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27/02/2017

A Congolese view on why we Need the U.S. conflict minerals law

A Congolese view on why we Need the U.S. conflict minerals law

A Congolese view on why we Need the U.S. conflict minerals law
© Getty Images

As a native of Democratic Republic of Congo (DRC), I have seen first-hand what things are like on the ground – gang-rape, modern child slavery and other flagrant human rights violations on a massive scale, affecting scores of victims, especially in eastern DRC. Some people may not understand how a U.S. law related to corporate supply chain sourcing practices could help stop this horrific, decades-long conflict. However, I am writing to explain how the Dodd-Frank Act has done much to reduce violence in my country. It is one of the main reasons why armed groups no longer wield the power they once enjoyed.

In July 2010, the United States passed the Dodd-Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act. The Act includes a specific provision – Section 1502 – aimed at stopping the national army and rebel groups in the DRC from illegally using profits from the minerals trade to fund their fight.

 
Since the Dodd-Frank Act was signed into law, armed groups have seen conflict mineral revenues plummet, leaving them with limited capacity to cause harm. The security situation has vastly improved, with many mines once flagged as red now classified as green (i.e. conflict-free).

“Before initiatives like the Dodd-Frank Act, armed groups would attack villages on a daily basis, killing people, taking hostages for ransom, and forcing farmers to flee,” says Alexis, who is in his 40s and comes from Mumba, near the major mining town of Rubaya. “Now that something has been done to clean up the mining sector, people can once again live in peace and tend to their fields without fear,” he explains. Alexis also notes that, whereas once there was a stand-off between militias representing different ethnic groups, local communities now live together in peace and harmony.

Until recently, groups such as the Mai-Mai and Nyatura rebels and the Lafontaine group in the North Kivu province controlled a number of conflict mineral (tin, tungsten, tantalum and gold) mines. Rubaya is a case in point. The area was still under Nyatura rebel control as recently as 2013. Yet since mineral tracking systems were introduced in March 2014 as a result of the Dodd-Frank 1502 reforms, Rubaya has become an island of stability where communities live side-by-side. Before the economic boom spurred by a demand for conflict-free minerals, Rubaya had an estimated population of just 1,500. Now, less than four years on, it is home to more than 40,000 people. Rubaya is urbanizing quickly, thanks in no small part to the Dodd-Frank conflict minerals provision.

Rebels from the Nduma Defense of Congo (NDC) and other armed groups also controlled a number of mines in and around Walikale. Bisie – the largest tin mine – was regularly targeted by militias and was once held by forces loyal to warlord Ntabo Ntaberi Sheka. Now, Bisie produces conflict-free tin, thanks to increased transparency measures.

There is still a long way to go before conflict minerals from eastern DRC are eradicated from the global supply chain altogether. But with more than 220 mines now flagged as green, the evidence shows that the artisanal mining sector – long seen as beyond the reach of the law – can be governed effectively.

The progress achieved to date does not stop with the conflict-free classification – the ongoing benefits to mining communities are becoming increasingly apparent. Thousands of children have been freed from the mines and have returned to school, despite persistent challenges in finding alternatives for these former slave labourers. My organization, the Association for the Development of Peasant Initiatives (ASSODIP) has for many years worked tirelessly – on a shoestring budget – to help child survivors from Rubaya’s mines reintegrate into society and secure alternative work. Challenges remain. That’s why the Congolese government as well as international corporations sourcing from the DRC need to step in to offer these children a different way to earn a living.

The Dodd-Frank Act is truly worth its weight in gold. It has ushered in numerous improvements – including many not mentioned here. For that reason, it must not be repealed. We need to see further progress on governance of the artisanal mining sector, especially in conflict-ridden areas such as eastern DRC and the wider African Great Lakes region. The U.S. government and companies that require conflict minerals to make their products and earn a profit need to do more to ensure that this vital act is applied to the letter.

It has saved countless human lives.

Janvier Murairi Bakihanaye is a Congolese civil society leader and activist working in the mining areas of North Kivu, and winner of the Human Rights First 2016 Medal of Liberty. 


The views expressed by this author are their own and are not the views of The Hill.

01/02/2017

Tshisekedi: un mythe est mort

RDC: Etienne Tshisekedi est mort ce mercredi après-midi à l'âge de 84 ans d'une embolie pulmonaire à Bruxelles où il était hospitalisé

L'information du décès du chef historique de l'opposition en RDC a été confirmée par son fils.

Tshisekedi: un mythe est mort

Etienne Tshisekedi en meeting à Kinshasa, le 31 juillet 2016.
© REUTERS/Kenny Katombe
 Par Christophe Boisbouvier Publié le 01-02-2017 Modifié le 01-02-2017 à 20:34

Jusqu’à la fin de sa vie, Etienne Tshisekedi a fait peur aux autorités congolaises. Car, contrairement aux nombreux augures, sa popularité ne s’est jamais démentie. La raison ? Une endurance au mal, et beaucoup d’entêtement dans sa lutte pour la démocratie. L'éternel opposant est mort ce 1er février 2017 à l'âge de 84 ans d'une embolie pulmonaire à Bruxelles où il était hospitalisé.

Les foules sur son passage à Matadi, Kananga, Mbuji-Mayi et Kinshasa pendant sa dernière campagne électorale de 2011. Les ruses du pouvoir, le 26 novembre de cette année-là, pour l’empêcher d’atterrir à l’aéroport international de Kinshasa, de crainte que les Kinois ne lui fassent un triomphe à la romaine sur les 25 km qui séparent le quartier Ndjili de sa résidence du quartier Limete. Jusqu’au bout, Etienne Tshisekedi a fait peur aux autorités congolaises.

Pourtant, au début de sa carrière, ce jeune Luba, né en décembre 1932 à Kananga au Kasaï occidental, est un fidèle compagnon de route du dictateur Mobutu. En septembre 1960, ce futur docteur en droit – il sera, un an plus tard, le premier diplômé en droit du Congo – applaudit le coup d’Etat du colonel Mobutu et accepte d’entrer dans le collège des commissaires généraux mis en place pour éjecter le gouvernement de Patrice Lumumba.

En novembre 1965, après le second coup d’Etat de Mobutu, Tshisekedi devient même ministre de l’Intérieur, puis de la Justice. En juin 1966, il soutient ouvertement la pendaison publique de quatre opposants condamnés pour tentative de coup d’Etat. En 1967, il rédige avec Mobutu le texte fondateur du Mouvement populaire de la révolution (MPR), le futur parti unique dont il devient premier secrétaire. Mais en décembre 1980, le député Tshisekedi rue dans les brancards. Avec douze autres parlementaires, le juriste signe une lettre ouverte contre un régime de plus en plus prédateur. A 48 ans, Tshisekedi renonce aux honneurs et se lance dans une nouvelle carrière : opposant.

La prison, les violents passages à tabac, les promesses d’argent en échange de son ralliement… Rien n’y fait. Tshisekedi tient bon. A ses côtés, son épouse Marthe l’encourage à ne pas céder. En 1982, il lance même un défi sans précédent à Mobutu en créant l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), un parti qui réussit très vite à élargir son audience au-delà du fief des deux Kasaï, notamment dans la jeunesse de Kinshasa. En 1990, après la chute et la mise à mort de Nicolae Ceaucescu en Roumanie, le dictateur congolais lâche du lest. Tshisekedi n’est plus assigné à résidence à Limete, et l’UDPS peut enfin agir au grand jour. En août 1992, au terme d’une Conférence nationale souveraine, Tshisekedi est même élu Premier ministre de Mobutu. Mais la cohabitation ne dure que sept mois.

Incorruptible et populaire

En mai 1997, à la chute de Mobutu, l’indomptable opposant va-t-il se rapprocher du nouveau maître du Congo, Laurent Désiré Kabila ? Non. Le sphinx de Limete, comme l’appellent ses partisans à cause de la rareté de ses prises de parole, est contre tout changement de pouvoir par la force et réclame des élections libres. Du coup, Kabila le relègue dans sa région natale du Kasaï. Mobutu, Kabila père, Kabila fils (qui succède à son père après l’assassinat de celui-ci, en janvier 2001)… Les régimes passent, mais « Ya Tshitshi » reste sous son arbre, incorruptible et populaire.

En juillet 2006, lors des premières élections pluralistes depuis 1965, Tshisekedi accuse les puissances occidentales de soutenir en sous-main le président sortant. Le « lider maximo » se méfie des « puissances impérialistes ». En retour, celles-ci le tiennent à distance et dénoncent ses déclarations à l’emporte-pièce. A l’annonce du boycott des élections par le chef de l’UDPS, les chancelleries occidentales se réjouissent. Elles croient être enfin débarrassées de ce nationaliste ombrageux. Mais c’est sans compter avec le peuple congolais…

Tshisekedi, le retour ? Avant la présidentielle de 2011, Joseph Kabila pense éloigner définitivement le danger en faisant supprimer le second tour – ce qui peut en effet favoriser le président sortant face à une dizaine d’adversaires incapables de s’entendre sur un candidat unique de l’opposition. Le problème, c’est que, le 28 novembre 2011, des millions de Congolais hostiles au régime Kabila vont voter avec un réflexe de second tour. D’emblée, ils votent utile et donnent leurs suffrages à l’homme à la casquette. Les autres candidats de l’opposition ne ramassent que des miettes. Officiellement, Joseph Kabila obtient 48, 9% des voix et Etienne Tshisekedi 32,3%. En réalité, chacun sait que ces chiffres sont inexacts.

Ainsi, dans le territoire du Malemba-Nkulu, au Katanga, le candidat Joseph Kabila est officiellement crédité par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de 100% des suffrages exprimés et de 99,46% des voix des inscrits. Les quelque 269 000 habitants ont tous voté. Même les femmes enceintes et les impotents… En mars 2012, la mission des observateurs de l’Union européenne conclut à « de nombreuses irrégularités et fraudes » qui font en sorte que « les résultats ne sont pas crédibles ». Et en octobre 2012, lors de sa brève visite à Kinshasa, le président français François Hollande snobe ouvertement Joseph Kabila tout en recevant le vieil opposant en tête à tête.

→ A (RE) LIRE : RDC: coincé chez lui, Tshisekedi prête serment à domicile

Aujourd'hui, après la mort d’Etienne Tshisekedi, des millions de Congolais se sentent orphelins, et l’opposition est plus affaiblie que jamais. D’autant que le principal allié de l’ex-président de l’UDPS, le démocrate-chrétien Eugène Diomi Ndongala, est en prison à Kinshasa. Certes, le régime de Joseph Kabila n’est guère apprécié à l’Elysée, mais il peut se prévaloir du soutien public de l’Afrique du Sud et de la Chine, deux de ses plus grands partenaires commerciaux. Depuis vingt-cinq ans, Tshisekedi était un mythe aux yeux de beaucoup de Congolais. Aujourd’hui, le mythe est mort. Pourra-t-il inspirer de nouvelles vocations ?

Chronologie et chiffres clés

Tshisekedi: un mythe est mort

RDC: Etienne Tshisekedi est mort ce mercredi après-midi à l'âge de 84 ans d'une embolie pulmonaire à Bruxelles où il était hospitalisé

L'information du décès du chef historique de l'opposition en RDC a été confirmée par son fils.

Tshisekedi: un mythe est mort

Etienne Tshisekedi en meeting à Kinshasa, le 31 juillet 2016.
© REUTERS/Kenny Katombe
 Par Christophe Boisbouvier Publié le 01-02-2017 Modifié le 01-02-2017 à 20:34

Jusqu’à la fin de sa vie, Etienne Tshisekedi a fait peur aux autorités congolaises. Car, contrairement aux nombreux augures, sa popularité ne s’est jamais démentie. La raison ? Une endurance au mal, et beaucoup d’entêtement dans sa lutte pour la démocratie. L'éternel opposant est mort ce 1er février 2017 à l'âge de 84 ans d'une embolie pulmonaire à Bruxelles où il était hospitalisé.

Les foules sur son passage à Matadi, Kananga, Mbuji-Mayi et Kinshasa pendant sa dernière campagne électorale de 2011. Les ruses du pouvoir, le 26 novembre de cette année-là, pour l’empêcher d’atterrir à l’aéroport international de Kinshasa, de crainte que les Kinois ne lui fassent un triomphe à la romaine sur les 25 km qui séparent le quartier Ndjili de sa résidence du quartier Limete. Jusqu’au bout, Etienne Tshisekedi a fait peur aux autorités congolaises.

Pourtant, au début de sa carrière, ce jeune Luba, né en décembre 1932 à Kananga au Kasaï occidental, est un fidèle compagnon de route du dictateur Mobutu. En septembre 1960, ce futur docteur en droit – il sera, un an plus tard, le premier diplômé en droit du Congo – applaudit le coup d’Etat du colonel Mobutu et accepte d’entrer dans le collège des commissaires généraux mis en place pour éjecter le gouvernement de Patrice Lumumba.

En novembre 1965, après le second coup d’Etat de Mobutu, Tshisekedi devient même ministre de l’Intérieur, puis de la Justice. En juin 1966, il soutient ouvertement la pendaison publique de quatre opposants condamnés pour tentative de coup d’Etat. En 1967, il rédige avec Mobutu le texte fondateur du Mouvement populaire de la révolution (MPR), le futur parti unique dont il devient premier secrétaire. Mais en décembre 1980, le député Tshisekedi rue dans les brancards. Avec douze autres parlementaires, le juriste signe une lettre ouverte contre un régime de plus en plus prédateur. A 48 ans, Tshisekedi renonce aux honneurs et se lance dans une nouvelle carrière : opposant.

La prison, les violents passages à tabac, les promesses d’argent en échange de son ralliement… Rien n’y fait. Tshisekedi tient bon. A ses côtés, son épouse Marthe l’encourage à ne pas céder. En 1982, il lance même un défi sans précédent à Mobutu en créant l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), un parti qui réussit très vite à élargir son audience au-delà du fief des deux Kasaï, notamment dans la jeunesse de Kinshasa. En 1990, après la chute et la mise à mort de Nicolae Ceaucescu en Roumanie, le dictateur congolais lâche du lest. Tshisekedi n’est plus assigné à résidence à Limete, et l’UDPS peut enfin agir au grand jour. En août 1992, au terme d’une Conférence nationale souveraine, Tshisekedi est même élu Premier ministre de Mobutu. Mais la cohabitation ne dure que sept mois.

Incorruptible et populaire

En mai 1997, à la chute de Mobutu, l’indomptable opposant va-t-il se rapprocher du nouveau maître du Congo, Laurent Désiré Kabila ? Non. Le sphinx de Limete, comme l’appellent ses partisans à cause de la rareté de ses prises de parole, est contre tout changement de pouvoir par la force et réclame des élections libres. Du coup, Kabila le relègue dans sa région natale du Kasaï. Mobutu, Kabila père, Kabila fils (qui succède à son père après l’assassinat de celui-ci, en janvier 2001)… Les régimes passent, mais « Ya Tshitshi » reste sous son arbre, incorruptible et populaire.

En juillet 2006, lors des premières élections pluralistes depuis 1965, Tshisekedi accuse les puissances occidentales de soutenir en sous-main le président sortant. Le « lider maximo » se méfie des « puissances impérialistes ». En retour, celles-ci le tiennent à distance et dénoncent ses déclarations à l’emporte-pièce. A l’annonce du boycott des élections par le chef de l’UDPS, les chancelleries occidentales se réjouissent. Elles croient être enfin débarrassées de ce nationaliste ombrageux. Mais c’est sans compter avec le peuple congolais…

Tshisekedi, le retour ? Avant la présidentielle de 2011, Joseph Kabila pense éloigner définitivement le danger en faisant supprimer le second tour – ce qui peut en effet favoriser le président sortant face à une dizaine d’adversaires incapables de s’entendre sur un candidat unique de l’opposition. Le problème, c’est que, le 28 novembre 2011, des millions de Congolais hostiles au régime Kabila vont voter avec un réflexe de second tour. D’emblée, ils votent utile et donnent leurs suffrages à l’homme à la casquette. Les autres candidats de l’opposition ne ramassent que des miettes. Officiellement, Joseph Kabila obtient 48, 9% des voix et Etienne Tshisekedi 32,3%. En réalité, chacun sait que ces chiffres sont inexacts.

Ainsi, dans le territoire du Malemba-Nkulu, au Katanga, le candidat Joseph Kabila est officiellement crédité par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de 100% des suffrages exprimés et de 99,46% des voix des inscrits. Les quelque 269 000 habitants ont tous voté. Même les femmes enceintes et les impotents… En mars 2012, la mission des observateurs de l’Union européenne conclut à « de nombreuses irrégularités et fraudes » qui font en sorte que « les résultats ne sont pas crédibles ». Et en octobre 2012, lors de sa brève visite à Kinshasa, le président français François Hollande snobe ouvertement Joseph Kabila tout en recevant le vieil opposant en tête à tête.

→ A (RE) LIRE : RDC: coincé chez lui, Tshisekedi prête serment à domicile

Aujourd'hui, après la mort d’Etienne Tshisekedi, des millions de Congolais se sentent orphelins, et l’opposition est plus affaiblie que jamais. D’autant que le principal allié de l’ex-président de l’UDPS, le démocrate-chrétien Eugène Diomi Ndongala, est en prison à Kinshasa. Certes, le régime de Joseph Kabila n’est guère apprécié à l’Elysée, mais il peut se prévaloir du soutien public de l’Afrique du Sud et de la Chine, deux de ses plus grands partenaires commerciaux. Depuis vingt-cinq ans, Tshisekedi était un mythe aux yeux de beaucoup de Congolais. Aujourd’hui, le mythe est mort. Pourra-t-il inspirer de nouvelles vocations ?

Chronologie et chiffres clés