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31/01/2018

L’UA PREND JOSEPH KABILA À CONTRE-PIED

L’UA PREND JOSEPH KABILA À CONTRE-PIED  


Posté le: 

 

Le président Joseph Kabila n’a pas fait le déplacement d’Addis-Abeba, en Ethiopie, où s’est clôturé lundi le 31ème sommet de l’Union africaine. Sans surprise, la RDC a brillé une fois de plus par son absence. N’empêche, l’UA a promis de s’investir pour faire fléchir le gouvernement congolais concernant la mise en œuvre de l’Accord politique du 31 décembre 2016, seule issue, pense-t-elle, pour garantir des élections apaisées en RDC. L’UA prend ainsi à contre-pied Joseph Kabila qui, vendredi dernier, a conjugué ledit compromis politique au passé.
 
Les rideaux sont tombés lundi à Addis-Abeba sur le 31ème sommet de l’Union africaine. Des chefs d’Etat et de gouvernement ont fait le déplacement du siège l’UA pour parler de l’avenir de l’Afrique : ses problèmes et ses nombreux défis à relever. Si la jeunesse a été au cœur de ce sommet, l’UA n’a pas manqué de relever les points faibles d’un continent qui peine à décoller. Outre des défis sécuritaires qui restent encore diversifiés, la situation de crise au Soudan du Sud et en RDC a été abordée par les dirigeants africains présents dans la capitale éthiopienne.
 
Le président guinéen, Alpha Condé, qui terminait son mandat à la tête de l’UA, en a d’ailleurs fait mention. Il n’a pas caché ses inquiétudes sur l’enlisement de la crise politique en RDC, née, selon lui, de la mauvaise foi du pouvoir en place à s’inscrire volontairement dans le processus électoral en vue d’élire un nouveau chef de l’Etat à la tête du pays. La RDC, a indiqué le président guinéen, est une épine sous le pied de l’UA, préconisant, à cette occasion, l’urgence de poser des actions concrètes pour aider la RDC et son peuple à bénéficier véritablement de la démocratie.
 
L’UA déterre l’Accord du 31 décembre…
 
Président de la Commission de l’UA, le Tchadien Moussa Faki Mahamat considère la RDC comme l’une des crises sur lesquelles l’UA doit agir en toute urgence. « Les tensions et les violences de ces derniers jours ont souligné l’urgence de la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre, en vue de la tenue d’élections en décembre 2018 », a déclaré Moussa Faki Mahamat.
 
Jusqu’au sein de la communauté d’Afrique australe, dont la République démocratique du Congo est membre, la position de fermeté qu’affiche le président Kabila suscite une moue. Peu bavard sur les questions de politique intérieure des pays de la SADC, le très respecté président du Botswana, Ian Khama, s’est acharné sur le président Kabila qu’il considère, à juste titre, comme le principal point de blocage de la crise en RDC.
 
Selon « The East African », publié samedi 27 janvier, le président Khama a pressé son homologue congolais de respecter la Constitution de la RDC. « Nous avons un des dirigeants de la région SADC qui ne veut pas obéir à l’Etat de droit », a-t-il regretté. « Il a retardé les élections en raison d’intérêts propres, ce qui est une mauvaise chose », a ajouté le chef de l’Etat botswanais vendredi dernier, lors d’une cérémonie d’adieu à la présidence, tenue à Francistown. « Modifier la Constitution devrait être la volonté des citoyens, pas d’une seule personne », a-t-il encore objecté.
 
A Addis-Abeba, l’Accord du 31 décembre 2016 est revenu sur la table des discussions alors qu’à Kinshasa, le président Kabila s’efforce à l’enterrer. Entre Kinshasa et Addis-Abeba, les violons ne semblent pas s’accorder sur la manière de sortir la RDC de la crise.
 
En tout cas, à Addis-Abeba, la mise en œuvre intégrale de l’Accord, dit de la Saint-Sylvestre, préoccupe les dirigeants africains.  A la suite de l’UA, les Nations unies, représentées dans la capitale éthiopienne par son secrétaire général, le Portugais Antonio Guterres, a réaffirmé que  l’Accord du 31 décembre 2016 demeure la seule feuille de route acceptable, à même de donner une chance à la paix en RDC.
 
Certes, le président Kabila a une autre appréhension de cet accord, le plus évident est qu’à Addis-Abeba, l’UA lui a rappelé que tout le continent attend le voir s’impliquer effectivement dans sa mise en œuvre intégrale.
 
Au moment où le président Paul Kagamé du Rwanda hérite de la présidence tournante de l’UA, on doit s’attendre à un tournant du dossier congolais au niveau d’Addis-Abeba. Dans son premier discours, en tant que président de l’UA, Paul Kagamé, réputé très proche du président Kabila, a promis d’agir pour que l’UA impose sa marque sur le continent.
 
Le dossier chaud de la RDC est là où on attend le plus. Très influent dans le cercle du pouvoir en place à Kinshasa, le président Paul Kagamé part avec toutes les faveurs des pronostics. L’UA a pris le soin de déterrer l’Accord de la Saint-Sylvestre que le président Joseph Kabila tentait d’enterrer le week-end dernier. Il ne reste plus à l’organisation panafricaine que l’intensification de la pression sur le président Kabila en vue de l’amener à s’inscrire dans la logique tracée dans le cadre de cet accord.
 
Avec Paul Kagamé aux commandes de l’UA, on voit mal le président Kabila résister pendant longtemps à l’homme fort de Kigali, si réellement celui-ci a décidé de s’impliquer à fond dans le dossier congolais. Depuis Addis-Abeba, l’UA a promis de faire bouger les lignes en RDC. Il y a de bonnes raisons d’y croire.

(  le potentiel )



29/01/2018

La revue de presse de ce lundi 29 Janvier 2018

La revue de presse de ce lundi 29 Janvier 2018  


Posté lundi

 
 
 
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Le point de presse du président Joseph Kabila organisé vendredi dernier suscite largement les commentaires des journaux parus  lundi 29 janvier à Kinshasa.

Le président Joseph Kabila s’est adressé à la population congolaise, à travers la presse, parce que selon lui, « depuis plusieurs années, on a tout dit à cette population, sauf la vérité », relève d’entrée L’Avenir.

 
Et au sujet de l’intrusion de certains religieux dans la politique allusion faite aux critiques émises par le clergé sur la gestion du pouvoir actuel et les actions de rue des Laïcs catholiques, la vérité selon le président Kabila est que « Jésus n’avait présidé une commission électorale », rapporte le journal.
 
Le chef de l’Etat a dès lors conseillé « qu’il faut rendre à  César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », estimant que « quand on mélange, le résultat est toujours négatif », lit-on dans les colonnes du quotidien.
 
Quant au 3ème cycle électoral en cours, le chef de l’Etat congolais a expliqué à la population que, contrairement à ce qui se dit, la vérité est que son souci, depuis 2012 a toujours été la cohésion, la transparence et le financement du processus par les Congolais eux-mêmes.
 
Scrutant ce point de presse, Le Phare ne retient que des flèches du président à l’endroit de ses détracteurs. A ceux qui avaient par exemple parié sur la disparition, le démantèlement de l’Etat congolais, le président congolais leur a fait savoir que «  le Congo existe toujours et qu’actuellement,  le pays parle du 3eme cycle électoral ».
 
Une autre flèche relevée par le quotidien, est celle destinée à une consœur de la presse internationale. A sa question de savoir s’il serait candidat à la présidentielle de décembre 2018, le chef de l’Etat a renvoyé la journaliste vers la constitution.
 
« Quelqu’un a-t-il une copie de la Constitution ici ? Remettez-la à ma petite sœur », a ironiquement réagi le président, rapporte le tabloïd. Plus tard, poursuit le confrère, il a indiqué, au sujet des rumeurs de l’organisation d’un éventuel référendum, qu’il n’a pas vu inscrit dans le calendrier électoral la tenue d’un référendum.
 
Interrogé sur les libertés fondamentales, et notamment le droit de manifester, qui alimentent ces derniers jours l’actualité de la RDC, Joseph Kabila s’en est pris à l’opposition, à l’église catholique et à la MONUSCO qu’il accuse, entre autres, de s’opposer à l’avancée démocratique dans son pays, rapporte le tabloïd.
 
Pour Joseph Kabila donc, la Belgique, l’Eglise catholique et l’opposition devraient se taire, analyse pour sa part Le Potentiel.
 
Durant son adresse à la nation en effet, Joseph Kabila n’a fait que rappeler aux uns et aux autres qu’il n’avait de conseil à recevoir de personne et qu’il n’accepterait en aucun cas le diktat, d’où qu’il vienne, commente le quotidien.
 
Bref, déduit le tabloïd, « il a demandé à ses pourfendeurs de la boucler concernant le complot et les méthodes fortes dont on l’accuse ».
 
« Rendez-vous manqué », « Contre-vérités »
 
Les opposants au chef de l’État se sont déchainés après la conférence de presse de vendredi, au cours de laquelle Joseph Kabila a distribué des cartes.
 
Pour le G7 par exemple, Joseph Kabila n’a pas été au rendez-vous avec l’histoire, rapporte Forum des As.
 
Pour cette plateforme de soutien à Moïse Katumbi en effet,  la rencontre vendredi dernier du Chef de l’Etat avec les professionnels des médias, devrait être pour lui, une occasion d’annoncer notamment la fin de l’exil forcé des leaders de l’opposition et, en second lieu, l’abandon des poursuites contre Moïse Katumbi, fait savoir le journal.
 
Des sujets que le chef de l’Etat a curieusement omis d’évoquer, relève cette plateforme, avant de déplorer un rendez-vous manqué devant l’histoire. Dénonçant la mauvaise volonté manifeste du pouvoir de décrisper la situation politique actuelle, ce regroupement politique appelle à intensifier la pression pacifique pour aboutir à l’application effective des mesures de décrispation, rapporte le quotidien.
 
Pour sa part, le président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) Vital Kamerhe a indiqué avoir identifié dix « contre-vérités » dans l’adresse du chef de l’État, rapporte de son côté kinshasatimes.cd.
 
Aux propos du chef de l’Etat selon lesquels « la constitution est son œuvre », l’opposant a notamment rétorqué que « cette constitution est une œuvre collective qui a été votée à plus de 85% après le consensus politique de Sun City »,  avant de préciser que « la constitution n’appartient pas à Kabila, c’est plutôt un contrat social », lit-on sur ce media en ligne.

(  ro )

       


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27/01/2018

Accord en RD Congo : qui sont les gagnants et les perdants ?

 
 

RDC: l'Eglise réagit aux flèches de Joseph Kabila  


Posté le: 

 jours après de nombreuses critiques venues de l'intérieur comme de l'extérieur du pays suite à la répression des marches des chrétiens qui réclament l'ouverture de l'espace politique, le président congolais Joseph Kabila s'est adressé  aux journalistes à Kinshasa, lors d'une conférence de presse. Un fait rare qui en a surpris plus d'un. Particulièrement ciblées dans le discours du chef de l'Etat, les autorités catholiques, ainsi que la Monusco, répondent sur le fond des critiques.
« Nulle part, dans la Bible, Jésus-Christ n'a jamais présidé une commission électorale. » Sous le vernis de l'humour la critique est cinglante. Joseph Kabila a ainsi tenu à recadrer l'Eglise catholique. Elle n'a pas à se mêler du processus électoral, selon lui.

Réponse de la conférence épiscopale congolaise : l'Eglise a, au contraire, l'obligation au contraire de prendre position, affirme Donatien Nshole, porte-parole de la Cenco. « Le pape Benoît XVI disait que l'Eglise doit être présente là où la population souffre. C'est le cas en RDC. Et c'est la crise socio-politique qui a accentué cette souffrance, donc c'est tout à fait normal que les évêques travaillent pour la consolidation de la démocratie. »

Autre cible des critiques du chef de l'Etat, le comité laïc de coordination de l'Eglise catholique, organisateur des marches de protestation ces dernières semaines.
Joseph Kabila l'accuse de vouloir faire dérailler le processus électoral et de  proposer un saut dans le vide. « S'il y a ceux qui pensent qu'ils sont intelligents, qu'ils ont des idées pour améliorer le processus, la porte est ouverte. Mais essayer de faire dérailler ce processus avec des propositions farfelues, cela est tout à fait inadmissible ».

Parmi les revendications du Comité laïc : une « déclaration publique du président de la République qu'il ne sera pas candidat à sa propre succession », tout comme « l'application de toutes les mesures de décrispation de l'accord de la Saint-Sylvestre ». Exemple : la libération sans condition de tous les détenus politiques, ou encore la fin de l'exil des opposants menacés d'arrestation. Des points sur lesquels Joseph Kabila est une nouvelle fois... resté vague hier.

L'ONU rappelle qu'elle a aidé Kinshasa face au M23

Il n'y a pas eu d'annonce particulière durant la déclaration de Jospeh Kabila, celui-ci s'en est surtout pris à ses détracteurs. Parmi eux, l'Eglise donc, mais aussi la Monusco. La force onusienne est sous le feu des critiques des autorités, critiques qui n'avaient rien de public jusqu'aux déclarations du président congolais, hier :

On a toujours posé la question à nos amis de la Monusco : "citez-nous un seul groupe que vous avez réussi à maîtriser, à éradiquer, puisque c’est ça le mot ?" Aucun.

Kinshasa reproche à la mission onusienne de violer le Sofa, l'accord signé entre l'ONU et son gouvernement, et de mener des actions sans consultation. Côté onusien, on parle d'entraves quasi-quotidiennes des autorités et partout à travers le pays, comme récemment encore, les drones de la mission qui ont été cloués au sol pour un vol de nuit qui n'aurait pas été signalé.

Et quand le président congolais assure qu'il ne permettra pas une « cogestion de l'Etat congolais avec l'ONU », côté onusien, on soupire : « C'est surtout que chaque fois qu'on dénonce quoique ce soit, le ton monte et ce n'est pas nouveau, les relations sont mauvaises depuis la chute du M23. » Mais pour vaincre cette rébellion, les casques bleus ont aidé, rétorque-t-on côté onusien. Quand le chef de l'Etat congolais affirme que la Monusco n'a jamais éradiqué aucun groupe armé, ces sources expliquent que les opérations seraient sans doute moins compliquées s'il n'existait pas de liens entre ces groupes et certains officiers de l'armée congolaise.

Concernant les élections que la Monusco n'aurait soutenu ni en 2011, ni aujourd'hui, ces sources onusiennes démentent. Selon le Centre Carter, la Monusco a même assuré un soutien logistique à hauteur de 7% du budget des élections en 2011.

Quant au nouveau cycle électoral, l'ONU a déjà convoyé 4000 tonnes de matériel électoral et a transmis, tel que requis, à la Commission électorale son plan d'appui logistique.

 


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