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27/12/2016

Un Belge à la tête du nouveau gouvernement congolais qui compte… 67 membres

 

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MARIE-FRANCE CROS Publié le - Mis à jour le

 

 

Pour satisfaire les appétits de tous ceux qui ont accepté le maintien de Joseph Kabila, le nouveau gouvernement compte… 67 membres !

C’est lundi juste avant minuit, fin du mandat de Joseph Kabila, qu’un nouveau gouvernement congolais a été annoncé à Kinshasa. Il est le résultat de l’accord du 18 octobre, qui a conclu le bien mal nommé "Dialogue national inclusif", par lequel des personnes issues d’une minorité de l’opposition accèdent à des postes en échange de leur acceptation du maintien du président sortant, en dépit de la Constitution.

Ce nouveau gouvernement est présidé par Samy Badibanga, transfuge de l’UDPS (le parti d’Etienne Tshisekedi) en délicatesse avec le régime jusqu’il y a peu et… belge. Naturalisé en 2002, il a fait annoncer à Kinshasa avoir renoncé à sa nationalité belge le 24 novembre dernier devant le ministre sortant de la Justice, Alexis Thambwé. La Constitution du Congo interdit en effet de détenir une autre nationalité que la congolaise, sous peine de perdre celle-ci. Or, la renonciation de M. Badibanga devant une autorité congolaise n’a aucune valeur légale : selon le site du Service public fédéral belge des Affaires étrangères, il devait le faire soit devant sa commune en Belgique, soit auprès du poste consulaire où il est inscrit à l’étranger.

Arrêté à Bruxelles pour trafic de faux francs CFA

Son gouvernement devant satisfaire beaucoup d’appétits, il comporte 67 membres - contre 47 pour le précédent. On note la disparition de quelques figures connues comme Evariste Boshab (ministre de l’Intérieur sortant; objet de sanctions américaines), Kin Kiey (Relations avec le Parlement) ou Raymond Tshibanda (Affaires étrangères). Seuls sept ministres sortants gardent leur portefeuille, quelques-uns changent d’affectation et beaucoup d’inconnus font leur entrée - ce qui permet de relativiser la représentativité des opposants ayant signé l’accord du 18 octobre.

 

Chez les nouveaux, on note Willy Mishiki, nommé vice-ministre à l’Energie et Ressources hydrauliques, qui avait été arrêté en juin 2002 à Bruxelles pour trafic de faux francs CFA et libéré en septembre 2003 sous caution de 7 500 euros. Et, à la Santé, le Dr Ilunga Kalenga, administrateur-délégué des Cliniques de l’Europe à Bruxelles qui soigna Tshisekedi selon Top Congo.Marie-France Cros

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