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11/11/2015

RDC : « KABILA » n’a pas la volonté de quitter le pouvoir

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Un leader de l'opposition congolaise s’insurge contre le Dialogue, la déstabilisation de la Ceni, la nomination des commissaires spéciaux et d’autres tentatives destinées à retarder la présidentielle en RDC. Il appelle la population aux manifestations des rues pour barrer la route à toute dérive. Pour cet opposant, "Joseph Kabila n’a pas la volonté de quitter le pouvoir". Il soutient que les partisans du Régime déploient un tas de stratégies pour freiner l’élan au processus électoral et prolonger le mandat du chef de l’Etat, contrairement à l’esprit de la Constitution du 18 février 2006 et à l’Accord global et inclusif, signé lors du Dialogue inter congolais, en Afrique du Sud. Selon cet accord, toutes les forces politiques en présence s’étaient convenues d’accorder à Joseph Kabila le mandat de cinq ans, une seule fois renouvelable. Ces acteurs, souligne-t-il, n’accepteraient pas que ce mandat soit prolongé au-delà de ce délai, d’autant plus qu’il faudrait respecter l’esprit des textes et l’alternance au pouvoir.

Le président des Forces Novatrices pour l’Union et la Solidarité (Fonus) sort de sa réserve. Juché sur son fauteuil en peau de léopard, Joseph Olenghankoy est monté sur ses grands chevaux hier mardi 3 novembre pour fustiger ce qu’il estime être des tentatives de ’’glissement’’, orchestrées par le pouvoir en République démocratique du Congo. Dès lors, il appelle la population aux manifestations des rues pour barrer la route à toute dérive.

Moulé dans son safari beige, Joseph Olenghankoy a renoué avec son discours de « révolutionnaire ». Mieux, d’opposant qui a fait sa renommée lors de la deuxième République. Face à un parterre des journalistes, mobilisés pour sa conférence de presse au siège du parti, sur l’avenue de l’Enseignement, le président des Fonus a tenu à crier son ras-le-bol face à toutes ces manœuvres qui, selon lui, sont diligentées pour éloigner le plus possible la tenue de l’élection présidentielle.

"Joseph Kabila n’a pas la volonté de quitter le pouvoir", a clamé tout haut Joseph Olenghankoy, Le leader des Fonus soutient à ce propos que les partisans du Régime déploient un tas de stratégies pour freiner l’élan au processus électoral et prolonger le mandat du chef de l’Etat, contrairement à l’esprit de la Constitution du 18 février 2006 et à l’Accord global et inclusif, signé lors du Dialogue inter congolais, en Afrique du Sud.

Selon cet accord, affirme Joseph Olenghankoy, toutes les forces politiques en présence s’étaient convenues d’accorder à Joseph Kabila le mandat de cinq ans, une seule fois renouvelable. Ces acteurs, souligne-t-il, n’accepteraient pas que ce mandat soit prolongé au-delà de ce délai, d’autant plus qu’il faudrait respecter l’esprit des textes et l’alternance au pouvoir.

QUID DU FINANCEMENT DES ELECTIONS ?

Le président des Fonus ne comprend alors pas pourquoi aujourd’hui les ténors du Régime multiplient des stratagèmes pour retarder le processus électoral, arguant notamment qu’il n’y a pas suffisamment d’argent pour financer les élections. Pour Joseph Olenghankoy, le Trésor public dispose bel et bien des ressources pour organiser le scrutin, d’autant plus que le Gouvernement se targue d’avoir érigé le bâtiment intelligent et acheté deux aéronefs modernes en se servant des fonds extrabudgétaires, qui vont au delà de 100 millions de dollars.

"Si donc pour de telles dépenses non budgétisées, on sait trouver des fonds, pourquoi le Trésor public serait-il subitement vide quand il faut organiser des élections, prévues pourtant dans le budget national ?", s’interroge Olenghankoy. Ne cachant pas sa langue dans la poche, le président des Fonus demande à la Communauté internationale de geler et rapatrier les comptes des bonzes du régime à l’étranger pour permettre aux Congolais de s’en servir dans le financement des élections.

HALTE A LA DESTABILISATION DE LA CENI

Joseph Olenghankoy voit aussi de mauvais œil la déstabilisation du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), avec la démission en cascade de ses dirigeants. Il estime que l’abbé Apollinaire Malumalu et son adjoint ont été contraints de démissionner pour créer un vide à la Centrale électorale et retarder les élections.

"J’avais prédit aux médias que le président de la Ceni allait démissionner et, après lui, les membres du bureau, à tour de rôle, sur injonction du régime ! Et voilà qu’aujourd’hui, les événements commencent à me donner raison", tempête Olenghankoy. "La Ceni n’est donc pas indépendante. Elle est contrôlée par le Pouvoir", clame-t-il.

DIALOGUE ? OLENGHANKOY DIT NON

Que dire alors du Dialogue que prône le chef de l’Etat ? Le porte-étendard des Fonus dit niet. Il est d’avis qu’il s’agit bien d’une tentative pour légitimer, voire ’’sauver un régime qui se noie’’. "Le Dialogue en soi n’est pas mauvais. Mais c’est un monstre sans tête. Etienne Tshisekedi tient à ce dialogue pour faire le bilan sur les élections de 2011. Pourquoi voulez-vous donc nous embarquer dans cette histoire qui concerne les deux présidents qui ont prêté serment, chacun de son côté ?", lâche ce politique, qui se dit fier d’avoir pris activement part aux Concertations pour consolider la cohésion nationale et sauver la patrie en proie à l’agression étrangère. 

"Je soutiens toutefois qu’il y ait dialogue entre Kabila et Tshisekedi pour leur permettre de régler leurs contentieux électoraux. Parce que chacun devrait interpeler l’autre pour le serment qu’il avait fait. Je ne vois donc pas pourquoi je dois entrer dans ce type de dialogue", lâche avec un brin d’ironie l’ancien collaborateur du Sphinx de Limete.

TRIPLER LE SALAIRE DES AGENTS DE L’ETAT

Joseph Olenghankoy se félicite à ce propos de la position des dissidents de la Majorité qui se sont rétractés au sein du G7. Il appuie leurs revendications, mais demande toutefois à l’opinion de ne pas se précipiter à leur faire confiance. Car, selon le leader des Fonus, dissident n’est pas opposant. "Il y a, dit-il, du chemin pour un dissident sincère qui veut devenir opposant. La prudence s’impose d’autant que les politiciens ont à faire face à trois types d’amis qui les fréquentent au quotidien : les idéalistes, les opportunistes et les traitres".

Tout en soutenant les dissidents de la Majorité, Olenghankoy décrie la nomination, par le chef de l’Etat, des Commissaires spéciaux, désignés à titre transitoire à la tête des 21 provinces issues du démembrement. "Ces gens sont illégitimes. Leur nomination n’est sous-tendue par aucun texte de notre pays", proteste l’opposant de l’avenue de l’Enseignement.

Saisissant la balle au bond, Joseph Olenghankoy annonce qu’il reprend avec ses manifestations de rue, comme au vieux temps de Mobutu.

[Yves KALIKAT]