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26/07/2016

Dialogue bloqué : Kodjo face au décor des «Concertations Nationales»

Dialogue bloqué : Kodjo face au décor des «Concertations Nationales»

 

Edem-KodjoDésavoué le dimanche 24 juillet 2016 par le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement, Edem Kodjo, Facilitateur du Dialogue, doit choisir entre rendre le tablier ou opérer un passage en force. D’aucuns pensent que même s’il bénéficie encore du soutien de la Majorité Présidentielle et de la confiance du Groupe de Soutien de l’Union Africaine à la Facilitation, l’élégance devrait lui commander de s’effacer de la scène politique congolaise. Car, si l’on doit dresser un bilan des préparatifs de ce forum, force serait de constater que l’on fait du surplace ou presque depuis 8 mois. L’unique avancée dans l’affaire était l’élargissement du cercle des pro-dialogue au-delà de Tshisekedi, avec l’adhésion des personnalités telles que Raphaël Katebe Katoto, Moïse Katumbi, Mwando Nsimba, Gabriel Kyungu, Olivier Kamitatu, Martin Fayulu, Jean-Claude Vuemba, Christophe Lutundula, José Endundo, Delly Sessanga, Freddy Matungulu, Joseph Olenghankoy, Jean-Lucien Bussa,, Franck Diongo, Claudel Lubaya, Jean-Bertrand Ewanga… et tout récemment Vital Kamerhe.

Maintenant que le Dialogue se retrouve dans un cul de sac, s’il persiste à lancer les travaux du Comité préparatoire ce samedi 30 juillet 2016 à Kinshasa, tout ce qu’il lui resterait de faire serait de passer outre le carton rouge lui infligé par Etienne Tshisekedi et ses compagnons du Rassemblement.

Le décor des « Concertations nationales » planté

Si Edem Kodjo décide de ne plus tenir compte des revendications du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement, qui constitue pourtant l’aile la plus représentative de l’Opposition, et de s’investir dans les travaux du Comité Préparatoire du Dialogue et pourquoi pas dans le lancement du Dialogue proprement dit, la RDC va automatiquement retomber dans le schéma des « Concertations nationales ». C’est le lieu de rappeler qu’en septembre 2013, le Chef de l’Etat avait ouvert les travaux de ce forum, au terme du déblayage du terrain par un Comité préparatoire qui l’avait convaincu de la participation des forces politiques et sociales les plus représentatives de la Nation.

            Fort des assurances du Comité préparatoire et de certains opposants opportunistes qui soutenaient que les partis et leaders politiques absents ne pesaient pas, les « Concertations nationales » avaient poursuivi leur chemin jusqu’à leur atterrissage en douceur en octobre 2013. Les participants avaient, à l’époque, adopté plus d’un demi-millier de « Résolutions », restées jusqu’à ce jour lettres mortes.

            Quant au fameux gouvernement de « large cohésion nationale » qui en avait découlé trois mois plus tard, sous la forme d’un réaménagement du gouvernement Matata I, il s’était révélé, au finish, comme une officine de placement de quelques opposants triés sur le volet, au grand mécontentement de nombreux prétendants aux postes ministériels, aussi bien de l’Opposition que de la Majorité Présidentielle. Une année après, le Président de la République allait se rendre compte que non seulement la cohésion nationale tant recherchée faisait défaut, mais que la politique d’exclusion des forces politiques et sociales ayant une réelle assise politico-sociale causait plus de tort que de bien au pays.

D’où l’idée d’initier des « consultations », entre mai et décembre 2015, avec les forces vives de la patrie, en vue de la tenue d’un Dialogue national inclusif. Construites patiemment au fil du temps, les fondations de ce forum sont en train de se fissurer de nouveau alors que les Congolais sont si près du but.

Que veulent les Congolais ?

            La réponse est simple : les Congolais veulent voir la Majorité Présidentielle et l’Opposition, celle qui porte réellement les aspirations du grand nombre, ne pas gaspiller l’occasion de se mettre autour d’une même table pour chercher une voie de sortie à la crise politique qui secoue leur pays. D’aucuns pensent qu’étant donné qu’une des parties prenantes a retiré sa confiance à Edem Kodjo, ce dernier ne devrait pas s’accrocher au poste de Facilitateur, au risque de reproduire une nouvelle copie des « Concertations nationales » de triste mémoire, qui ont fait perdre au pays un temps précieux pour la relance de son processus électoral et de ses projets de développement. Il appartient à ceux qui sont dans l’intimité de l’ancien Premier ministre togolais de tirer les leçons des « Concertations nationales » et de cesser de donner l’impression qu’on peut régler les problèmes du grand Congo dans un dialogue amputé de Tshisekedi et ses compagnons de lutte pour l’alternance démocratique au sommet de l’Etat.

Kimp

La gaffe de Kodjo !

La gaffe de Kodjo !

 

Edem-KodjoL’annonce, par Edem Kodjo, du démarrage des travaux du Comité préparatoire du Dialogue à la date du samedi 30 juillet 2016 a surpris plus d’un observateur. Le nouvel agenda de travail du Facilitateur fait problème, car il laisse penser à des initiatives lancées dans la précipitation.  Il est en effet bizarre qu’il ait attendu la fixation du meeting d’Etienne Tshisekedi et ses compagnons de l’Opposition au dimanche 31 juillet et celui de la Majorité Présidentielle au vendredi 29 juillet pour s’infiltrer entre les deux, donnant l’impression de
vouloir faire ombrage aux organisateurs de ces deux matinées politiques.

Que perdrait-il s’il laisser exprimer d’abord les leaders de ces deux familles politiques et remettre en selle son Comité préparatoire après ? Pourquoi cherche-t-il à engager une sorte de course-poursuite contre les forces politiques ? Son interposition inexpliquée entre deux
activités politiques de deux camps diamétralement opposés parait suspecte. En tant que Facilitateur neutre, il a intérêt à ne pas susciter la méfiance des uns ou des autres.

Edem Kodjo aurait pu attendre que les deux familles politiques, dont le menu principal va se focaliser sur le Dialogue, puissent s’exprimer sur leur vision de ce forum avant de lancerles travaux du Comité préparatoire. Que va-t-il se passer maintenant si l’Opposition rejette
le Comité préparatoire, dans son format actuel où la classe politique est complètement ignorée alors que c’est elle la première intéressée par l’acte de convocation, le format, la durée, les termes de référence, etc.

En convoquant les travaux du Comité préparatoire, le Facilitateur a-t-il pris la précaution de se mettre d’accord avec l’Opposition, qui pose comme préalable à sa participation la convocation du Dialogue sous l’empire de la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité des Nations Unies ? A-t-il sondé la Majorité présidentielle qui s’en tient à l’Ordonnance présidentielle de novembre 2015 ?

Edem Kodjo s’est-il assuré que les deux camps politiques acceptent de prendre part à des assises dont le format, la durée, l’ordre du jour… seront exclusivement fixés par les délégués de la Société civile ?

Faut-il lui rappeler qu’à ce stade, le préalable concernant la libération des prisonniers d’opinions n’est toujours pas satisfait ? Personne n’ignore que l’Opposition continue d’attendre un geste du Chef de l’Etat concernant des opposants et des activistes de la
Société civile qui attendent encore leur sort devant les cours et tribunaux ? C’est le cas de Moïse Katumbi, Jean-Claude Muyambo, Christopher Ngoyi ? Ne sait-il pas que des opposants qui s’estiment avoir été condamnés injustement – cas d’Eugène Diomi Ndongala et des
activistes du Mouvement Filimbi- sont cités nommément par l’Opposition sur la listes des prisonniers d’opinions à remettre en liberté ?

Il y a tellement des préalables à remplir et dont les réponses continuent d’être attendues par les uns et les autres que le mieux qu’aurait dû faire Edem Kodjo, c’est de penser à un nouveau tour de table avec ses partenaires politiques, de manière à éviter un énième et fatal blocage du Dialogue. Dans ce contexte actuel où la RDC semble s’acheminer vers le chaos, à en croire le dernier rapport du Secrétariat général de l’Onu au Conseil de Sécurité, il faudrait
donner au Dialogue le maximum de chances de réussite, car c’est l’unique alternative pour sauver le Congo et les Congolais. Avec sa
disqualification par Tshisekedi et le Rassemblement, tout est à
craindre pour l’avenir.
Kimp

25/07/2016

Dialogue : Tshisekedi disqualifie Kodjo

Dialogue : Tshisekedi disqualifie Kodjo  


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 Le Facilitateur du dialogue en République Démocratique du Congo, Edem Kodjo,  n’est pas au bout de ses peines. En dépit de son optimisme affiché lors du point de presse qu’il a animé le samedi au siège l’Union Africaine, l’ancien premier ministre togolais vient d’être désavoué par « le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement ».
 
Le communiqué de presse intitulé : « Deuxième réunion du groupe de soutien au facilitateur du dialogue politique en RDC du 23 juillet 2016 » est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.
 
Dans sa déclaration d’hier dimanche 24 juillet 2016 signé par son chef de file,  Etienne Tshisekedi, à partir de Bruxelles,  le « Rassemblement demande à l’ancien premier togolais de rendre son tablier et à  la présidente de la Commission de l’Union Africaine d’en tirer toutes les conséquences.
 
Ce pavé du sphinx de Limete est tombé dimanche dans la soirée à l’Hôtel Faden House, où Martin Fayulu a donné lecture de Tshisekedi, amenée par le Secrétaire général adjoint de l’UDPS, Bruno Tshibala. C’était  en présence de ses pairs, Delly Sessanga, Olenghankoy,
Patrick Mayombe, etc.
 
EW
 
COMMUNIQUE DU RASSEMBLEMENT
1.      Le Rassemblement des Forces politiques et sociales acquises au
changement a pris connaissance du communiqué de presse intitulé:
«Deuxième réunion du Groupe de soutien au facilitateur du Dialogue
politique national en RDC» du 23 juillet 2016, au nom de l’Union
africaine;
2.      Le Rassemblement rappelle que le communiqué de l’Union africaine du
04 juillet 2016 annonçant la mise en place du groupe de soutien à la
facilitation assigne à celui-ci la mission de mener des consultations
avec toutes les parties prenantes en vue de la mise en oeuvre de la
Résolution 2277.
3.      C’est dans ce cadre qu’une délégation composée du Commissaire à la
paix et à la sécurité dc l’Union Africaine, Smail Chergui, de l’Envoyé
spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour la région des
Grands Lacs, Said Djinnit, et du Directeur général pour l’Afrique de
l’Union européenne, Koen Vervaeke, a rencontré le 09 juillet 2016 à
Bruxelles le Président du Conseil des sages, Monsieur Etienne
Tshisekedi wa Mulumba, assisté d’autres membres du Rassemblement.
4.      Au cours de cette rencontre, un certain nombre d’engagements
avaient été pris entre le Rassemblement et les membres de la
délégation susmentionnée, notamment:
– La transformation du groupe de soutien en groupe de facilitation ;
– L’inopportunité, à ce stade, d’un comité préparatoire, le groupe de
facilitation devant jouer le rôle de ce comité en rapprochant les deux
parties prenantes pour connaître leurs cahiers de charges afin de
fixer un ordre du jour des pourparlers;
– La décrispation de la situation politique par la libération des
prisonniers d’opinions et détenus politiques, la cessation des
poursuites judiciaires arbitraires dirigées contre les leaders de
l’opposition, la levée des mesures d’interdiction contre les médias
privés de l’opposition ainsi que l’arrêt des dédoublements des partis
politiques;
– Le début des travaux des pourparlers étant à fixer lors d’une
réunion d’évaluation entre les deux délégations, après le 31 juillet,
date du meeting du Rassemblement;
5. Le Rassemblement constate, malheureusement, que le contenu du
communiqué de presse du 23 juillet 2016 visé au point 1 ci-dessus est
non seulement un recul regrettable et dangereux par rapport aux
avancées déjà réalisées dans le processus de mise en oeuvre de la
Résolution 2277 du Conseil de Sécurité, à laquelle le Rassemblement
demeure profondément  attaché, mais surtout une provocation
susceptible de remettre en cause tous les efforts déployés à ce jour
dans la recherche d’une voie de sortie pacifique à la crise actuelle;
5.      Le Rassemblement déplore la précipitation avec laquelle Monsieur
Kodjo a lancé, unilatéralement, l’invitation pour les travaux
préparatoires du dialogue au lendemain de la publication des
Ordonnances qui ne satisfont pas aux exigences de libération
inconditionnelle de tous les prisonniers politiques et d’opinion; il
considère que le communiqué du 23 juillet 2016 est une machination de
Monsieur Edem Kodjo et un mépris inacceptable à l’égard du peuple
congolais;
7.      C’est ainsi que le Rassemblement annonce à l’opinion tant nationale
qu’internationale qu’il ne se sent pas concerné par ce communiqué, par
conséquent récuse Monsieur Edem Kodjo et demande à l’Union africaine
de tirer toutes les conséquences qui découlent de cette situation afin
de sauver le processus de mise en oeuvre de la Résolution 2277 du
Conseil de Sécurité sur laquelle reposent les espoirs de notre peuple
d’obtenir pacifiquement l’alternance au pouvoir conformément aux
prescrits de notre Constitution.
8.      Le Rassemblement rappelle les conclusions de la Conférence de
Genval auxquelles ses membres restent attachés et saisit cette
occasion pour appeler le peuple congolais à la vigilance en l’invitant
à venir nombreux assister au grand meeting populaire qu’il organise ce
dimanche 31 juillet 2016 à l’esplanade située entre le boulevard
triomphal et le stade des Martyrs.
Pour le « RASSEMBLEMENT »,
Etienne TSHISEIOEDI WA MULUMBA
Président

(  le phare