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01/12/2017

Zimbabwe/Congo: D’autres pillards du Congo au gouvernement de Harare

 
Zimbabwe/Congo: D’autres pillards du Congo au gouvernement de Harare  
 
Par Marie-France Cros.
 
Le nouveau président zimbabwéen, le sécurocrate Emmerson Mnangagwa, a dévoilé jeudi soir son nouveau gouvernement. Ceux qui espéraient une ouverture en seront pour leurs frais: il nomme des militaires, d’ex-ministres de Mugabe et aucun jeune ni opposant.
 
Qui se ressemble, s’assemble: ce sont deux militaires impliqués – comme lui – dans le pillage de la République démocratique du Congo (RDC) sous Kabila père que le président Mnangagwa a nommés à des postes importants.
 
Le maréchal de l’armée de l’air Perence Shiri, 63 ans en janvier prochain, cousin de Robert Mugabe, devient ministre de l’Agriculture. Comme Emmerson Mnangagwa, il a été impliqué dans les atrocités commises en 1983-84 au Matabeleland, une région jugée séditeuse par Robert Mugabe, où la répression fit des milliers de morts.
 
Les diamants du Kasaï
 
Lorsque débute la deuxième guerre du Congo (1998-2003), le président Laurent Kabila appelle l’armée zimbabbwéenne à la rescousse. Emmerson Mnangagwa organise alors le montage « business » qui va permettre aux principales figures de l’armée zimbabwéenne et à lui-même de s’enrichir sur le diamant congolais. Perence Shiri, chef du contingent zimbabwéen en RDC, va bien sûr en profiter – tout comme le général major Sibusiso Busi Moyo, que le président Mnangagwa vient de nommer ministre des Affaires étrangères et du Commerce international. Ce dernier était, à l’époque, le directeur général de Cosleg, la société privée mise en place par Kabila père et Mnangagwa pour exploiter des gisements de diamants pris sur les concessions de la Miba (société appartenant à 80% à l’Etat congolais) .
 
Comme Mnangagwa, les deux militaires seront cités par les experts de l’Onu parmi les principaux pillards du Congo sous Kabila père.  
 
 
Invasions de fermes et sanctions internationales
 
On peut toutefois s’interroger sur ce que sera la politique agricole du maréchal Perence Shiri,  qui avait organisé des invasions de fermes de Zimbabwéens blancs en 1999-2000 et avait fait l’objet de sanctions de l’Union européenne en 2002 pour son rôle dans les violences et les violations de l’Etat de droit. En 2003, les Etats-Unis avaient, à leur tour, pris des sanctions contre l’officier.
Parmi les autres nouveaux ministres, on remarque la présence de Patrick Chinamasa, aux Finances. Ce vieux serviteur de Mugabe est relativement une bonne nouvelle pour les milieux d’affaires parce qu’il s’est montré moins hostiles que d’autres au monde aux entrepreneurs et parce que le président Mnangagwa a annoncé qu’il voulait relancer l’économie du pays, à plat après les errements et les folles dépenses du couple Mugabe, ces 17 dernières années. Un désir de reprendre contact avec le FMI et de donner plus d’autonomie à la Banque centrale ont également été annoncés par la nouvelle équipe au pouvoir.
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Des anciens combattants de la guerre d’indépendance font également leur entrée dans le nouveau gouvernement – mais aucun représentant de la jeune génération et aucun opposant, comme on l’avait espéré dans les jours qui ont suivi le coup d’Etat militaire du 15 novembre.

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