Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

11/03/2018

Vos batteries ne sont pas chères: dites merci à ces enfants de République Démocratique du Congo (vidéo)

Vos batteries ne sont pas chères: dites merci à ces enfants de République Démocratique du Congo

En République Démocratique du Congo, des enfants travaillent à main nue dans des mines de cobalt. Cet élément est essentiel à la fabrication des batteries de smartphones ou de voitures électriques. Les multinationales et leur fournisseur chinois, en quête de la meilleure rentabilité, semble peu s'intéresser aux conditions de travail de ces enfants.

Des milliers de mines sauvages de cobalt grouillent d'enfants en République démocratique du Congo (RDC). Ils travaillent comme des esclaves modernes pendant 12 heures, ramassant à main nue le cobalt au milieu d'une terre blanchâtre et argentée. Leur rémunération: quelques centimes d'euros à peine. Sans doute un "juste" prix pour des multinationales richissimes qui souhaitent vendre leurs smartphones avec un maximum de rentabilité?

L'ère actuelle du mobile et celle à venir de la voiture électrique réclament des batteries en masse. Et ces batteries exigent le cobalt. C'est en République démocratique du Congo qu'est extraite plus de la moitié de la quantité totale de cobalt à l'échelle mondiale. Les intermédiaires entre les mines artisanales et les géants de l'électronique sont essentiellement chinois. Ces commerçants ne se soucient guère des conditions dans lesquelles est obtenu le cobalt. Mais les multinationales américaines, européennes ou asiatiques qui leur rachètent le cobalt ne le sont pas plus.

"Nous avons suivi les cargaisons de cobalt au départ des mines artisanales en RDC", explique Mark Dummet, chercheur chez Amnesty International. "Et nous nous sommes rendus compte que toutes les ressources arrivaient chez Huayou Cobalt, une entreprise chinoise, qui revend du cobalt à des fabricants de batteries comme LG et Samsung. Ces entreprises créent ensuite des batteries aux lithiums" pour les fabricants de smartphones ou les constructeurs automobiles.

"Aucun constructeur ne communique sur la provenance du cobalt présent dans les voitures, soit parce qu'ils n'ont pas mis en place un système de traçage, soit parce qu'ils ne se posent pas la question de la provenance des ressources", ajoute Amnesty International.

Le coût humain du cobalt d'une batterie est donc quasi inexistant pour les multinationales. Il est supporté par les seuls travailleurs misérables qui paient souvent de leur santé.

"Tous les matins, je me réveille et j'ai vraiment peur d'aller travailler, tout me fait mal", raconte un gamin accroupi dans la boue.

Les travailleurs descendent, sans échelle, en se tenant par les mains posées aux bords, dans une cheminée qui mène à des galeries.

La plupart oeuvrent sans masque alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) met en garde contre l'exposition au cobalt qui provoque à long terme de graves problèmes respiratoires. "On a juste bu de l'eau qui sortait naturellement de la roche", explique un homme dont le cou est déformé par une énorme tumeur.

La RDC est l'un des pays les moins développés de la planète. Près de 90% de ses 71 millions d'habitants vivent dans l'extrême pauvreté.

Vos batteries ne sont pas chères: dites merci à ces enfants de République Démocratique du Congo (vidéo)

Vos batteries ne sont pas chères: dites merci à ces enfants de République Démocratique du Congo

En République Démocratique du Congo, des enfants travaillent à main nue dans des mines de cobalt. Cet élément est essentiel à la fabrication des batteries de smartphones ou de voitures électriques. Les multinationales et leur fournisseur chinois, en quête de la meilleure rentabilité, semble peu s'intéresser aux conditions de travail de ces enfants.

Des milliers de mines sauvages de cobalt grouillent d'enfants en République démocratique du Congo (RDC). Ils travaillent comme des esclaves modernes pendant 12 heures, ramassant à main nue le cobalt au milieu d'une terre blanchâtre et argentée. Leur rémunération: quelques centimes d'euros à peine. Sans doute un "juste" prix pour des multinationales richissimes qui souhaitent vendre leurs smartphones avec un maximum de rentabilité?

L'ère actuelle du mobile et celle à venir de la voiture électrique réclament des batteries en masse. Et ces batteries exigent le cobalt. C'est en République démocratique du Congo qu'est extraite plus de la moitié de la quantité totale de cobalt à l'échelle mondiale. Les intermédiaires entre les mines artisanales et les géants de l'électronique sont essentiellement chinois. Ces commerçants ne se soucient guère des conditions dans lesquelles est obtenu le cobalt. Mais les multinationales américaines, européennes ou asiatiques qui leur rachètent le cobalt ne le sont pas plus.

"Nous avons suivi les cargaisons de cobalt au départ des mines artisanales en RDC", explique Mark Dummet, chercheur chez Amnesty International. "Et nous nous sommes rendus compte que toutes les ressources arrivaient chez Huayou Cobalt, une entreprise chinoise, qui revend du cobalt à des fabricants de batteries comme LG et Samsung. Ces entreprises créent ensuite des batteries aux lithiums" pour les fabricants de smartphones ou les constructeurs automobiles.

"Aucun constructeur ne communique sur la provenance du cobalt présent dans les voitures, soit parce qu'ils n'ont pas mis en place un système de traçage, soit parce qu'ils ne se posent pas la question de la provenance des ressources", ajoute Amnesty International.

Le coût humain du cobalt d'une batterie est donc quasi inexistant pour les multinationales. Il est supporté par les seuls travailleurs misérables qui paient souvent de leur santé.

"Tous les matins, je me réveille et j'ai vraiment peur d'aller travailler, tout me fait mal", raconte un gamin accroupi dans la boue.

Les travailleurs descendent, sans échelle, en se tenant par les mains posées aux bords, dans une cheminée qui mène à des galeries.

La plupart oeuvrent sans masque alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) met en garde contre l'exposition au cobalt qui provoque à long terme de graves problèmes respiratoires. "On a juste bu de l'eau qui sortait naturellement de la roche", explique un homme dont le cou est déformé par une énorme tumeur.

La RDC est l'un des pays les moins développés de la planète. Près de 90% de ses 71 millions d'habitants vivent dans l'extrême pauvreté.

25/02/2018

Les raisons du bras-de-fer diplomatique entre la Belgique et la RDC

 

Les raisons du bras-de-fer diplomatique entre la Belgique et la RDC

mediaScène de rue à Kinshasa (photo d'illustration).Michael Gottschalk/Getty Images

La tension diplomatique entre la RDC et Bruxelles est à son comble. Elle couvait depuis des mois, Kinshasa dénonçant régulièrement l’ « ingérence » de Bruxelles, et appréciant de moins en moins les critiques formulées par la Belgique sur la situation politique du pays. Mais la crise a pris une autre tournure depuis que Kinshasa a demandé la fermeture de la maison Schengen et de l’agence de coopération belge Enabel, pour protester après que Bruxelles ait annoncé le 10 janvier la réaffectation d'une partie de son aide bilatérale à des projets humanitaires, au vu de la crise politique actuelle. Et en particulier de la répression des marches des laïcs. Le décryptage de RFI.

Peut-on vraiment parler de sanctions belges ?

Côté belge, il n'est pas tout à fait correct de parler de sanctions. La Belgique n’a pas annoncé une rupture de ses relations. Elle a décidé de réaffecter 25 millions d’euros qui devaient servir à des projets de coopération vers des organismes humanitaires ou de la société civile. Ces 25 millions ne représentaient qu’un quart de l’aide gouvernementale qui devait aller à des projets qui n’avaient pas débuté. Mais une fois réaffecté, cet argent devait bénéficier aux populations congolaises. Bien sûr, il y a tout de même un message politique fort derrière cette décision qui est de dire que les conditions pour engager de l’aide bilatérale n’étaient pas bonnes, vu la crise politique actuelle et vu aussi la crise humanitaire en RDC. Plutôt que de financer des projets aux côtés des autorités dont la Belgique ne veut pas cautionner l’action, les Belges préfèrent soutenir la population, notamment à travers la société civile.

Quelles peuvent être les conséquences socioéconomiques de ce coup de froid entre Bruxelles et Kinshasa ?

Ce que disent les Belges, c’est que les premiers concernés sont la population congolaise qui se retrouve en quelque sorte « punie ». Pour ce qui concerne la fermeture de Enabel, l’agence de coopération, 300 emplois sont en jeu dont une quarantaine d’expatriés selon l’ambassade. Les autres employés sont Congolais. Le budget des projets en cours qui sont suspendus s'élève à 70 millions d’euros.

Pour la Belgique, la RDC représente historiquement un pays prioritaire d’intervention. Pour la RDC, il faut voir les choses à l’échelle du budget congolais, à hauteur de 5 milliards d'euros en 2018. La Belgique est un partenaire intermédiaire du pays, dans le peloton de tête, mais derrière la Banque mondiale par exemple ou d’autres pays comme la Grande-Bretagne. Des effets sociaux pourront se faire sentir, principalement dans le secteur de l’agriculture et celui de la santé publique, un secteur très fragile.

Quelles sont les conséquences de la fermeture de la Maison Schengen ?

La fermeture de la Maison Schengen a eu un effet immédiat sur le nombre de voyageurs vers l’Europe. On ne dispose pas encore de chiffres précis, mais Air France a constaté une baisse de fréquentation. La maison Schengen, c’est 25 000 visas par an dont plus des deux tiers vers la France et la Belgique. C’est aussi un frein aux relations économiques et culturelles. On pense à tous ces artistes congolais qui ne peuvent plus se rendre en France ou en Belgique. Il y a aussi un volet humanitaire, pour des gens qui ont besoin de soins. Aux premiers jours de la fermeture, on a pu voir des familles désemparées qui cherchaient une solution pour aller faire soigner leurs proches dans un environnement francophone.

Cela menace-t-il les intérêts de la Belgique, sachant que par exemple la fréquence des vols de Bruxelles Airlines a aussi été réduite ?

Bruxelles Airlines est désormais une filiale de la Lufthansa, donc la baisse des recettes touche des capitaux allemands. Il y a des Belges détenteurs de sociétés privées en RDC mais qui n’ont pas de lien économique direct avec le gouvernement belge. Il n'y a pas d'importance stratégique pour aucun secteur de l’économie belge.

Quelles sont les conditions posées par la Belgique pour la levée des sanctions et la fin des tensions ?

Ce n’est pas exactement comme cela que se pose le débat, car encore une fois la Belgique refuse le terme de « sanctions ». On voit aussi que la Belgique est plutôt dans l’optique de vouloir éviter l’escalade vers un conflit bilatéral, ce qui peut aussi être perçu comme une stratégie de Kinshasa pour faire oublier que la vraie crise est interne au pays. Ensuite, peu de monde à Bruxelles et dans l’UE ne s’attendait à ce que Kinshasa annonce en retour des mesures aussi radicales. Sur le fond, la Belgique dit à la RDC que la répression des manifestations n’est pas une solution, qu'il faut appliquer l’accord de la Saint-Sylvestre, que les besoins et les droits fondamentaux de la population doivent être pris en compte, et que « l'on aille vers des élections crédibles ». La Belgique rappelle aussi que c’est un accord signé entre Congolais et non pas un accord imposé de l’extérieur.

La RDC pose ses conditions, est-ce la fin de la brouille ?

Pour Kinshasa, les racines de la colère remontent loin. Cela fait un moment que Bruxelles est accusée pêle-mêle de « sponsoriser » l’opposition congolaise en lui offrant des visas pour se réunir, de faire des déclarations intempestives et de le faire non pas par voie diplomatique, mais par voie de presse. « On ne fait pas la diplomatie par tweet ou par mégaphone » disent les Congolais qui accusent aussi les Belges de faire preuve d'« activisme » dans le processus de sanctions au niveau européen. Seize personnalités congolaises sont sous sanctions dont de nombreux officiels. C'est tout cela que Kinshasa aimerait voir cesser et met dans la balance. Il y a aussi une discussion qui avait été entamée sur l’utilisation de l’aide belge. Il était question de tout remettre à plat. Et cette annonce des Belges a précipité les choses. Mais ce n’est pas le fond du problème.

Techniquement, où en sont les discussions ?

Difficile à dire, car côté Belge en tout cas c’est la plus grande discrétion. Il a fallu que Charles Michel, le Premier ministre, appelle le président Kabila en personne pour un début de décrispation. Les deux hommes s’entendent bien. Cela a permis qu’une délégation de représentants belges se rendent à Kinshasa il y a une dizaine de jours. Il y a aussi eu des échanges téléphoniques au niveau ministériel. Des propositions ont été faites, mais d’après le peu qui a filtré, les choses sont loin d’être réglées à ce stade.

Côté congolais, on estime que les Belges n’ont pas encore pris la mesure de la crise. Pour la maison Schengen, par exemple, parmi les pistes qui seraient envisagées, il serait question de confier la maison à un autre pays. Au sein de l’UE, certains semblent l’envisager, mais d’autres disent que c’est exclu, en vertu d’un principe de solidarité. Et puis ce n’est pas à l’Union européenne de proposer aux Congolais une solution. La sortie de la crise n'est pas pour maintenant.

CHRONOLOGIE ET CHIFFRES CLÉS
  • République Démocratique du Congo
  •  
  • Belgique