président à la date du 20 décembre 2016. Les USA mènent la fronde internationale  en termes de ‘’sanctions ciblées’’ contre les autorités congolaises dont la liste n’est pas connue, à l’exception, bien sûr,  du Général Célestin Kanyama.  Obama envisagerait, dans son élan au goût aigre,  est allé jusqu’à préconiser des  sanctions contre  les dignitaires du régime réfractaires au principe de l’alternance démocratique en Afrique. Plus les jours passent, mieux les positions se radicalisent. Aux grands maux, de grands remèdes, dit-on.  Les politiciens sont invités à se surpasser pour ne privilégier que l’intérêt supérieur de la Nation congolaise. La logique de la confrontation dont le décor est déjà planté, plongera inutilement  le pays dans un chaos inconsidéré. D’ailleurs, dans un tel jeu, ce sont les congolais, dans leur majorité, qui en paieront les frais.

(  radiookapi , via www.bondousa.org)



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