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11/11/2015

Dialogue politique : Tshisekedi et F. Lumumba partagent la même vision

Etiene-TshisekediFrançois Lumumba, président du Mouvement National Congolais Lumumba (MNC/L), vient d’entamer une longue tournée en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique. On lui prête l’intention de prendre de nombreux contacts avec des milieux politiques et d’affaires tant congolais qu’étrangers. Lors de son escale de Bruxelles, en Belgique, le jeudi 5 novembre, il s’est fait recevoir par Etienne Tshisekedi, président national de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), dans son cabinet de travail.

Selon les échos parvenus au Phare, les deux personnalités ont longuement échangé autour de la situation socio-politique de la République Démocratique du Congo en général et du processus électoral en particulier. Selon leur constat commun, la crise politique et sociale a dépassé la limite du tolérable, au point de menacer sérieusement l’unité nationale, l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale.
            Tshisekedi et François Lumumba sont tombés d’accord sur le fait que l’unique alternative qui reste aux acteurs politiques congolais pour sauver le pays du pire, c’est l’émergence d’un consensus autour du calendrier électoral. Et pareil résultat ne peut s’obtenir qu’à travers un Dialogue inclusif entre le pouvoir, l’Opposition et la Société Civile, sous la médiation de la communauté internationale.
            Dans le vif des discussions, le président du Mouvement National Congolais Lumumba a mis sur la table les matières que son parti aimerait voir inscrites à l’ordre du jour de ce forum :
– 1) Calendrier électoral consensuel et conforme aux prescrits de la Constitution ;
– 2) Enrôlement de nouveaux majeurs ;
– 3) Sécurisation du processus électoral ;
– 4) Budget des élections ;
– 5) Dispositions de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et des Résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies au sujet du Dialogue ;
– 6) Gestion collégiale du serveur de la CENI ;
– 7) Recomposition de la CENI.
            A la lumière de ce cahier de charges, on note que le MNC/L rejoint la « Feuille de route » de l’UDPS, publiée en février 2015. On constate aussi qu’Etienne Tshisekedi et François Lumumba insistent sur le fait que le Dialogue politique ne devrait pas servir de prétexte à la prolongation des mandats du Président de la République, des Sénateurs, Députés, députés provinciaux et gouverneurs de provinces ni à la mise en place d’une nouvelle Transition fondée sur le « partage équitable et équilibré » des postes entre forces politiques et sociales.
                                    Kimp

RDC : « KABILA » n’a pas la volonté de quitter le pouvoir

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Un leader de l'opposition congolaise s’insurge contre le Dialogue, la déstabilisation de la Ceni, la nomination des commissaires spéciaux et d’autres tentatives destinées à retarder la présidentielle en RDC. Il appelle la population aux manifestations des rues pour barrer la route à toute dérive. Pour cet opposant, "Joseph Kabila n’a pas la volonté de quitter le pouvoir". Il soutient que les partisans du Régime déploient un tas de stratégies pour freiner l’élan au processus électoral et prolonger le mandat du chef de l’Etat, contrairement à l’esprit de la Constitution du 18 février 2006 et à l’Accord global et inclusif, signé lors du Dialogue inter congolais, en Afrique du Sud. Selon cet accord, toutes les forces politiques en présence s’étaient convenues d’accorder à Joseph Kabila le mandat de cinq ans, une seule fois renouvelable. Ces acteurs, souligne-t-il, n’accepteraient pas que ce mandat soit prolongé au-delà de ce délai, d’autant plus qu’il faudrait respecter l’esprit des textes et l’alternance au pouvoir.

Le président des Forces Novatrices pour l’Union et la Solidarité (Fonus) sort de sa réserve. Juché sur son fauteuil en peau de léopard, Joseph Olenghankoy est monté sur ses grands chevaux hier mardi 3 novembre pour fustiger ce qu’il estime être des tentatives de ’’glissement’’, orchestrées par le pouvoir en République démocratique du Congo. Dès lors, il appelle la population aux manifestations des rues pour barrer la route à toute dérive.

Moulé dans son safari beige, Joseph Olenghankoy a renoué avec son discours de « révolutionnaire ». Mieux, d’opposant qui a fait sa renommée lors de la deuxième République. Face à un parterre des journalistes, mobilisés pour sa conférence de presse au siège du parti, sur l’avenue de l’Enseignement, le président des Fonus a tenu à crier son ras-le-bol face à toutes ces manœuvres qui, selon lui, sont diligentées pour éloigner le plus possible la tenue de l’élection présidentielle.

"Joseph Kabila n’a pas la volonté de quitter le pouvoir", a clamé tout haut Joseph Olenghankoy, Le leader des Fonus soutient à ce propos que les partisans du Régime déploient un tas de stratégies pour freiner l’élan au processus électoral et prolonger le mandat du chef de l’Etat, contrairement à l’esprit de la Constitution du 18 février 2006 et à l’Accord global et inclusif, signé lors du Dialogue inter congolais, en Afrique du Sud.

Selon cet accord, affirme Joseph Olenghankoy, toutes les forces politiques en présence s’étaient convenues d’accorder à Joseph Kabila le mandat de cinq ans, une seule fois renouvelable. Ces acteurs, souligne-t-il, n’accepteraient pas que ce mandat soit prolongé au-delà de ce délai, d’autant plus qu’il faudrait respecter l’esprit des textes et l’alternance au pouvoir.

QUID DU FINANCEMENT DES ELECTIONS ?

Le président des Fonus ne comprend alors pas pourquoi aujourd’hui les ténors du Régime multiplient des stratagèmes pour retarder le processus électoral, arguant notamment qu’il n’y a pas suffisamment d’argent pour financer les élections. Pour Joseph Olenghankoy, le Trésor public dispose bel et bien des ressources pour organiser le scrutin, d’autant plus que le Gouvernement se targue d’avoir érigé le bâtiment intelligent et acheté deux aéronefs modernes en se servant des fonds extrabudgétaires, qui vont au delà de 100 millions de dollars.

"Si donc pour de telles dépenses non budgétisées, on sait trouver des fonds, pourquoi le Trésor public serait-il subitement vide quand il faut organiser des élections, prévues pourtant dans le budget national ?", s’interroge Olenghankoy. Ne cachant pas sa langue dans la poche, le président des Fonus demande à la Communauté internationale de geler et rapatrier les comptes des bonzes du régime à l’étranger pour permettre aux Congolais de s’en servir dans le financement des élections.

HALTE A LA DESTABILISATION DE LA CENI

Joseph Olenghankoy voit aussi de mauvais œil la déstabilisation du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), avec la démission en cascade de ses dirigeants. Il estime que l’abbé Apollinaire Malumalu et son adjoint ont été contraints de démissionner pour créer un vide à la Centrale électorale et retarder les élections.

"J’avais prédit aux médias que le président de la Ceni allait démissionner et, après lui, les membres du bureau, à tour de rôle, sur injonction du régime ! Et voilà qu’aujourd’hui, les événements commencent à me donner raison", tempête Olenghankoy. "La Ceni n’est donc pas indépendante. Elle est contrôlée par le Pouvoir", clame-t-il.

DIALOGUE ? OLENGHANKOY DIT NON

Que dire alors du Dialogue que prône le chef de l’Etat ? Le porte-étendard des Fonus dit niet. Il est d’avis qu’il s’agit bien d’une tentative pour légitimer, voire ’’sauver un régime qui se noie’’. "Le Dialogue en soi n’est pas mauvais. Mais c’est un monstre sans tête. Etienne Tshisekedi tient à ce dialogue pour faire le bilan sur les élections de 2011. Pourquoi voulez-vous donc nous embarquer dans cette histoire qui concerne les deux présidents qui ont prêté serment, chacun de son côté ?", lâche ce politique, qui se dit fier d’avoir pris activement part aux Concertations pour consolider la cohésion nationale et sauver la patrie en proie à l’agression étrangère. 

"Je soutiens toutefois qu’il y ait dialogue entre Kabila et Tshisekedi pour leur permettre de régler leurs contentieux électoraux. Parce que chacun devrait interpeler l’autre pour le serment qu’il avait fait. Je ne vois donc pas pourquoi je dois entrer dans ce type de dialogue", lâche avec un brin d’ironie l’ancien collaborateur du Sphinx de Limete.

TRIPLER LE SALAIRE DES AGENTS DE L’ETAT

Joseph Olenghankoy se félicite à ce propos de la position des dissidents de la Majorité qui se sont rétractés au sein du G7. Il appuie leurs revendications, mais demande toutefois à l’opinion de ne pas se précipiter à leur faire confiance. Car, selon le leader des Fonus, dissident n’est pas opposant. "Il y a, dit-il, du chemin pour un dissident sincère qui veut devenir opposant. La prudence s’impose d’autant que les politiciens ont à faire face à trois types d’amis qui les fréquentent au quotidien : les idéalistes, les opportunistes et les traitres".

Tout en soutenant les dissidents de la Majorité, Olenghankoy décrie la nomination, par le chef de l’Etat, des Commissaires spéciaux, désignés à titre transitoire à la tête des 21 provinces issues du démembrement. "Ces gens sont illégitimes. Leur nomination n’est sous-tendue par aucun texte de notre pays", proteste l’opposant de l’avenue de l’Enseignement.

Saisissant la balle au bond, Joseph Olenghankoy annonce qu’il reprend avec ses manifestations de rue, comme au vieux temps de Mobutu.

[Yves KALIKAT]

10/11/2015

RDC: l’UDPS décline tout dialogue convoqué par Joseph Kabila Publié le ven, 06/11/2015 - 14:20 | Modifié le ven, 06/11/2015 - 15:58

RDC: l’UDPS décline tout dialogue convoqué par Joseph Kabila

Etienne Tshisekedi, président de l’UDPS le 30/08/2011 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

« Nous n’irons pas au dialogue convoqué par Mr Kabila pour lui permettre un glissement quelconque qu’on ne veut d’ailleurs pas entendre à l’UDPS», a déclaré vendredi 6 novembre Bruno Tshibala, porte-parole de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).  Selon lui, le parti d’Etienne Tshisekedi attend le dialogue politique qui sera convoqué par un médiateur international neutre, à designer par le Secrétaire général de l’Onu. Bruno Tshibala a réagi ainsi  aux affirmations faites par le Secrétaire général adjoint du PPRD, parti présidentiel, selon lesquelles «toute l’opposition sera (à ce forum), avec Tshisekedi en tête»

Joint depuis Bruxelles par Radio Okapi, Bruno Tshibala a affirmé que la position de son parti n’avait pas changé sur le dialogue:

«Nous insistons sur le fait que le dialogue qui doit se tenir,  c’est ce dialogue qui se conforme à l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et aux trois résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Donc c’est un dialogue qui sera modéré par la communauté internationale. Il ne sera jamais question, pour l’UDPS et son président, d’aller à un dialogue qui n’est pas modéré par la communauté internationale.»

Ce parti, selon lui, s’appose à toute démarche de nature à permettre au président actuel, dont le dernier mandat doit s’achever en décembre 2016, de rester au pouvoir au-delà du délai constitutionnel. « Ceux qui accusent l’UDPS de vouloir ce dialogue pour permettre à Monsieur Kabila de pouvoir glisser, ils racontent des contre-vérités. Ils racontent des inepties», a-t-il affirmé.

Selon la même source, l’UDPS en tant que parti politique, parti de gauche, pense que le dialogue est la voie royale pour régler les problèmes politiques, les crises politiques.

«C’est pour cette raison que nous restons dans cette posture de rechercher la solution à la crise qui sévit dans notre pays par le dialogue», a poursuivi le porte-parole de l’UDPS, précisant que c’est le médiateur international neutre qui est habilité à convoquer le dialogue politique en lançant des invitations à toutes les parties prenantes. Et ce dialogue, selon lui, devra se dérouler à Kinshasa «au vu et su de tous les Congolais. Pas ailleurs!»

«Toute l’opposition, avec Tshisekedi en tête»

Bruno Tshibala réagissait aux propos du secrétaire général adjoint du PPRD, Emmanuel Ramazani Shadary, qui annonçait sur Radio Okapi jeudi la tenue «bientôt» d’un dialogue  avec des déléguées de l’opposition, dont l’UDPS d’Etienne Tshisekedi. Selon lui, les participants à ce forum politique  vont mettre à profit cette occasion pour  s’entendre sur les modalités de l’organisation des élections apaisées en RDC.

Le député Ramazani Shadary a même fait état d’une augmentation du nombre de personnes favorables à ce dialogue:

«Il y aura dialogue bientôt. Le chef (de l’Etat Joseph Kabila) l’a déjà annoncé, depuis le mois passé. Il a fait des consultations. Nous du PPRD, nous de la majorité, nous allons dialoguer avec nos compatriotes congolais. Ils sont déjà nombreux qui ont commencé à s’inscrire. Même ceux qui vous dit qu’ils ne viendraient pas là. Ils sont là. Ils viendront.»

Shadary Ramazani annonce que  toute l’opposition sera à ce dialogue, avec Etienne Tshisekedi en tête. «Nous, nous voulons allers au dailogue, pour que nous puissions nous mettre d’accord sur les règles de jeu devant nous amener aux  élections libres, démocratiques, transparentes et apaisées. Des élections sécurisées », a-t-il spécifié.

Les émissaires de l’UDPS avaient rompu en septembre dernier les négociations, entamées depuis mi-juillet en Belgique et en Italie, avec le PPRD en vue de la tenue d’un dialogue national. L’annonce avait été faite à travers un communiqué signé par Etienne Tshisekedi depuis Bruxelles où il se trouve en convalescence, sans préciser les raisons de la rupture des négociations.

Il recommandait tout de même aux «forces politiques et sociales acquises au changement» de poursuivre les objectifs recherchés au travers du dialogue:

  • L’organisation d’un processus électoral dans un climat apaisé
  • L’élaboration d’un calendrier consensuel qui tienne compte des délais constitutionnels
  • Le transfert pacifique du pouvoir en RDC.